La chaîne cathare


Année 2009


Chaîne cathare de l'année 2009


Pour les correspondants qui le souhaitent,
l'adresse email et le nom sont communiqués de façon à lier des contacts.
Lettre d'O.
Midi-Pyrénées / Mai 2009

Cher (et chair) Yves

Qui croyez-vous que "je suis" pour avoir pensé lors de mon apparition (ni angélique ni diabolique) à vos côtés ( dans la ville de mes ancêtres, comtes de Foix,ce 6 mai) que votre lettre allait me déplaire...? Contrairement aux autres, lues à la manière d'une diagnostic hatif posé sur les algies de votre "gnose", cette missive a rempli sa mission auprès de mon coeur. Le "conte de Foi" d'où descend votre nouvelle santé me touche au plus haut point.
Bientôt, par delà le tau planté comme une écharde dans la chair de la Terre (oui, je m'obstine à donner une majuscule à certains mots écartés des biens) j'ose imaginer que vous porterez un salutaire secours à la Nature, par vous, diabolisée... Et j'ose espérer que la maladie de la "double vue" vous sera ôtée, par le "donneur" de coups...de Grâce, Lui-même.
A bon entendeur de Bien, mon ami, "Salut" !
A vous, bien-veillamment, de la part d'une iréductible amante de Montségur refusant de se dire "cathare" par respect infini envers ses frères et soeurs d'antan "passés"... à autre "Cause"

O.

Message de N. R.-D.
Midi-Pyrénées / Mai 2009

Bonjour,

Yves, c'est avec émotion que j'ai lu "La Lettre de Roquefixade". Vos propos trouvent un écho dans la situation que nous vivons depuis quelques mois et m'apportent une bouffée "d'oxygène"... Soyez en remercié.

N.

Message de M. C.
Midi-Pyrénées / Mai 2009

Cher Yves,

Je viens de lire votre lettre, elle est très touchante.

J'espère qu'après tous ces combats avec les démons, vous pourrez profiter du printemps plus clément.

Je vous embrasse,

M.

Message de B. M.
Mai 2009

Cher Monsieur Maris,

Nous avons séjournés à la Bastida le temps d'un week-end, il y a deux ans, et en gardons un excellent souvenir. Votre lettre m'a préoccupé et j'espère profondément que le démon est terrassé.

Acceptez tous nos vœux de rétablissement.

B. M.

Message de B. C.
Mai 2009

Monsieur Maris bonjour,

… Je me permets juste de vous écrire pour vous souhaiter une meilleure santé.
Même si visiblement vous vivez spirituellement ces épreuves dans votre chair et que vous êtes capable de leur donner du sens bien plus que de les subir tout simplement. Car je crois que la santé aussi peut nous permettre certaines réalisations et compréhensions. Peut-être que tout a sa place dans l'économie du monde, jusqu'à ce que nous soyons libérés du monde.

Avec mes sincères salutations, en vous remerciant pour cette belle Lettre de Roquefixade.

Et en vous souhaitant le Bien,

B. C.

Message de R. B.
Italie / Mai 2009

Mon cher ami,

Tu as vraiment beaucoup souffert ; moi, j’ai été plus chanceux que toi et, en relisant tes mots, je pense à toutes les fois où je me querelle avec le monde pour tous mes petits problèmes.

On se voit le vendredi 29 mai.

Un salut. Je vais prier pour toi,

R.

Message de P. R.
Aquitaine / Mai 2009

Bonjour,

Du fond du cœur et avec nos remerciements pour le bonheur de vous lire.
Nos vœux de santé,

Bien à Vous,

P. R.

Message de M. L.
Bourgogne / Mai 2009

Yves

Très émue de cette lettre...

M.

Lettre de R. I.
Mai 2009

et réponse de Yves Maris

Merci pour votre Lettre [Lettre n° 30 – L’écharde dans la chair] qui tombe à pic.
Opéré il y a un an d'un cancer de la prostate ; l’année avant de la parotide gauche ; rendez-vous pris maintenant pour la droite... Et pourtant, je mène une vie frugale.
A côté, ma fille Chloé souffre de l'intestin depuis trois ans et demi ; la médecine ne trouve pas...
Souffrance et soucis nous rongent...
On dirait que ça s'acharne !
C'était juste pour vous remercier.

