Repères hérméneutiques


Introduction - Sophistes et Rhéteurs


Hérméneutique du discours


Une leçon sur l’art de persuader du vrai comme du faux


Yves Maris - Edition octobre 2008


Introduction

oute quête de vérité commence par la compréhension de notre propre discours et du discours de l’autre. C’est la raison pour laquelle nous proposons ici une leçon sur la sophistique et la rhétorique ou l’art de persuader par le discours, afin de comprendre les manipulations dont nous pourrions être l’agent involontaire et celle dont nous pourrions être les victimes. La leçon s’achève sur une présentation de la logique et des conditions de vérité et de validité de l’argumentation.

L’intention vise également à faire comprendre que la parole est première, en ce sens que tout ce que l’homme réalise en société a la parole pour préalable. L’homme en déduit qu’il en fut de même pour Dieu : « Au principe était la parole, la parole était chez Dieu et la parole était Dieu. Tout a existé par elle et rien de ce qui existe n’a existé sans elle. » (Jn I, 1, 3) La parole (humaine) ne provoque pas simplement un mouvement de foule ; elle institue une religion et constitue une nation. Chaque discours particulier apporte une pierre à l’ouvrage. Or, nous voyons que le discours commun est faux et que la société se construit sur le mensonge.

  • Introduction
  • 1 - Sophistes et rhéteurs
  • 2 - La sophistique
  • 3 - Le système rhétorique
  • 4 - L'argumentation
  • 5 - Les figures
  • 6 - La logique
  • Conclusion
  • Sophistes et Rhéteurs

    La sophistique ancienne
    Sophiste : Chez les Grecs, Maître de rhétorique et de philosophie qui allait de ville en ville pour enseigner l’art de parler en public, les moyens de l’emporter sur son adversaire dans une discussion, de défendre, par des raisonnements subtils ou captieux, n’importe quelle thèse.

    Rhéteur : Orateur, écrivain sacrifiant à l’art du discours la vérité ou la sincérité.

    La sophistique, en tant qu’art des sophistes grecs et mouvement philosophique, apparaît à l’époque présocratique. Elle est provocante. Son lot reste celui des « idées maudites », desquelles seuls quelques fragments parviennent à tromper la vigilance des censeurs ; si bien qu’elles ne sont généralement accessibles que portées par la critique sévère des détracteurs, prises dans leurs témoignages partiaux ou leurs interprétations fallacieuses. La sophistique fut déconsidérée au nom de la vérité. Le mot pseudo (du grec pseudês « menteur ») contient à lui seul l’accusation de Platon et d’Aristote. Le sophiste proclame l’erreur, les apparences, les représentations, les phénomènes, ce qui n’a pas de réalité (au sens platonicien), ce qui ne possède pas les qualités immuables et éternelles de l’être. De plus, le sophiste ment délibérément en disant le faux dans l’intention de tromper. A cette fin, il utilise toutes les ressources du langage : l’opinion commune, les croyances, les contrevérités, les préjugés, les raisonnements erronés, les ambiguïtés et les obscurités du discours.

    Pour Aristote, la nature et le cosmos dévoilent les mots éternels, les attribuent et les ordonnent. L’univers est en lui-même un langage à apprendre et l’homme est un mot prononcé. Pour les sophistes, la parole produit la chose, et le sens que prend le mot l’ordonne. Le monde n’est pas un préalable : le discours sophistique est créateur. Il dirige la foule et lui attribue son destin. Il imagine la société et l’édifie par la parole. Il donne l’impulsion et le mouvement, et fait advenir. De même que la Pythie de Delphes, les sophistes prononcent des mots dont le sens et la portée sont à découvrir. La parole devient créatrice par elle-même.

    La rhétorique ou l’art de bien parler est née de procès de propriété au début du Ve siècle av. J.-C. en grande Grèce. Après la chute des tyrans qui avaient procédé à de larges confiscations de biens, la nouvelle démocratie voulut rendre à chacun son dû. De grands procès se déroulèrent devant des jurys populaires. Pour convaincre, il y avait nécessité à savoir parler et à faire preuve d’éloquence. L’art de la parole est donc lié, à l’origine, au conflit social : la nécessité de faire valoir son intérêt et de revendiquer son bien a institué la réflexion sur le langage.

