Repères hérméneutiques


L'argumentation


L'argumentation

Les arguments quasi logiques

ls sont comparables à des raisonnements formels. Ils n’en ont point la rigueur démonstrative, mais l’apparence. Celle-ci est donnée par une précision de nature non formelle.

La définition

Toute définition est argument, dans la mesure où elle impose un sens au détriment des autres. Elle devient sophistique et dangereuse quand n’étant que conventionnelle, elle se prétend réelle, quand n’étant que rhétorique, elle se prétend absolue.

Formes logiques :

La définition en compréhension consiste à donner les propriétés caractéristiques d’une chose de façon à permettre sa représentation intellectuelle et abstraite. Exemple : Les Pyramides sont de grands monuments à base quadrangulaire et quatre faces triangulaires, qui servent de tombeaux aux pharaons d’Egypte.

La définition en extension consiste à énumérer les éléments constitutifs d’une chose. Exemple : L’œuvre de Platon peut se définir en énumérant les titres de ses livres et en ajoutant une synopsis.

La définition réelle est descriptive. Elle laisse de côté les propriétés essentielles de la chose pour s’attacher à la décrire. Exemple : L’ensemble mégalithique de Stonehenge est formé de plusieurs rangs concentriques de menhirs d’une hauteur comprise entre trois et six mètres.

La définition déduite consiste à substituer à la chose le résultat d’une déduction ou d’une vérification. Exemple : Cette femme est une fondamentaliste parce qu’elle est couverte du tchador.

La définition explicative cherche à accéder à l’essence de la chose en utilisant les concepts outils qui sont supposés être déjà clairement définis pour chacun. Exemple : Le cercle est une surface plane limitée par une courbe dont tous les points sont à égale distance du centre.

La définition normative est conventionnelle. Elle consiste en un accord avec l’auditoire sur l’adaptation d’un mot ou la création d’un nouveau concept.

Formes rhétoriques :

La définition orientée utilise le manque de rigueur intellectuelle qui caractérise le public en général pour opérer un glissement de sens dans un contexte dialectique particulier ou une polémique. Exemple : Les mots « nazi » ou « raciste » galvaudés dans la phraséologie contemporaine.

La définition condensée procède tout autant de l’art de la manipulation. Sa force argumentative est puissante, portée par la mémoire des mots, elle frappe l’imagination et satisfait les préjugés. Exemple : En politique, c’est la petite phrase ; en publicité, le slogan.

Comparaison et distinguo :

La comparaison ignore les différences de contexte, dans la plupart des cas. Elle est simplificatrice et devient trompeuse. L’argument comparatif est d’autant plus manipulateur qu’il a toute l’apparence d’une évidence et la simplicité du bon sens. La réfutation passe par le pourquoi de la comparaison.

Le distinguo est l’argument qui refuse les amalgames. C’est une séparation. Les raisons vraies du distinguo sont parfois la recherche d’une justification rapide. La publicité comparative fonde son argumentation sur le distinguo.

Incompatibilités :

Il faut distinguer l’incompatibilité de la contradiction.

L’incompatibilité (contrariété) désigne l’impossibilité pour deux propositions d’exister ensemble dans un même système sans pour autant se nier logiquement.

La contradiction se présente comme une relation d’opposition entre deux propositions qui affirment et nient la même idée ou le même élément de connaissance.

L’autophagie est l’incompatibilité d’un principe avec ses conditions d’énonciation. Exemple : Les Crétois sont menteurs ; or je suis crétois ; donc je suis menteur.

La rétorsion consiste à retourner contre l’adversaire les arguments et les raisons qu’il a lui-même donnés.

L’argument du tiers exclu consiste à affirmer qu’il n’y a place pour aucun choix possible entre deux positions opposées. Exemple : Le clivage gauche, droite.

Le dilemme peut être un argument de bonne foi lorsqu’il se présente en tant qu’alternative. Il devient parfois manipulateur lorsqu’il prétend justifier une décision prise. Plus encore, lorsqu’il est le moyen de placer l’adversaire dans une situation difficile à résoudre positivement ou de l’enfermer dans un cercle vicieux.

Les arguments fondés sur la logique formelle

De même que la logique, ils s’appuient sur des formules mathématiques.

Identité et tautologie :

A = A. Le principe d’identité prend un sens argumentatif lorsque l’identité n’est qu’apparente. Exemple : Les affaires sont les affaires. Paris sera toujours Paris.