Bien cordialement.
R.


Cher ami,

Nous avions déjà une relation par courriel, sans que je ne sache les maux dont vous souffriez. Je vous remercie de votre lettre que je reçois comme un retour de confiance et d’humanité.

Je ne vous parlerai ni comme un médecin ni comme un généticien, mais comme un homme d’expérience qui sait que la souffrance fait partie de la vie. J’utilise le mot « démon », tout à fait anachronique, parce que c’est un terme évangélique et qu’il me permet de mieux cerner le mal, comme si, en le personnalisant, il devenait plus facile à vaincre. Je crois en effet qu’il faut se concentrer, secrètement, sur les maux dont nous souffrons. Permettez-moi une analogie guerrière : le soldat qui n’est pas concentré est un soldat mort. Tenter d’oublier le mal, faire comme s’il n’existait pas n’est pas la bonne solution. Il faut l’affronter avec les armes dont nous disposons, celles de la médecine, et la puissance de notre âme profonde, la part inconsciente de nous-mêmes. Il ne s’agit pas de prier quelque dieu créateur de venir à notre secours, mais de parvenir à la conviction que l’on sortira vainqueur de l’épreuve. Ayez confiance en vous-même, en la force spirituelle qui vous transcende. Le mal n’est pas un péché, mais une adversité. Il faut ramasser en un seul jet, la volonté consciente et la volonté inconsciente et ne pas le manquer. Rassemblez en vous-même l’intuition de la guérison.

Je ne connais pas l’âge de votre fille, mais votre lettre donne l’impression que vos souffrances sont liées et que vous guérirez ensemble. Maîtrisez les démons et sortez tous deux renforcés du combat, pour une vie différente et une âme visitée en profondeur.


Je vous assure de mes très amicales pensées et de mon oraison fidèle.
Yves.
Lettre de R. B.
Québec / Avril 2009

et réponse de Yves Maris

Bonsoir cher ami,

Je suis sincèrement peiné d'apprendre l'épreuve de souffrance physique ainsi que d'isolement accentué qui a marqué ta vie durant l'automne et l'hiver. Je comprends que, là où tu résides, le questionnement et le doute ont dû frapper à la porte à certains moments. Mais ton esprit est fort et ton écriture témoigne de l'ordre des messages qu'il révèle. Cela est l'héritage que tu nous montres et auquel, un jour, nous nous rattacherons avec la nostalgie inévitable de ne pas avoir su être davantage présents quand tu souffrais.

Mais du même coup, notre souffrance acceptée stimule la quête lumineuse de la conscience. Dès lors, je me trouve même ridicule de ne pas repousser davantage les contraintes matérielles qui se dressent au quotidien et me servent d'excuses faciles. Tant de vigilance me semble nécessaire pour transcender la matérialité dans ma propre existence.

Mais les images du paysage cathare me rappellent le chemin par lesquels les prédécesseurs m'instruisent.

Mes pensées t'accompagnent. Je communiquerai à distance dans les instants de méditation que vous partagerez.


Mes amitiés et au plaisir de se revoir.
R.

Cher ami,

Merci de votre lettre chaleureuse qui cultive si bien notre relation. Permettez-moi de vous répondre sur le point que vous soulevez concernant le questionnement et le doute.

La pensée philosophique se développe toujours selon une problématique. La vision cathare du monde s’ouvre également sur un questionnement, nécessairement infini puisqu’il n’y a jamais de vérité ultime. Dans le domaine de la connaissance, une question appelle une autre question, et ainsi de suite. Avant de prononcer un jugement sur la validité des conclusions, nous devons vérifier la vérité des faits. C’est là que le doute doit toujours intervenir. Il est une qualité première de l’esprit philosophique. Bien sûr, le doute du philosophe ne saurait être confondu avec le doute du croyant. Tandis que le philosophe cherche à connaître, le croyant accepte de croire sans savoir, si bien que le doute est lié à sa croyance ; il est l’aveu d’une faiblesse intellectuelle. En revanche, le doute du philosophe édifie la pensée. Il s’inscrit dans sa problématique.