    Les premiers professeurs de rhétorique furent : le philosophe Empédocle d’Agrigente, pythagoricien pratiquant, qu’Aristote devait qualifier d’« inventeur de la rhétorique » et dont on connaît deux grands poèmes : De la nature et Catharmes (qui traite de la dualité des deux principes absolus, actifs dans le monde : l’Amour et de la Haine) ; Corax de Syracuse qui aurait dispensé son savoir contre salaire, légitimant ainsi le travail intellectuel rémunéré, et qui disait de la rhétorique qu’elle était « ouvrière de persuasion » ; Tisias qui serait le premier à s’être déplacé de ville en ville pour délivrer son enseignement et qui aurait fait un procès à son maître, Corax, sur une question d’honoraires, en lui retournant l’argumentation apprise.

    Sophiste de la première génération, un moment ambassadeur à Athènes, Gorgias de Léontium fut professeur d’éloquence. Il parcourut la Grèce porté par sa célébrité. De grands orateurs furent au nombre de ses disciples : Critias, Alcibiade, Thucydide, Ménon, Aristippe, Proxène. Il a beaucoup influencé deux de ses plus grands adversaires : Isocrate et Antisthène. Ses œuvres sont parmi les plus célèbres et les mieux conservées du corpus sophistique : Du non-étant ou De la nature (réponse à l’ontologie des Eléates et des premiers physiciens qui écrivaient des traités sur la nature ou sur l’étant) ; Gorgias y soutient trois thèses : rien n’est ; si c’est, c’est inconnaissable ; si c’est et si c’est inconnaissable, on ne peut le communiquer à autrui. Eloge d’Hélène, où Gorgias soutient l’innocence de celle pour qui, dans les poèmes homériques, Grecs et Troyens s’entre-tuèrent (voir ci-après). Défense de Palamède, accusé de trahison par Ulysse, l’œuvre constitue un modèle de discours judiciaire.

    Parmi les autres représentants de la première sophistique : Protagoras d’Abdère, ami de Périclès, fut le premier à revendiquer le nom de « sophiste » (du grec sophos « sages, savant », sophia « sagesse, science »). Professeur itinérant, il dispensa son enseignement contre salaire. Hippias d’Elis est connu pour avoir le premier distingué le droit naturel et le droit positif. Il ne portait que des objets de sa fabrication (chaussures, vêtements, bijoux, livres par lui écrits). Prodicos de Céos était réputé pour être le plus cher des sophistes, ce qui ne l’empêcha pas d’être loué par Aristophane et honoré par Socrate. Thrasymaque de Chalcédoine est connu pour avoir élaboré des règles de rhétorique en vue de leur application dans les affaires publiques. Antiphon le Sophiste a notamment écrit un ouvrage intitulé La vérité dans lequel il oppose la nature (vérité) et la loi (opinion). Il conseillait d’obéir à la première et d’éviter de tomber dans le domaine de la seconde (en tant que coupable, victime ou témoin). Critias était un homme politique athénien qui compta parmi les Trente tyrans. Il était cousin de Platon et fut disciple de Socrate. Isocrate opposa l’ajustement du « bon sens » et la puissance du logos à l’idéal platonicien de la science et à la division aristotélicienne du savoir.

    Platon traite de deux formes de rhétorique : l’une mauvaise, celle des sophistes, dont l’activité de logographes consiste à écrire n’importe quel discours avec pour seul objet la vraisemblance et l’illusion ; l’autre, la bonne, est la rhétorique philosophique ou dialectique sans autre but que la poursuite de la vérité. Elle constitue une véritable catharsis qui purifie les âmes des croyances ou opinions sans fondement. Elle revêt la forme d’un dialogue raisonnable entre le maître et l’élève unis dans une même aspiration à s’élever dans la contemplation des formes pures de l’intelligible jusqu’à Dieu lui-même.

    La dialectique est l’art de discuter par questions et réponses.