La tautologie est un vice logique qui consiste à présenter comme ayant un sens, une proposition dont le prédicat ne dit rien de plus que le sujet. La tautologie est un truisme (vérité d’évidence). Le langage publicitaire est souvent tautologique. Exemple : Cent pour cent des gagnants ont tenté leur chance. Le sophisme consiste ici à faire de la condition nécessaire de la réussite, la condition suffisante.

Réciprocité :

A est à B ce que B est à A. Exemple : Mets-toi à ma place ! Cette argumentation par la réciprocité ne peut tenir que devant une équivalence parfaite et rare. Cette argumentation peut être judicieusement utilisée pour dénoncer certaines hypocrisies. Exemple : Faits ce que je dis, ne fait pas ce que je fais.

Transitivité :

+ x + = +. Exemple : Les amis de mes amis sont mes amis.

+ x - = -. Exemple : Les amis de mes ennemis sont mes ennemis.

- x - = +. Exemple : Les ennemis de mes ennemis sont mes amis.

On voit bien les limites de cette pseudo-logique.

Per absurdum :

L’argumentation par l’absurde consiste à envisager des conclusions différentes que celles auxquelles on veut aboutir et toutes les conséquences absurdes qu’elles entraînent.

Cet argument part de l’idée que le tout est la somme des parties et, par-là, que l’ensemble des conclusions portant sur chacun des éléments conduit indubitablement à une conclusion générale identique. La réfutation consiste alors à ne contredire qu’une seule des conclusions partielles.

Inclusion :

Cet argument part de l’idée que ce qui vaut pour le tout vaut pour la partie. C’est un argument du domaine du droit. Il convient cependant de remarquer que c’est l’hétérogénéité et non l’uniformité des individus qui constituent le tout, qui est la règle.

Egalité du précédent :

Le droit présuppose que les cas dont il traite sont équivalents. La jurisprudence institue la règle du précédent. Il faut bien comprendre que le droit ne prétend ni à l’équité, ni à la bonté, mais à la justice qui est de l’ordre du châtiment et de la vengeance.

Argument a contrario :

Cet argument porte l’affirmation que si tel acte ou tel phénomène appelle tel jugement, l’acte ou le phénomène inverse devra normalement amener le jugement inverse.

Tout ou rien :

Cet argument est souvent utilisé abusivement en des associations forcées pour emporter une décision. Il se trouve fréquemment en matière de vente, dans le but de rompre ou de ne pas ouvrir la négociation. Exemple : C’est tout ou rien !

Probabilité :

Cet argument se fonde autant sur la logique quantitative des statistiques que sur des principes empiriques de bon sens.

Les arguments empiriques

Les arguments empiriques s’appuient sur des faits, sur l’expérience, sur les liaisons reconnues entre les choses. Il s’agit d’expliquer au moyen de l’exemple, de l’illustration, du modèle, de l’analogie.

La causalité

La cause immédiate opère sans intermédiaire. Elle est la cause à laquelle l’on pense naturellement pour expliquer un phénomène simple.

La cause médiate ou cause profonde agit directement. Elle relève d’une analyse plus difficile. La manipulation consistera à donner la préférence à l’une ou l’autre cause selon l’intérêt de la chose à démontrer.

Les causes médiates et immédiates sont des causes efficientes. Elles diffèrent des causes finales qui sont, au contraire, le but en vue duquel chaque chose aura été faite.

La cause première est celle au-delà de laquelle on ne peut en concevoir une autre.

Post hoc, ergo propter :

Le paralogisme post hoc, ergo propter (après cela, donc à cause de cela), consiste à confondre succession et causalité ou, encore, condition nécessaire et condition suffisante.

Ad consequentiam : L’utilité constitue le principe de cette argumentation. Exemple : Une campagne publicitaire est d’autant plus jugée positive qu’elle a bien fait vendre le produit en question. Les considérations éthiques ou esthétiques sont occultées. C’est l’argument pragmatique : la fin justifie les moyens.

Déviation de l’argumentation causale : La tentative de rationaliser a posteriori est une façon de reconstruire ou d’arranger le réel dans le sens souhaité par l’argumentation. On se protège (plus ou moins consciemment) d’un échec en lui attribuant des causes erronées. Exemple : Le bouc émissaire.

Le prétexte est une déviation de l’argumentation causale.

L’inversion entre la cause efficiente et la cause finale (la cause et la conséquence) est encore plus spécieuse. Exemple : C’est toi qui as commencé. On trouvera ici l’exemple de l’inversion du sens des mots et d’une véritable perversion du langage. Exemple : L’agresseur se nomme pacificateur. La guerre est appelée paix ou mission de paix.