Vous comprenez que je doute toujours de la qualité des hypothèses qui déterminent mes jugements, mais je ne doute jamais de la voie cathare que je poursuis avec force dans les affres de la condition humaine.


Avec mon amitié,
Yves.
Message de E. F.
Midi-Pyrénées / Avril 2009

Bonjour Yves,

J'ignorais tout de tes problèmes, suite à ton opération. Si tu as besoin de moi pour une aide quelconque, tu peux m'appeler.

Je ne suis qu'à moitié surpris d'apprendre que nous serons très nombreux à la Pentecôte.Le tout est de savoir où mettre tous ces gens... En tout cas, beaucoup de mes amis seront présents.

Cela prouve qu'il y a un réel intérêt pour le catharisme.

Amicalement,

E.

Message de J.-P. C.
Midi-Pyrénées / Avril 2009

Cher Yves,

Je commence à sortir de mon "hibernation" volontaire, pendant laquelle j'ai longuement réfléchi et médité au sujet de mon engagement sur le chemin cathare.

J'ai suivi le tourment de cette nouvelle "écharde dans la chair" après ton opération. Je suis heureux de savoir que tu vas mieux pour que tu puisses vivre ce que tu as désiré organiser pour pentecôte.

J'ai été très ému de ta réponse à Cathy et de cette phrase qui contient l'essentiel de notre engagement : "Le pur amour est de l’ordre des réalités supérieures dont chaque humain devient pour moi une représentation."

Je voudrais te remercier aussi pour avoir été l'homme qui m'a permis de vivre et de comprendre mon engagement en l'Esprit. Chaque jour qui passe me rapproche de la Vie et c'est cela que je veux partager avec mes frères humains.

Amitiés Yves et à très bientôt,

J.-P.

Message de H. H.
Allemagne / Avril 2009

Bonjour Yves,

Tout d’abord, je tiens à vous remercier des Lettres de Roquefixade que je reçois régulièrement et que j’essaie de lire… tout en leur accordant une grande importance.

J’espère que vous allez bien, que vous avez passé de belles journées de Pâques.

Nous aimerions offrir un de vos livres à notre ami français, à l’occasion d’un grand anniversaire. Personnellement, j’ai un penchant pour “Résurgence cathare”… Merci de me faire connaître votre avis.

Je vous souhaite encore un bel après-midi bien ensoleillé.

H.

Message de M. G.
Midi-Pyrénées / Avril 2009

Monsieur Yves Maris,

Je viens par la présente vous commander votre Manifeste... Pouvez-vous également, m'envoyer un documentaire sur Roquefixade où nous désirons, ma compagne et moi-même, faire un séjour les 29,30 et 31 mai ? ...

De retour hier d'un pèlerinage en Terre sainte, pendant lequel j'ai accompagné ma compagne, de confession catholique - mais très tolérante -, je désirerais lui faire partager mes convictions et lui faire découvrir le catharisme.

... J'avoue ne pas savoir me servir d'Internet ; imaginez ma joie lorsque j'ai découvert votre site !

Dans l'attente d'une réponse de votre part, je vous souhaite la paix, l'amour, la santé et la joie.

M. G.

Message de B. L. C.
Midi-Pyrénées / Avril 2009

Mon cher Yves,

Je viens de lire votre lettre que je trouve admirable et pleine d’amour. J’ai aussi lu vos échanges de lettres avec Monseigneur Périer qui sont aussi pleins de sensibilité et de propos très enrichissants.

J’espère que votre moral est meilleur malgré toutes les épreuves que vous avez traversées dernièrement.

Je vous transmets mes amitiés.