    Aristote définit la rhétorique comme l’art d’extraire de tout sujet le degré de persuasion qu’il comporte ou encore, comme la faculté de découvrir, par une recherche abstraite ce qui, dans chaque cas peut être propre à persuader. La rhétorique est alors une technique qui traite de l’art de la relation quotidienne aux autres et du discours en public. Elle se distingue de la technique poétique qui traite de l’art de l’évocation imaginaire. La rhétorique propose un raisonnement approximatif, une logique relâchée adaptée à ce que le grand public juge vraisemblable : « Mieux vaut un vraisemblable impossible qu’un possible invraisemblable. » Il s’agit de toucher le sens commun et de se soumettre volontairement à l’opinion courante. Mais Aristote invalide la sophistique en instaurant le « principe de non contradiction » et la loi de signification.

    Il ne s’agit plus de parler pour parler ou pour le simple plaisir de dire. Il s’agit de produire du sens. En donnant aux termes « dire » et « parler » le sens de « signifier quelque chose », Aristote exclut le sophiste du domaine de la philosophie. La parole étant le propre de l’homme, en quelle humanité résident les sophistes lorsqu’ils parlent « pour ne rien dire » ou « pour le plaisir de parler » ? Comment parler pour ne rien dire ? Est-ce lorsqu’on parle à, par opposition à parler de ? L’intérêt est alors porté vers celui à qui l’on parle, plutôt que sur ce dont on parle. Ici réside la rupture : le philosophe cherche à révéler le vrai, tandis que le sophiste cherche à persuader de l’utile.

    La sophistique recouvrera ses vertus quelque cinq siècles plus tard en investissant le lieu de la rhétorique, c’est-à-dire l’art de bien parler en politique comme en littérature. Philostrate l’Athénien, auteur d’une Vie d’Apollonios de Tyane, dont on considère qu’elle est l’une des origines du roman grec, et d’un large recueil intitulé Vies des Sophistes, considère Eschyle, auteur de quatre-vingt-dix drames (81 titres connus) comme le fondateur de la sophistique. Il puise dans l’histoire le récit des vies de ceux qui deviennent les modèles de thèmes bien définis.

    Cicéron défait le système d’abstraction aristotélicien (nous venons de voir qu’il consistait à extraire les éléments convaincants du sujet à traiter) pour intellectualiser la rhétorique et ajouter le naturel et le bon goût à la spéculation aristotélicienne. Il fait appel à une large culture générale. Quintilien apparaît comme un bon précepteur. Le De institutione oratoria propose un plan complet de formation pédagogique qui donne en douze livres le modèle d’éducation de l’orateur depuis l’enfance. Ovide et Plutarque cessent d’opposer rhétorique et poétique au profit de ce que nous appelons aujourd’hui la littérature. C’est la fin de la rhétorique aristotélicienne.

    La seconde sophistique

    On donne le nom de seconde sophistique ou néo-rhétorique à l’esthétique littéraire gréco-romaine que l’on rencontre du IIe au IVe siècle ap. J.-C. Les mêmes figures seront étudiées par saint Augustin, Libanios d’Antioche ou Saint Grégoire de Nazianze, surnommé « le Démosthène chrétien » par les savants byzantins en raison de la grande élégance de ses compositions littéraires et poétiques. Les orateurs d’Asie Mineure que Philostrate nous donne à connaître dans La vie des sophistes, jouissent d’une grande gloire et réhabilitent le nom de sophiste.

    La rhétorique n’apparaît plus comme technique, mais comme culture générale. Une telle éducation de la parole distingue la rhétorique syntagmatique, qui traite du plan du discours, de la rhétorique paradigmatique, qui s’attache aux figures. Sur le plan syntagmatique l’exercice de la déclamation est prépondérant, sous forme d’une improvisation réglée sur un thème. Sur le plan paradigmatique, le style est fortement valorisé.

    La seconde sophistique inverse les valeurs : il est évidemment préférable d’être orateur que de ne point l’être. La philosophie devient alors sophistique, et glose pour ne rien dire. La rhétorique donne la victoire à la sophistique puisqu’il s’agit désormais de parler à et non de parler de. L’accord se fait sur le rôle pharmaceutique du langage. Pour Aelius Aristide, dont on sait que sa santé l’amena à séjourner de longues années au sanctuaire d’Asclépios de Pergame, l’orateur conjecture à partir de l’ordonnance des faits, comme le médecin pratique l’anamnèse et établit le diagnostic, non pour flatter les passions et chercher à plaire, mais pour convaincre que le traitement préconisé est le bon et que l’auditeur n’a d’autre choix que de l’accepter. Si l’orateur ne devait dire que ce que l’auditeur veut entendre, il n’y aurait pas d’infléchissement de la pensée et aucune guérison possible. La rhétorique ne serait plus le pharmakon universel qu’elle prétend être. L’idéal n’est plus le « philosophe-roi » de Platon, mais « l’orateur médecin » qui gouverne la cité « en utilisant la plus sage des drogues » : la parole.

