La chaîne cathare


Année 2007


Chaîne cathare de l'année 2007


Pour les correspondants qui le souhaitent,
l'adresse email et le nom sont communiqués de façon à lier des contacts.

Question de Bert Esser,
et réponse de Yves Maris

(Décembre 2007)

Question : Est-ce que Noël était une fête spéciale pour les cathares ?


Réponse : Posons les principes.

Le jour anniversaire du soleil fut impérialement décrété à Rome à la fin du IIe siècle. Le 25 décembre apparut comme date naturelle, retour de l’astre pour l’hémisphère nord. Le solstice d’hiver marquait la victoire de la lumière sur les ténèbres. C’était le jour de Mithra, le dieu de l’aurore né de la pierre comme le feu jaillit du silex. Liées à la religion des Mages, les liturgies trouvaient leur inspiration en Zoroastre. Le réformateur avait jadis consacré la première grotte cultuelle en l’honneur de Mithra.

Le mithraïsme gréco-romain se posait en concurrent du christianisme. Tertullien allait jusqu’à donner les mithraïstes en exemple aux chrétiens. Lorsque l’empereur Aurélien chercha à réunifier la conscience religieuse de l’Empire autour du culte du Sol inuictus, il s’en fallut de peu que le mithraïsme ne devint la religion officielle. Renan dira à ce propos : « Si le christianisme eût été arrêté dans sa croissance par quelque maladie mortelle, le monde eût été mithriaste. »

A la fin du IVe siècle, dans la continuité du concile de Nicée qui proclama la divinité de Jésus Christ, l’Eglise dominante institua la fête de la Nativité du Sauveur le 25 décembre pour effacer celle de Mithra : « Dans les ténèbres se lève la lumière. » (Ps. CXII, 4.) Jésus devait donc naître dans une grotte, au cœur de la nuit. A l’image de Mithra, il vainquait l’obscurité et portait la lumière qui renouvelle la vie. Le Christ apparut comme « la lumière des nations » (Is. XLIX, 6).

Les évangiles de l’enfance commencèrent à être rédigés, aussi merveilleux les uns que les autres. « Et Joseph dit à Marie de descendre de sa monture et d’entrer dans une caverne souterraine où la lumière n’avait jamais pénétré et où il n’y avait jamais eu de jour, car les ténèbres y avaient constamment demeuré. A L’entrée de Marie, toute la caverne resplendit d’une splendeur aussi éclatante que si le soleil y était. » (Evangile de la Nativité I, 13.) Les textes apocryphes recevaient l’assentiment de l’Eglise en quête d’une légende vraie : « Deux jours après la naissance du Seigneur, Marie quitta la grotte, entra dans une étable et déposa l’enfant dans une crèche, et le bœuf et l’âne, fléchissant les genoux, adorèrent celui-ci. » (Ps-Matthieu 14.)

Si l’on en croit l’Evangile de Matthieu, Jésus vit le jour sous le règne du roi de Judée Hérode le Grand (Mt. II, 1), qui mourut en l’an 4 av. J.-C. Selon l’Evangile de Luc, Jésus naquit peu de temps après l’édit de recensement de César Auguste, sous le gouvernorat de Quirinius (Luc II, 2). L’épigraphie atteste bien un recensement en l’an 8 av. J.-C., sous le règne d’Hérode le Grand, mais Quirinius n’était pas encore gouverneur de Syrie. Il y eut effectivement un recensement sous Quirinius, mais en l’an 6 ap. J.-C. Il semble que Luc ait fait une confusion et que Jésus naquît en l’an 8 ou 7 av. J.-C., au plus tard en l’an 5 av. J.-C. (voir Jn. VIII, 57) ; probablement au printemps, lorsque les bergers vivent aux champs (Luc II, 8) ; peut-être au moment de la Pâque, quand les pèlerins emplissent les auberges (Luc II, 7).


La conclusion vous appartient...
Pour nous, l’année solaire commence. Pour vous, dans l’hémisphère sud, ce sera le 25 juin...
Question de William Verrier,
et réponse de Yves Maris

(Décembre 2007)

Pourriez-vous m'orienter : pourquoi et comment aborder la prière, en tant que cathare ? Non la méditation, mais la simple prière.