B. L. C.

Lettre de C. L.
Midi-Pyrénées / Mars 2009

et réponse de Yves Maris

(Avril 2009)

Yves,

Je viens de lire votre correspondance avec Mgr Marcel Perrier et vous m'avez beaucoup touchée.

Cette solitude que vous avez choisie (je suppose) pour parfaire votre conscience et votre âme a porté ses fruits mais est-elle nécessaire et indispensable à votre cheminement évolutif aujourd'hui ? Est-elle réellement impérative à votre engagement de bon homme, ou de parfait ? Quand nous nous sommes rencontrés pour l'équinoxe d’automne, je suis rentrée avec une forte pression sur la poitrine ; peut-être saviez-vous déjà que vous deviez vous faire opérer ? Quoi qu'il en soit, dans ce type de situation, seule la musique affine mon intuition. Et le morceau de réflexion était de Carmen, "L'amour est un oiseau rebelle", que vous connaissez certainement. J'ai alors compris que vous traverseriez une épreuve "vitale" qui vous imposerait d'être face à votre solitude, une révision, en quelque sorte.

Ne pouvez-vous vous accorder un peu de répit ? La chaleur humaine ne me semble pas aussi "diabolique", elle permet aussi de nous reposer...


Bien affectueusement,
C.

Cathy,

Une réponse bien tardive à votre lettre. Vous savez qu’après l’épreuve attendue, une nouvelle « écharde dans la chair » me tient reclus depuis un mois. J’ai effectivement connu bien des souffrances dans mon corps. Probablement m’ont-elles éveillé à la dualité de mon être. L’âme est évidemment en osmose avec le corps ; mais l’esprit, c’est autre chose… L’âme peut être malade du corps et le corps malade de l’âme, alors que l’esprit est libre des contingences terrestres.

Je ne suis pas aussi solitaire que vous le pensez. Vous savez que quelque huit cents personnes reçoivent La Lettre de Roquefixade et qu’un certain nombre me fait l’amitié d’une relation chaleureuse, bien que souvent lointaine. Parfois, quelques-unes me font le plaisir d’une visite. La bastida dels catars est ouverte en chambres d’hôtes et je suis heureux, quand viennent les beaux jours, de recevoir les pèlerins des chemins cathares. Vous savez aussi que mes dernières difficultés de santé m’ont valu un élan d’entraide et de solidarité que je n’avais pas imaginé. Je l’ai ressenti comme la préfiguration d’une communauté vraie.

Certes, je vis seul dans ma grande maison qui regarde Montségur et le pic Saint-Barthélemy. Mon choix est négatif, dans la mesure où je préfèrerais être accompagné au quotidien dans cette vie d’exil. Mais je ne voudrais pas tomber dans une vie prosaïque. Lorsque l’on porte un idéal fort, il ne peut être froissé en aucune façon. Il doit être, mieux que partagé, élevé ensemble. Le pur amour est de l’ordre des réalités supérieures dont chaque humain devient pour moi une représentation.

Je vous remercie beaucoup de votre attention, Cathy, et je peux vous assurer que, tel un homme, je suis sensible à la tendresse, comme une douce compensation des maux de la création.


Acceptez en retour toute mon affection,
Yves.
Message de R. M.

Mars 2009

Cher ami,

Merci pour ce magnifique texte sur la fausse relation de l'homme à l'animal [Histoire naturelle - Lettre de Roquefixade n° 28] ; tant que l'homme se considèrera comme le supérieur et le "maître" de cette planète au détriment des autres règnes vivants, il n'y aura pas de progrés spirituel significatif.
Comme l'avait déjà évoqué Jésus : " Vos holocaustes m'écoeurent "... Ces holocaustes sacrificiels ont été remplacés par ceux de la "chasse sportive" car l'homme avili croit qu'ôter la vie peut constituer un "sport".
Je me ferai une joie de diffuser votre texte au cercle de mes amis qui, comme moi, croient en la Vie sous toutes ses formes et pensent que l'humanité n'est pas un règne dominant mais co-existant avec le règne animal, végétal et minéral... et, qu'à ce titre, elle est responsable du tort qu'elle leur cause.