La confusion entre la fin et les moyens est tout aussi spécieuse. Exemple : Une manifestation a but revendicatif présentée comme subversive. Une prise de pouvoir qui constitue un moyen se trouve présentée comme une fin.

Les fausses corrélations sont des paralogismes qui consistent à confondre la causalité avec le hasard.

Le corax :

Cet argument consiste à dire qu’une chose est invraisemblable parce qu’elle est trop vraisemblable. Exemple : « Si la haine que je portais à la victime rend vraisemblable les soupçons actuels, n’est-il pas plus vraisemblable encore que, prévoyant ces soupçons avant le crime, je me sois bien gardé de le commettre ? » (Antiphon). La réfutation consistera à retourner l’argument contre son auteur.

Les faits

Les faits rapportés perdent leur objectivité ; la pensée du sujet est empreinte dans les faits. Exemple : Les media rapportent des faits en choisissant les phrases dites et les images vues. La technique du montage n’est pas innocente. Les batailles de chiffres montrent que l’arithmétique elle-même peut être accommodée aux besoins d’une argumentation. Exemple : Au soir d’une élection, tout le monde a gagné.

Description et narration : L’argumentation par les faits est très efficace, surtout lorsqu’elle fait judicieusement appel à l’émotion. On laisse accroire que les faits parlent d’eux-mêmes en faisant oublier celui qui les présente. Exemple : Les reportages de télévision. La description s’articule dans l’espace, tandis que la narration s’articule dans le temps.

L’enchaînement

L’argument de l’économie relative consiste à dire que le point de non-retour est atteint et qu’il convient de poursuivre, sous peine de tout perdre ou de laisser voir une incohérence dans le choix initial.

L’argument de l’avenir consiste à refuser l’immobilisme ou le conservatisme et à glorifier le progrès.

L’argument du doigt dans l’engrenage consiste à dire, au contraire, que ce que l’on a déjà concédé ou fait est suffisant en regard du danger qu’il y aurait à continuer en ce sens.

L’acte et la personne

Argument ad personam : Cet argument consiste à qualifier l’adversaire. Il met en évidence l’opposition entre ce que l’on sait d’une personne et ce qu’elle dit. La thèse est disqualifiée si celui qui la soutient est mal placé pour le faire. Cet argument devient abusif lorsque les deux éléments opposés ne participent pas au même domaine.

Argument d’autorité : A l’inverse de l’argument ad personam, l’argument d’autorité résulte de l’adéquation entre la personne et ce qu’elle dit. La thèse est admise parce que celui qui la soutient est digne de foi. Cet argument devient également abusif lorsque l’autorité reconnue n’est pas en rapport avec la thèse défendue.

L’argument d’autorité peut aussi faire appel à un groupe ou à une époque qu’à un personnage. Cet argument s’appuie sur l’intimidation que suscite l’autorité. Lorsque l’orateur cherche à écraser l’auditeur de sa science, l’argument prend la forme ad verecundia ; lorsqu’il contraint l’auditeur à accepter ses solutions parce qu’il ne saurait en trouver de meilleures, l’argument prend la forme ad ignorantiam.

A fortiori

C’est l’argument de double hiérarchie :

A minori ad majus, argument a fortiori par le plus fort. Si l’on admet le plus petit, à plus forte raison, on admettra le plus grand.

A majori ad minus, argument a fortiori par le plus faible. Qui peut le plus, peut le moins.

Induction

L’induction se définit comme mode de raisonnement tendant à la généralisation à partir de cas particuliers.

Exemple :Il s’agit d’un cas particulier et concret que l’orateur utilise dans le but de prouver ou d’étayer la thèse qu’il défend. C’est souvent un moyen de manipulation. Exemple : L’interview de quidam dans la rue, dans le but de laisser entendre qu’il s’agit là de l’opinion publique, alors qu’il ne s’agit que d’opinions individuelles choisies et ordonnées.

Illustration : Le but est de frapper l’imagination de l’auditoire. L’illustration peut être graphique, musicale, ce peut être un décor ou seulement un objet montré. Elle renforce la thèse soutenue en lui donnant une apparence vivante et concrète.

Modèle : C’est un procédé qui a pour but de susciter l’imitation. Exemple : En publicité, on voit des modèles fonctionner comme des allégories. En politique, le modèle du père fait l’homme d’Etat.

Inversement, d’autres personnages (ou d’autres groupes humains) sont des anti-modèles que l’on utilise comme repoussoirs.

