Lettre de Roquefixade


Lettre n° 3, le 03 mars 2007

Chers amis,

Nous nous retrouverons le mercredi 21 mars à 5h30 au château de Montségur (quel que soit le temps). Nous prendrons le petit-déjeuner à l'hôtel restaurant Costes à partir de 8h00 au village de Montségur.

Equinoxe de printemps

La situation désespérée des assiégés leur laissait penser qu'ils ne tiendraient pas jusqu'à l'équinoxe de printemps ou la néoménie. Lors de l'engagement du 1er mars, au cours duquel Pierre Ferrer avait été tué, la défense s'était trouvée au bord de la rupture. Et les cathares ne voulaient pas mourir sans avoir célébré le jour glorieux du 13 mars à Montségur. De son côté, le sénéchal souhaitait que le siège fût honorablement levé par la reddition des vaincus, plutôt que d'assister à un massacre peu chevaleresque lors du dernier assaut. Hugues des Arcis accepta donc la trêve de quinze jours que Pierre-Roger de Mirepoix lui proposa. On était le 2 mars et les portes de Montségur seraient ouvertes le 16. Le sénéchal accorda la révocation des condamnations qui frappaient plusieurs défenseurs et l'amnistie générale pour l'affaire d'Avignonet. La faute d'hérésie n'était pas une question d'honneur et l'Eglise catholique demeura inflexible. Les consolés sans repentir seraient jetés au bûcher. L'accord exigeait l'envoi de plusieurs otages dès le lendemain dans le camp des français. Parmi eux se trouvaient Jourdain de Péreilhe et le sergent Pèire Vignol. Les conditions de la reddition ne nous permettent pas de penser que les assiégés espéraient encore des secours extérieurs. Les consolés firent don de leurs effets aux chevaliers et hommes d'armes. Ils confièrent á Pierre-Roger de Mirepoix l'argent des croyants qu'ils tenaient en dépôt.

Le dimanche 13 mars, vingt croyantes et croyants reçurent la consolation de Bertrand Marty et de Raymond Agulher, tel un viatique pour le voyage céleste.

Les historiens matérialistes qui se sont attachés à faire revivre les derniers jours de Montségur ont beaucoup apporté pour la connaissance des faits. Mais ils n'ont jamais intégré à leurs recherches la dimension spirituelle sans laquelle, pourtant, Montségur n'aurait jamais existé. Une telle science n'est pas sans conscience et la recherche de la pensée cathare exige la fréquentation de leur chemin de vie. Les historiens se l'interdisent. De sorte que leurs discours ignorent la question chrétienne et la pensée profonde des cathares.

Au XIIIème siècle, depuis le concile de Nicée (325), le calendrier julien divisait le temps en séries de trois années de 365 jours suivies d'une année bissextile de 366 jours. Quatre années consécutives comportaient donc : 365,25 x 4 = 1461 jours. La durée exacte de l'année tropique étant de 365,2422 jours, le retard de la date du printemps, par rapport à l'équinoxe, se creusait chaque année de 11 mn et 14 s. En 1244, le décalage cumulé était tel que l'équinoxe de printemps tombait le 13 mars à 2 h 16. Ce qui n'empêchait pas l'Eglise catholique de fixer au 21 mars la date du printemps. La question de la régularité de la célébration de Pâques pouvait être posée.

Chez les juifs, la fête de Pessah se célèbre le 14 nisan, premier mois de l'année (mars-avril). Du fait que les mois commencent avec la lune nouvelle, le 14 nisan est toujours la veille de la pleine lune. Au temps de Jésus, le jour de la nouvelle lune était établi par le Sanhédrin de Jérusalem, non sans en avoir eu d'abord confirmation par des témoins oculaires. De sorte que la néoménie se fêtait dès le premier croissant et non au moment de la conjonction du soleil, de la terre et de la lune.