Recevez mes meilleures et sincères salutations.

R. M.

Lettre de Mgr Marcel Perrier
ancien évêque de Pamiers
Octobre 2008
et réponse de Yves Maris
Mars 2009

Cher Monsieur Yves Maris,

Me voici en Savoie, depuis le début juillet. Je n’oublie pas notre projet d’écrire un livre, avec vous. J’ai bien conscience d’avoir déjà retardé son commencement. Il y avait tant à faire avant de partir : les dernières réunions ou démarches, l’archivage, le déménagement… !

Je me trouve aujourd’hui en retraite active. Il y a les services à rendre dans cette vallée de la Tarentaise avec ses nombreuses et grosses stations… Plusieurs revues me demandent des articles. J’ai dû accepter aussi d’être nommé aumônier national de « Voir ensemble », ancienne « Croisade des aveugles ». Je vais aussi animer dix retraites de cinq à six jours dans les dix mois qui viennent.

Pour toutes ces raisons, je me vois incapable d’écrire une partie du livre projeté. Je ne vais pas y arriver ! Aussi je préfère vous écrire que je renonce à ce projet.

Soyez bien persuadé que je garde un très bon souvenir de nos rencontres et de nos débats. J’ai été aussi très sensible à votre présence à certaines célébrations. Merci également pour les bancs donnés et qui rendent de vrais services dans des églises et des chapelles.


Comprenez mes limites et recevez mes salutations cordiales avec ma reconnaissance.

Marcel Perrier

Monseigneur,

Vous voudrez bien excuser mon retard à répondre à votre lettre du 30 octobre dernier. Je l’ai reçue alors que j’étais hospitalisé à Toulouse, et une longue convalescence m’a rendu très paresseux. Je crois que je suis mort et ressuscité ! L’opération en hypothermie et cœur arrêté a duré quelque sept heures. Il s’agissait de refaire la partie initiale de l’aorte, tout en revenant sur une opération subie il y a vingt-cinq ans pour refaire la partie horizontale. La convalescence se passe bien, mais les soirées solitaires au coin du feu sont un peu tristes. Le premier mois, trois amies se sont relayées pour m’apporter aide et affection, puis, j’ai supporté seul l’épreuve. Je n’ai pas encore retrouvé ma concentration intellectuelle, ni le courage de reprendre mes promenades de santé.

Je dis que j’ai le sentiment d’être mort et ressuscité parce que j’ai comme le souvenir d’avoir vu le néant ou les eaux noires du Styx. Au retour j’étais très étonné de revoir le continuum de la vie et du monde. Que d’épreuves j’aurai traversées dans ma vie ! Mais, en contrepartie, quel supplément de connaissance ! Tous les mois, j’adresse La Lettre de Roquefixade à mes amis et relations, sur Internet. C’est un moyen de ne pas perdre le contact. Si vous me donnez votre adresse courriel, je peux vous inscrire, sinon, vous pouvez le faire vous-même sur la page d’accueil du site.

Votre successeur m’a aimablement invité à son ordination épiscopale à Mirepoix, le 15 mars prochain. J’aurai plaisir à y rencontrer les personnalités que nous avons fréquentées. Votre présence en Ariège, nos rencontres et débats ont beaucoup enrichi ma propre réflexion spirituelle. Je crois que je touche à une maturité. Je vous en remercie vivement.

Je vous prie de croire, Monseigneur, à l’expression de ma haute considération et à ma fidèle amitié.


Dans l’amour du Christ,

Yves Maris.
Message de B. H.

Février 2009

Yves,

Suite à la lecture de votre article L'éthique des affaires sur MediaPart, j'ai découvert avec grande satisfaction l'existence des Chemins Cathares et de la rencontre qui aura lieu les 29 30 et 31 mai prochains à Roquefixade.

J'ignore si un sang éthérique cathare coule dans mes veines, mais j'ai plaisir à y croire et je serai à Roquefixade en mai prochain.

Je tenais simplement à vous saluer et vous remercier d'en perpétuer l'esprit.