Analogie

L’analogie consiste à établir une ressemblance, par l’imagination, entre deux ou plusieurs objets de pensée essentiellement différents.

Le raisonnement par analogie, que l’on dit aussi a simili, cherche à faire comprendre une idée en la transposant dans un domaine différent. Son utilisation est essentiellement persuasive et pédagogique. Exemple : « De même que les yeux de la chauve-souris sont éblouis par la lumière du jour, de même notre intelligence est éblouie par les choses les plus naturellement évidentes. » (Aristote) La relation habituellement acceptée, yeux – lumière, est appelée phore, tandis que la relation à faire admettre, intelligence – choses évidentes, est appelé thème.

Les arguments contraignants

Il s’agit de manipuler l’auditeur à l’aide de techniques connues depuis Aristote. Ces arguments sont fondés sur le conformisme et le bon sens ; mais aussi, sur la ruse et la violence.

Recours aux valeurs

A la fois au fondement et au terme de l’argumentation, les valeurs sont des repères moraux admis par la société considérée. Le jugement de valeur s’oppose au jugement objectif. Il affirme qu’une chose est plus ou moins digne d’estime.

On a des valeurs abstraites, comme la justice et la vérité, qui se fondent sur la raison. Elles peuvent être universelles ou particulières. On a également des valeurs concrètes, comme la France, l’Eglise, le Parti, qui sont des réalités tangibles et qui exigent des vertus telles que l’obéissance et la fidélité.

La question essentielle est de connaître le système de valeur auquel adhère le public auquel on s’adresse.

Les proverbes et les maximes sont des façons commodes d’exprimer valeurs ou vérités universelles. Leur emploi n’est pas toujours du meilleur effet. Il peut en effet témoigner d’un manque de culture ou encore d’un conformisme intellectuel.

L’appel au bon sens et à la norme revient à s’interdire de penser par soi-même et à affirmer son conservatisme ou son conformisme.

Lieux communs

Entendons ici les formes argumentatives prêtes à être utilisées en toute circonstance.

L’aspect manipulateur des lieux communs vient de ce qu’ils sont des présupposés qui n’attendent pas l’accord de l’interlocuteur quant à leur validité.

Le lieu de quantité fait appel au plus grand nombre, à la majorité.

Les techniques de persuasion qui cherchent à convaincre les masses utilisent le lieu de quantité. L’auditoire est invité à rejoindre la majorité. Dans le cas où il n’y aurait pas de majorité, l’habileté de l’orateur consiste à faire accroire qu’il y en a une. Rassembler devient le terme fétiche. La pression du conformisme ou de la normalisation est très présente dans la rhétorique de la publicité qui sait utiliser les besoins de sécurité, d’identification à la foule et de conformisme des consommateurs.

Le lieu de qualité, à l’inverse, fait appel à la conscience de l’élite. Il cherche l’unique, l’original, le meilleur. Ici, la difficulté, l’effort valent mieux que le facile ; le risque est préférable à l’immobilisme ; l’opinion d’un seul vaut celle de tous.

Lieux divers :

Le lieu de l’ordre convient à toutes les argumentations qui se construisent sur la supériorité de ce qui est antérieur par rapport à ce qui est postérieur ; de ce qui est cause par rapport à ce qui est conséquence.

Le lieu de l’existant favorise le réel sur le possible, l’imaginaire, l’utopique.

Le lieu de l’essence favorise les individus qui représentent le mieux le groupe.

Le lieu du laudator temporis acti glorifie ou dénigre le présent.

Le lieu de jeunesse et de modernité soutient la logique du changement et des modes de pensée ou de consommation.

Le lieu du juste milieu appelle à la méfiance à l’égard des extrêmes et à la modération dans les jugements.

Le lieu du progrès, sur lequel se fondent certaines théories philosophiques de l’évolution de l’humanité et du sens de l’histoire.

Le lieu du primat du naturel sur l’artificiel qui est au fondement de l’argument écologiste.

Recours aux questions

Les questions dialectiques :

Ce sont celles qui cherchent à persuader ou à manipuler l’interlocuteur sans agressivité apparente.

La question rhétorique est une question de style. Elle n’attend pas de réponse et constitue parfois même le moyen d’esquiver la discussion.

La question suggestive appelle une réponse souvent exprimée par l’interlocuteur lui-même. Exemple : Qui commande ?

La question à présupposition consiste à poser deux questions en une seule de façon qu’une seule réponse en contienne deux. Exemple : Philon était-il en ce lieu, ce jour-là ?