Pour l'ensemble des communautés chrétiennes, la date commune de Pâques dépend également de l'année lunaire. A l'occasion du concile de Nicée, elle fut fixée au dimanche qui suit le quatorzième jour de la lunaison de l'équinoxe de printemps. De sorte qu'elle peut tomber, au plus tôt, le 22 mars (si le 21 mars est un samedi et que la pleine lune arrive ce jour-là) et, au plus tard, le 25 avril (si la pleine lune tombe la veille de l'équinoxe, il faut attendre la pleine lune suivante, soit le 19 avril ; si ce jour-là est un lundi, la fête est célébrée le dimanche suivant).

En 1582, le pape Grégoire XIII imposa le calendrier dit grégorien qui remettait les pendules à l'heure en enlevant 10 jours de l'année (le lendemain du jeudi 4 octobre fut le vendredi 15 octobre). Comme le calendrier julien était trop long de trois jours chaque quatre siècles, il fut décidé que les années séculaires (terminées par 00) ne seraient bissextiles que tous les 400 ans. Ainsi, les années 1600 et 2000 furent des années bissextiles.

Toutefois la correction n'est pas parfaite puisqu'elle porte sur 0,75 jour par siècle au lieu de 0,78. Depuis qu'il est en vigueur, le calendrier grégorien s'est décalé de quelque 3 heures sur le temps solaire réel.

La nouvelle lune de mars 1244 tombait le 10 mars à 11h30. Si bien que le premier croissant ne devait être visible à Montségur qu'au moment même de l'équinoxe de printemps, dans la nuit du 12 au 13 mars. Les calendriers lunaire et solaire coïncidaient pour ce début d'année de printemps. Rien dans les dates ne laisse supposer que les cathares aient célébré Pâques. Pas plus que la génération des premiers chrétiens, ils n'avaient à coeur de fêter le drame de la croix. Ont-ils alors privilégié l'équinoxe, la nouvelle lune ou l'alignement de la constellation du bouvier sur le temple forteresse ?

Voir l'article intitulé « Le symbole de Montségur » sur le site Internet


Les développements récents du site proposent un nouveau chapitre : « Le chemin de Damas ». Il s'agit d'une présentation allégée de la thèse de doctorat, « En quête de Paul », reçue par l'Université de Toulouse II en décembre 1999. Elle sera mise en ligne à raison d'un sous-chapitre par semaine (environ 1 à 3 pages) afin de laisser le temps de la lecture. Aujourd'hui, vous pouvez prendre connaissance du prologue et du début du premier chapitre, « La foi en la parole de rupture », avec le sous-chapitre intitulé « La foi d'Abraham ».

Vous êtes invités à nous rejoindre à La bastida dels catars le samedi 24 mars à partir de 15h00. Nous vous proposerons une promenade d'environ 1h30 (si le temps le permet). Cette invitation trimestrielle délaisse son côté intellectuel pour favoriser échanges et relations humaines.


Merci de faire connaître le site www.chemins-cathares.eu.

Bien à vous,
Yves Maris
La bastida dels catars - 09300 Roquefixade
yvesmaris08@chemins-cathares.eu
www.chemins-cathares.eu


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Yves Maris, philosophe cathare
Yves MARIS
8 mai 1950 - 29 juillet 2009
Biographie


RESURGENCE CATHARE


Le Manifeste
Ouvrage présenté et recommandé
aux auditeurs de France Culture
par Michel Cazenave, producteur de
l'émission «Les Vivants et les Dieux»

Ouvrage sélectionné par la bibliothèque
de l'Université de Navarre (Espagne)
LE MANIFESTE CATHARE - Publications de Yves Maris



THESE DE DOCTORAT


En quête de Paul
L’affrontement de deux conceptions opposées
du monde au moment de l’émergence de
l’idée chrétienne fondatrice de la culture
et de la pensée occidentale, tel est l’objet
de cette quête

En Quête de Paul - Thèse de doctorat de Yves Maris





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