Cordialement,

B. H.

Lettre de R. P.
Provence-Alpes-Côte d’Azur

et réponse de Yves Maris

(Février 2009)

Bonjour Monsieur Maris,

J'ai lu "Résurgence cathare – Le manifeste" qui m'a vivement intéressé. Je pense que je suis entré dans cette période de basculement des valeurs pas facile à vivre ; car, l'impression de perdre un certain réconfort : la foi dans un dieu que je m'étais créé (prolongement de mon ego), dans les religions extérieures ; mais passage nécessaire.

Je poursuis donc ma quête par des lectures. J'ai lu récemment le dernier livre de B. de La Farge ; mais je dois vous avouer que je ne m'y retrouve qu'à moitié ; il me semble qu'on retombe dans une interprétation plus classique du christianisme, somme toute pas très éloignée des Eglises de la réforme, une interprétation qui fait de nouveau appel à la foi et au dogme. Donc, je préfère nettement votre approche philosophique. Ceci dit, je me pose encore beaucoup de questions. Une fois qu'on a intégré ce raisonnement, comment dans la pratique méditer sur ce Dieu qui n'a pas de réalité ? Est-ce méditer sur l'impermanence, sur la fin des choses ? Est-ce faire le vide en soi, se détacher de la forme, des noms, des concepts, pour se laisser remplir par autre chose, l'Esprit ? Est-ce davantage une manière de se comporter au quotidien ? Je me dis que pour suivre une ascèse, des jeûnes, il faut une bonne dose de foi, au moins en soi. Être dans ce monde tout en se rappelant à chaque instant que nous ne sommes pas de ce monde ? Partagez-vous l'idée que le monde est une sorte d'illusion que nous renforçons par nos croyances, nos religions ? La voie cathare est une quête individuelle ; mais je suppose que des méditations de groupe peuvent être utiles pour se renforcer. Enfin, voilà où j'en suis dans mes réflexions...

J'ai lu plusieurs livres d'A. Brenon, S. Nelli, M. Roquebert et d'autres, très instructifs mais limités au catharisme médiéval. La voie sectaire, initiatique ou ésotérique, dont divers groupes, dits néo-cathare (Steiner, Rose-croix d'or, etc.), se réclament ne me parait pas non plus être la bonne solution. Si vous avez d'autres livres à me conseiller dans cette période de questionnement ?

J'espère que j'aurai l'occasion de venir me ressourcer dans votre belle région quand ma situation personnelle sera stabilisée. En attendant, je vous souhaite encore beaucoup de succès pour les Rencontres de la diversité cathares qui, j'espère, seront la pierre qui marquera le renouveau de la pensée cathare, le laurier qui reverdit après 7 siècles.


Amicalement,
R.

Cher ami,

Votre quête me touche. Je suis heureux de répondre un peu à votre attente, tout en sachant que, vous et moi, nous cheminons pour accomplir nos vies. Il est vrai que si vous pouviez être présent lors des Rencontres de la diversité cathare, votre quête s’en trouverait enrichie. Pour répondre à vos questions précises, je vous conseille de lire ou relire Platon pour y trouver comment s’affranchir des illusions et avoir accès à la contemplation des purs intelligibles. Je crois que Dieu ne peut être approché qu’après avoir tout effacé des sensations et des sentiments du monde. Il n’est pas en deçà, mais au-delà du néant. Vous trouverez un texte sur le platonisme sur le site Internet www.chemins-cathares.eu qui devrait favoriser votre initiation. Vous avez pu voir dans le programme des Rencontres qu’une large place est laissée à l’art de la méditation silencieuse, au sens platonicien. Par ailleurs, lisez Marcion, l’ouvrage de Von Harnack que l’on trouve depuis quelques années en version française aux éditions Gallimard.


Au plaisir de vous rencontrer à Roquefixade.
Avec mon amitié,
Yves.
Lettre de M.-M. C.

Nord-Pas-de-Calais
Février 2009

Merci, Yves, de votre envoi du "Manifeste". Je le reçois ce jour et vais prendre le temps de m'en imprégner.