La question multiple constitue un enchaînement de deux (ou plusieurs) questions dont la seconde présuppose la réponse de la première.

La contre question consiste à répondre à une question par une autre question.



Les questions éristiques :

Les questions éristiques sont polémiques et leur but reste de provoquer, voire d’agresser.

La question déstabilisante cherche à gêner l’interlocuteur par sa trop grande ouverture et son manque de précision ou encore pas son côté inattendu ou insolent.

La question piège cherche à mettre à jour l’ignorance ou l’incompétence de l’interlocuteur.

La question provocatrice cherche la réaction de l’adversaire piqué au vif, dans le but d’obtenir qu’il révèle ses intentions et découvre sa personnalité ; ou, encore, que la colère lui fasse prendre des risques.

La question de conscience est culpabilisatrice. Elle force l’adversaire à se justifier. Celui-ci, suspecté de malhonnêteté est placé en position difficile et mis en demeure de s’expliquer.

La mauvaise foi
Sophismes et paralogismes

La pratique sophistique de la dialectique a pour but de dresser des pièges où faire tomber l’interlocuteur. La mauvaise foi consiste à énoncer des raisonnements spécieux destinés à induire en erreur avec une apparence de vérité. Ce qui distingue le sophisme du paralogisme, c’est que le premier raisonnement est volontairement faux, tandis que le second est involontairement erroné.


Paralogismes indépendants du langage :

Le paralogisme de composition. Exemple : Cette maison ayant été construite avec de beaux matériaux, c’est une belle maison.

Le paralogisme de division. Exemple : La Suisse est un pays riche ; donc, tous les Suisses sont riches. L’erreur consiste à confondre les propriétés du tout avec celles des parties.

Le sophisme secundum quid transforme une affirmation limitée en une affirmation générale. Exemple : Vous dites que le premier ministre est un bon serviteur de l’Etat ; donc, vous êtes de droite (ou de gauche).

La pétition de principe postule ce que l’on devrait précisément prouver. Les prémisses énoncent une proposition non prouvée que l’auditeur est censé admettre.

Le paralogisme de l’accident consiste à généraliser à partir de cas particuliers, volontairement choisis parmi les moins représentatifs de l’ensemble.

L’ignorance de la réfutation. Exemple : défendre un ministre accusé de malversation et de trafic d’influence en excipant de l’efficacité de sa politique.

Le sophisme de l’amalgame est une méthode qui consiste à englober artificiellement, en exploitant un point commun, diverses formations afin de les discréditer.

Provocation, fuite, coercition

Le paradoxe :

C’est un procédé qui cherche à déstabiliser par dénégation de la norme. Le corax se présente comme forme du paradoxe en argumentant dans le sens : Il est peu vraisemblable qu’il soit coupable puis qu’il n’a pas d’alibi.

L’ironie et l’argument du silence :

Ce sont des procédés cherchant à rompre ou à suspendre la communication. Du point de vue de la dialectique, l’ironie cherche à mettre les rieurs du côté de l’orateur. Du point de vue du discours oratoire, l’ironie cherche en outre une argumentation agréable et brillante.

L’argument du silence embarrasse. Il peut simplement consister à ne pas répondre à un propos insultant. C’est un argument méprisant. On dit aussi : La parole est d’or, le silence est d’argent.

L’argument de l’excès : cet argument exagère une vérité pour la faire passer en force.

L’argument du pathos : Il consiste à agir sur les émotions du public et sur ses préjugés en provocant la colère, la pitié, la crainte.

L’argument ad misericordiam joue sur la pitié.

L’argument ad basculum sur une position de force pour promettre gratification ou représailles.

L’argument ad populum est démagogique. Il joue sur la psychologie des foules et donne à la démocratie son caractère ambivalent.


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Yves Maris, philosophe cathare
Yves MARIS
8 mai 1950 - 29 juillet 2009
Biographie


RESURGENCE CATHARE


Le Manifeste
Ouvrage présenté et recommandé
aux auditeurs de France Culture
par Michel Cazenave, producteur de
l'émission «Les Vivants et les Dieux»

Ouvrage sélectionné par la bibliothèque
de l'Université de Navarre (Espagne)
LE MANIFESTE CATHARE - Publications de Yves Maris



THESE DE DOCTORAT


En quête de Paul
L’affrontement de deux conceptions opposées
du monde au moment de l’émergence de
l’idée chrétienne fondatrice de la culture
et de la pensée occidentale, tel est l’objet
de cette quête

En Quête de Paul - Thèse de doctorat de Yves Maris





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