Lettre de Roquefixade


Lettre n°20, lunaison du 18 juillet 2008





La lettre de Roquefixade
18 juillet 2008


Chers amis,

L’annonce de la première rencontre de la diversité cathare est faite. Le moment semble venu de faire le point sur ce que recouvre la pensée cathare contemporaine et sur la réminiscence qu’elle éveille dans les esprits. Nous nous plaçons dans le domaine de la philosophie, parce que nous aimons la sagesse. Notre quête de la vérité s’ouvre sur un questionnement sans fin de nature épistémologique. Notre regard sur le christianisme ne s’exonère ni de la logique ni de la méthode critique qui donnent aux sciences leur valeur. Parler de vérité théologique est pour nous un non-sens. L’approfondissement des textes canoniques et apocryphes nous laisse percevoir deux grandes époques d’inégale durée : la première correspond à la vie de Jésus et des premiers disciples, à la communauté nazaréenne et à la tentative d’inaugurer le règne de Dieu ; la seconde fait suite au drame de la croix, c’est le déploiement du christianisme dans la mystification de la parousie et de l’accomplissement du règne. Quel sens le concept de règne de Dieu peut-il prendre aujourd’hui, et vers quelle espérance les chrétiens peuvent-ils tendre leurs vies ?

Parce que nous sommes cathares, notre perspective est distincte de celle des chartistes, des historiens ou des sociologues. L’objet de notre attention est la pensée de Jésus et son développement. Notre regard sur le monde nous donne à penser que la violence, c’est-à-dire le mal, constitue l’un des principes fondamentaux du vivant. De ce fait, nous choisissons de nous écarter pour vivre et penser un monde différent, qui évoque l’espérance du règne de Dieu. Cependant, le Principe nous reste à jamais inconnaissable. Dans notre conscience vide d’images et de mots, nous le concevons comme la puissance dans le néant ou l’absolu du rien, sans traits ni figure, hors du monde des formes. L’idée de Dieu est nécessairement vide de sentiments et de sensations, ce qui ne signifie pas qu’elle s’exempte du sens. Le domaine de l’apparence se dévoile, en notre incarnation, comme un mélange d’amour et de souffrance, de vie et de mort dans un éternel recommencement. L’idée de Diable, qui surgit de notre vision du monde, s’appuie sur le concept de volonté de vivre caractérisé par une ténébreuse aura. Les lecteurs du Manifeste, en vue d’une résurgence cathare, sont déjà entrés dans cette problématique.

Nous souhaitons que cette rencontre soit celle de la diversité. Les cathares de tous horizons se retrouvent dans une vision pessimiste du monde qui leur donne une intelligence originale du christianisme. Il ne leur est nullement indispensable de bâtir un enseignement théologique alambiqué pour s'affranchir de la raison et juger du vrai, comme du faux, à l’intérieur d’un système clos. Leurs meilleurs arguments résident dans le bon sens commun. Sur cette base simple, les cathares d’aujourd’hui fonderont leur existence grâce aux partisans d’un mouvement d’ensemble qui reliera les individualités aussi bien que les communautés déjà constituées. Il ne saurait y avoir de discours autorisés et d’autres qui ne le seraient pas. Chacun est juge du message dont il se sent porteur. Nous pensons, cependant, qu’après deux journées d’échanges, des convergences devraient tracer une ligne de pensée qui oriente les vies, de telle façon que chacun s’en retourne conscient d’appartenir à un seul corps, convaincu que la saison du refleurissement est venue. Nous ressentons habituellement un sentiment de solitude ou d’exil. Un tel événement doit nous rendre l’espérance en nous reliant aux cathares du Moyen Age et aux bons chrétiens de toujours.

La première rencontre de la diversité cathare n’est la propriété de personne. Il dépend de vous qu’une initiative audacieuse devienne un événement considérable. L’organisation tient à de bonnes volontés qui se retrouvent sur différents réseaux de paroles, hors des structures mondaines et du sacrifice à Mammon. Le catharisme entretient le caractère anarchiste, simple et innocent, propre au christianisme primitif. D’ores et déjà, cathares d’aujourd’hui, faites circuler l’information près de vous et jusqu’au bout du monde. Le peu que vous ferez se révèlera grand sous l’effet papillon. Que tout sympathisant reçoive le message ! chacun est appelé à la communion des âmes. Sollicitez les érudits qui ont réalisé une œuvre dans la pensée cathare, qui se sont consacrés à l’étude et sont porteurs d’un discours vivant. Qu’ils viennent, exposer leurs idées, témoigner de leur vie, débattre avec l’assemblée des croyants pour la première fois réunie.


Vous êtes invités à parcourir les nouveaux développements du site chemins-cathares.eu depuis la dernière pleine lune. La rubrique Raison chrétienne a été augmentée d’une nouvelle monographie : La table des démons, qui éclaire les fondements du végétarisme dans la tradition chrétienne. Vous trouverez en page d’accueil le lien qui vous amènera au programme de la première rencontre de la diversité cathare.



Avec mes pensées et mon amitié,

Yves Maris.


cathares, philosphie cathare, catharisme

Yves Maris, philosophe cathare
Yves MARIS
8 mai 1950 - 29 juillet 2009
Biographie


RESURGENCE CATHARE


Le Manifeste
Ouvrage présenté et recommandé
aux auditeurs de France Culture
par Michel Cazenave, producteur de
l'émission «Les Vivants et les Dieux»

Ouvrage sélectionné par la bibliothèque
de l'Université de Navarre (Espagne)
LE MANIFESTE CATHARE - Publications de Yves Maris



THESE DE DOCTORAT


En quête de Paul
L’affrontement de deux conceptions opposées
du monde au moment de l’émergence de
l’idée chrétienne fondatrice de la culture
et de la pensée occidentale, tel est l’objet
de cette quête

En Quête de Paul - Thèse de doctorat de Yves Maris





Cathares, catharisme, philosophie cathare