Cet été, je me suis retrouvée, avec mon mari, au pied du château de Roquefixade, au bord de la route. Nous y sommes restés un très long moment, silencieux, le paysage était splendide de tous côtés. Il y avait bien longtemps que je n'avais ressenti une telle paix, avec le sentiment d'être chez moi.

C'est quelques jours plus tard que j'ai découvert l'histoire des cathares à travers les ouvrages de M. Roquebert et A. Brenon, et, en rentrant à Dunkerque, découverte de votre site...

Une porte s'est ouverte sur cet espace qui me manquait !

Merci.

Bien à vous.

M.-M

Témoignage de P. G.

(Février 2009)

Bonjour,

Les chemins de ma destinée m'ont amené à m'inscrire récemment à "La lettre de Roquefixade". La première lettre reçue parle de "la déprime" et de la solitude du dépressif face à l'incompréhension de son état !
J'ai vécu, au cours de cette dernière décennie, une aventure intérieure que la science a aimablement nommée "trouble bipolaire", ce qui est plus délicat que l'ancienne expression "maniaco-dépressif". Cette aventure qui fut, entre autre, agrémentée par un séjour en hôpital psychiatrique, m'a permis de vivre dans la chair la dualité de notre monde.
Vous comprendrez donc que je sois attentif au discours que vous tenez.
Notre responsabilité humaine est d'être le lieu de rencontre assumé et conscient entre l'Esprit et la Matière. Ce que d'autres nomment Dieu et Diable. Le pari que je fais dans ma modeste existence est que cette rencontre soit productrice d'amour. Inutile de vous préciser que jusqu'à présent je ne fais que perdre...
Je garde cependant bon espoir de parvenir à un début de réussite.


P.
Question de D. C.
et réponse de Yves Maris

(Janvier 2009)

Je suis très heureux d'avoir découvert votre site, qui répond à nombreuses de mes espérances. Merci de tout cœur. Auriez-vous un peu de temps pour répondre à certaines de mes questions sur la voie gnostique ?
Merci de votre temps, Cher Monsieur,
Voilà, j'ai fait des recherches sur la gnose et je suis tombé sur plusieurs points de vue et types d'enseignement ; j'aurais voulu avoir votre point de vue sur ces enseignements : - Le Manichéisme, - La Rose-croix AMORC, - La Rose-croix d'Or, - L'anthroposophie, - Gnosis, Samael Aun Wor. Cordialement,


D. C.

Cher Monsieur,

Il m’est difficile de répondre directement à votre question. Je ne peux porter de jugement sur des organisations confidentielles qui cultivent le secret sur leur enseignement et le but qu’elles poursuivent. Je ne connais pas suffisamment la religion manichéenne ni l’anthroposophie pour vous donner un point de vue de référence. En revanche, je peux vous dire que le mouvement cathare contemporain auquel je participe ne prétend à aucune confidentialité. Nous comprenons en effet que l’Evangile s’adresse au peuple et aux personnes, sans distinguer a priori qui serait élu de qui ne le serait pas. De plus, le secret dans le domaine spirituel, comme dans le domaine scientifique (nous sommes bien dans la gnose), ne consiste pas en quelque chose qu’il conviendrait de tenir caché, mais en ce que chacun peut atteindre par l’intelligence et l’exercice de l’esprit. Nous croyons connaître l’amour de façon innée, mais nous ne connaissons que des contrefaçons ou de pâles reflets d’une tout autre réalité. Nous nous attachons à des amours particulières alors que l’amour pur est libérateur. L’amour sublime qui relie l’humanité aux franges du divin n’est caché à personne. A chacun de prendre la peine de le découvrir peu à peu et de le vivre autant qu’il le peut. L’apôtre Paul disait que « l’amour est la vie de l’esprit ». Nous devons accéder au sens transcendantal du mot par la qualité de nos paroles, de nos silences, de nos actes et de nos abstentions. Tel me semble constituer le devoir d’excellence de qui veut accomplir sa vie.