    La rhétorique médiévale

    A partir du VIIIe siècle, le maître de rhétorique combat pour des idées, autant qu’il enseigne. Il est à la fois l’adversaire et le concurrent. Les deux exercices d’école sont, d’une part, la leçon, qui consiste en une lecture et en une explication d’un texte biblique ou d’un livre d’Aristote et, d’autre part, la dispute, qui est une joute dialectique ritualisée menée sous la présidence d’un maître. La rhétorique reçoit la caution du christianisme. Les arts libéraux (qui s’exercent sans vénalité) constituent la culture générale. Au nombre de sept, ils se séparent en deux voies qui conduisent, pour l’une, jusqu’aux secrets de la parole, c’est le Tritium (la grammaire, la dialectique et la rhétorique) ; et, pour l’autre, jusqu’aux secrets de la nature, c’est le Quadrivium (la musique, l’arithmétique, la géométrie et l’astronomie).

    La rhétorique médiévale se nourrit des traités de Cicéron et de Quintilien. Son domaine comprend les arts oratoires (les sermons), l’art épistolaire (le dictator exerce une profession reconnue) et la poésie. Les deux grammairiens qui font autorité restent Donat, dont saint Jérôme fut élève, et Priscien, qui étudia et enseigna à Constantinople et qui devait rester au programme de la Faculté des Arts jusqu’au XIVe siècle. Au XIIe siècle, le langage est perçu comme une composition liée à la structure de l’être et de l’esprit, en sorte que l’on conçoit l’universalité de la grammaire.

    La dialectique est maintenant un art du discours vivant qui se pratique à deux. A la différence de la dialectique platonicienne où le disciple est assujetti au maître, le dialogue revêt une forme agressive et n’a de but que la victoire. Il s’agit d’un affrontement qui joue sur la logique aristotélicienne : la disputatio. L’exercice consiste en une cérémonie publique qui met face à face l’opposant et le répondant. La thèse étant préalablement posée, l’opposant la contre et le prétendant répond aux objections présentées. La conclusion appartient au maître qui préside et donne finalement son agrément à l’un plutôt qu’à l’autre. Il suffit d’acculer l’adversaire à se contredire pour le réduire. On sait que la contradiction du sujet avec lui-même est intolérable à l’esprit grec (dans le Gorgias, Calliclès ne répond plus plutôt que de se contredire). A titre d’exemple, la première dispute connue entre les thèses catholiques et cathares se déroula à Lombers (au sud d’Albi) en 1165. Guillaume, évêque d’Albi, présidait la dispute qui mettait face à face le bonhomme Ollivier, l’opposant, et Gaucelin, évêque de Lodève, le répondant. En tant que président de la dispute, l’évêque d’Albi conclut finalement à l’hérésie du bonhomme.

    L’évidence du XVIe siècle

    Le discrédit de la rhétorique est amené par la promotion d’une valeur nouvelle : l’évidence.

    Evidence : Caractère de ce qui s’impose à l’esprit avec une telle force qu’il n’est besoin d’aucune autre preuve pour en connaître la vérité, la réalité.

    A partir du XVIe siècle, l’évidence revêt un caractère intime et personnel pour le cartésianisme, tandis qu’elle doit être perçue par les sens pour l’empirisme. La rhétorique perd sa fonction logique pour n’être plus qu’un ornement. Pascal appelle à une rhétorique qui, en tant qu’art de persuader, n’applique plus un code extérieur au discours mais aide l’orateur à prendre conscience de la genèse de sa propre pensée ; en vertu de quoi il peut reproduire un mouvement identique dans le discours à l’autre.

    Il n’empêche que la rhétorique constitue la matière noble de l’enseignement humaniste au XVIIe siècle et qu’elle garde tout son prestige au XVIIIe siècle en inspirant toujours l’admiration et le respect.