Avec mon amitié,
Yves.
Question de R. I.
et réponse de Yves Maris

(Janvier 2009)

« Avez-vous un "manuel" (?) pour le vécu, le quotidien, l'action ? Réfléchir et lire ne me suffit pas pour VIVRE le catharisme. Il me manque le côté VITAL. Question annexe : a-t-on des amis fiables, dans l'invisible, pour nous porter secours ou inspiration ? Je n'ai comme appui que le "Notre Père".
Merci, et bonne suite à vous. »


R. I.

Ne soyez pas « un esclave » soumis aux lois et règlements !

Il y a quelques années, j’ai publié un petit ouvrage intitulé « Le Philosophe » qui proposait une lecture renouvelée du « Manuel » d’Epictète. Tant de livres de sagesse sont à notre disposition et les Evangiles au premier rang, pour rester dans la culture méditerranéenne !

La non-violence ou pur amour constitue le fondement de notre réflexion, l’appel de notre conscience qui fait que la pensée est immédiatement reliée à l’action. L’étude ne vous suffit pas parce que vous la détachez de votre existence, comme un exercice purement intellectuel. Tel le jeune homme riche de l’Evangile, vous ne voyez pas le lien, vous hésitez à plonger nu dans la vie. Or, je crois que l'enseignement ou l’initiation ne se réalise que dans la praxis. Chaque fait de vie est une leçon à méditer, un devoir qui peut être magnifiquement accompli ou complètement bâclé.

Les livres de la tradition nous permettent de fréquenter les modèles. Ils nous donnent à converser avec ces amis fidèles qui appartiennent, comme vous le dites, à l’invisible. J’ai tellement fréquenté l’apôtre Paul qu’il m’a semblé parfois qu’il était là, près de moi. Lorsque je pense Jésus, je ne peux pas imaginer différencier ses paroles de ses gestes, l’enseignement de l’acte. Je le vois autant que je l’entends. Il ne tient qu’à vous que la lecture et la réflexion accompagnent votre propre vie, l’embellissent et lui donnent sens. Le pur amour est le filon qu’il faut débiter sans relâche.

La pensée authentique de Jésus s’inscrit en dehors de tout rituel, c’est ainsi que les cathares du Moyen Age l’ont reçue. C’est à chacun de découvrir la loi intérieure et le discernement de l’esprit, de s’immerger et de se purifier quand il se sent sale, de jeûner quand la légèreté du corps le requiert, de se retirer quand la pression du monde devient trop forte. Mais chaque parole, chaque acte mérite notre attention et notre jugement selon l’amour et la vérité. Je ne connais aucune autre discipline de l’esprit. Sentez comme chaque parole à prononcer et chaque acte à réaliser ouvrent à la méditation et à l’oraison. Le silence et la contemplation seront votre repos.

Vous trouverez une réflexion sur le « Notre père » dans le dernier chapitre de mon livre « La résurgence cathare ». Je ne sais pas si vous avez lu l’ouvrage, mais il me semble qu’il répondrait amplement à nombre de vos questions. La libération est du domaine de l’amour, certainement pas de la prière.

Devenez un homme « qui comprend » !

Bien à vous,
Yves.

cathares, philosphie cathare, catharisme

Yves Maris, philosophe cathare
Yves MARIS
8 mai 1950 - 29 juillet 2009
Biographie


RESURGENCE CATHARE


Le Manifeste
Ouvrage présenté et recommandé
aux auditeurs de France Culture
par Michel Cazenave, producteur de
l'émission «Les Vivants et les Dieux»

Ouvrage sélectionné par la bibliothèque
de l'Université de Navarre (Espagne)
LE MANIFESTE CATHARE - Publications de Yves Maris



THESE DE DOCTORAT


En quête de Paul
L’affrontement de deux conceptions opposées
du monde au moment de l’émergence de
l’idée chrétienne fondatrice de la culture
et de la pensée occidentale, tel est l’objet
de cette quête

En Quête de Paul - Thèse de doctorat de Yves Maris





Cathares, catharisme, philosophie cathare