    La fin de la rhétorique

    C’est entre 1880 (substitution de la composition française à la composition latine au baccalauréat) et 1902 (disparition du terme « rhétorique » pour désigner la classe de première) que la rhétorique fut reléguée en France. La dissertation se substitua au discours et devint l’objectif premier de l’enseignement secondaire littéraire. La rhétorique céda à l’histoire de la littérature dans le cadre des études classiques.

    Le débat sur la place de la rhétorique dans l’enseignement, de la sophistique dans la philosophie et de l’éloquence dans la culture portait en réalité sur la nature du régime politique, sur la manière d’assurer sa légitimité. La rhétorique supposait un enseignement du savoir-vivre qui maintenait les valeurs de l’Ancien régime. Faisant appel à la culture, son enseignement paraissait élitiste et l’on jugea qu’il contrariait les valeurs démocratiques et égalitaires. Non seulement les institutions scolaires privilégiaient les meilleurs, mais la rhétorique n’ayant d’autre objet que le goût du discours, ne pouvait former que des avocats, des journalistes, des romanciers ; ce qui revenait à maintenir la domination des classes bourgeoises et à favoriser les beaux parleurs. La rhétorique fut l’objet et la victime d’un vrai procès politique.

    L’enseignement de la rhétorique fut indubitablement un enseignement de classe destiné aux hommes du monde. Liée à la personnalité de l’orateur, elle s’opposait aux valeurs démocratiques et collectivistes de la république radicale. Au bon goût et à la personne, on opposa la vérité scientifique et la solidarité. Le scepticisme des sophistes fut condamné au nom de la morale et de la vérité. Après la dernière guerre européenne, le débat sur la sophistique et la rhétorique, leur place dans la nation et l’éducation, intégra la question du suffrage universel et de la souveraineté du peuple. La voix du peuple, et non quelques orateurs, devait fonder la légitimité démocratique. Pour éviter que la démocratie ne tournât en démagogie, le système d’éducation publique devait former de bons citoyens ayant chacun part à la vertu. Exclure la rhétorique répondait donc à la volonté de mettre la démocratie à l’abri de la démagogie.

    La rhétorique fut éliminée par une politique qui se pensait comme fin de l’histoire et une société qui valorisait l’idéal platonicien du bien public. En se retirant de l’histoire, la société devenue individualiste retrouve la rhétorique en considérant l’homme comme une personne qui a quelque chose à dire. Située hors des chemins d’une vérité de nature philosophique ou scientifique, la sophistique est de retour dans l’actualité des sciences humaines. Le nouveau langage sophistique est double ou multiple. Il est obscur et crypté. Il joue de la contradiction, du paradoxe du sens et de la référence. La logique freudienne du signifiant, toujours ambigu, inattendu et quelques fois catastrophique, sans signification apparente et cependant chargé de sens, prend les caractères du plaisir sophistique de la parole.

    Le signifiant : Manifestation matérielle du signe, suite de phénomènes ou de lettres, de caractères, qui constituent le support d’un sens.

    Le sens : Idée ou ensemble d’idées intelligible que représente un signe ou un ensemble de signes.

    L’art de vendre ou le marketing de la société de consommation, en tant que langage multiple et manipulateur, qui parvient à produire un consensus sur l’image et le non-dit, tout en se situant hors des chemins de vérité, est aussi discours sophistique et éloquence d’images.


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    Yves Maris, philosophe cathare
    Yves MARIS
    8 mai 1950 - 29 juillet 2009
    Biographie


    RESURGENCE CATHARE


    Le Manifeste
    Ouvrage présenté et recommandé
    aux auditeurs de France Culture
    par Michel Cazenave, producteur de
    l'émission «Les Vivants et les Dieux»

    Ouvrage sélectionné par la bibliothèque
    de l'Université de Navarre (Espagne)
    LE MANIFESTE CATHARE - Publications de Yves Maris



    THESE DE DOCTORAT


    En quête de Paul
    L’affrontement de deux conceptions opposées
    du monde au moment de l’émergence de
    l’idée chrétienne fondatrice de la culture
    et de la pensée occidentale, tel est l’objet
    de cette quête

    En Quête de Paul - Thèse de doctorat de Yves Maris





    Cathares, catharisme, philosophie cathare