Peut-il y avoir une prière cathare ? Si nous pensons à un mouvement de l’âme tendant à une relation spirituelle, mystique et silencieuse, avec l’Idée de Dieu, oui, certainement. Mais il ne peut s’agir en aucune façon d’élever des sentiments vers Dieu, seraient-ils d’amour ou de reconnaissance, ni des demandes.
Votre question est une occasion de revenir sur la dernière « dispute » publique que j’ai eue avec l’évêque de Pamiers, au cours de laquelle j’ai parlé du syndrome de Stockholm par analogie. On a observé que l’otage entretient souvent des relations paradoxales avec le terroriste qui le maintient prisonnier. Peu à peu, sachant que sa vie est entre les mains du geôlier, que le moindre confort dans son existence dépend de celui-ci, que le boire et le manger, la bonne santé, un pouce de liberté, résultent de sa bonne volonté, l’otage en appelle à sa pitié, à sa miséricorde. Il confesse qu’il n’est pas un méchant et que s’il a péché malgré lui, désormais il se repend. Il cherche les mots pour lui parler. Il le prie. Il le supplie. Il le remercie pour tout acte qui soulage son angoisse. Enfin libéré, il lui témoigne de la gratitude pour lui avoir sauvé la vie.

C’est la relation du maître et de l’esclave que les théologies classiques nous enseignent avec les mots qui la magnifient. Nous savons aussi que l’apôtre Paul brise cette dialectique en abrogeant la loi qui crée la relation. De même, le chrétien cathare rompt un tel attachement avec le Dieu créateur, dont il a conscience qu’il l’enferme sans espoir dans un corps de douleur et un monde de souffrance. Nous savons que notre rapport à ce Dieu de l’univers est disproportionné, que nous sommes irrémédiablement attachés à lui par notre incarnation (la volonté de vivre issue de la matière). Néanmoins, nous refusons de nous agenouiller et d’implorer ses bénédictions. Certes, puisqu’il est ici le maître, il peut arriver que nous nous sentions contraints de signer un pacte avec lui, à un moment plus terrible qu’un autre. Mais nous savons avec qui nous contractons.

Sur le long chemin de l’introuvable perfection, nous nous libérons peu à peu des excès de notre incarnation. Nous ne demandons rien au Dieu créateur que nous appelons Diable. Nous nous exerçons à diminuer les besoins de notre corps, à déposer les sens pour toucher l’intelligible pur, à tendre notre esprit vers l’Idée du Dieu inconnu. Nous cherchons à vaincre l’absence, à entrer en harmonie, à connaître une relation subtile, à nous envelopper dans l’esprit englobant. Nous n’accédons à cette transcendance que par la purification de l’âme, jusqu’à approcher le recueillement de l’esprit au terme de notre vie. Telle est notre prière.

NB : Je vous engage à relire le dernier chapitre du Manifeste qui donne une courte exégèse du « Notre Père » et montre que cette unique prière est un accomplissement que seuls les parfaits peuvent prononcer.

Billet de Jean Loussaif
et réponse de Yves Maris

(Novembre 2007)

A l'attention de Monsieur Yves Maris

Bonjour,

J'aimerais vous soumettre une interprétation sur la dualité et vous demander votre avis.

Le mal se voit. Cruauté, haine, cupidité, refus de l'autre… Tout ce mal est en nous ; il est le reflet de nos civilisations. Le bien, l'invisible, est une recherche, par la prière et la méditation, de la limpidité, de la transparence, de la pureté de nos âmes pour aller vers la lumière. C'est une interprétation peut-être simpliste de la dualité, mais c'est celle d'une réflexion qui m'a libéré pour un temps de mes soucis.


Cordialement,
Jean

Jean.loussaif@tele2.fr

Jean,

Merci de votre pensée.

De mon point de vue, le mal est la souffrance (le mal fait mal). Les normes morales ou les bonnes mœurs ne sauraient en donner une définition vraie, puisqu’elles revêtent un caractère pervers, de même que les lois, prêtes à justifier le mal et à contraindre. Le mal ne se voit pas nécessairement, les foules aveugles en sont la preuve. Je peux souffrir en silence et ma vie entière peut être une souffrance secrète. Le mal est en moi parce que j’ai mal, non parce que je suis haineux ou cupide. Par contre, ma haine et ma cupidité (en tant que principes) font mal à l’autre et je deviens un faiseur de mal, un suppôt du Diable.

Le mal qui est en nous trouve sa cause en notre nature première, en notre incarnation animale. « La civilisation », avec ses codes et ses lois, vient aggraver ce mal parce qu’elle est bâtie sur des valeurs liées à une volonté de vivre excessive (le pouvoir de conquérir, d’exploiter, d’acheter, de profiter). Le bien qui vient soulager l’excès de mal (la solidarité, les soins, l’entraide) n’est qu’un bien relatif, un moindre mal.

Le mal que nous connaissons a un caractère souverain puis qu’il est intrinsèquement lié à la vie (la vie fait mal). Il n’y a pas de vie sans tourments : souffrance de soi, souffrance des autres vivants consécutive à notre propre existence. Mais ce mal tyrannique éveille en moi l’Idée du bien suprême. Je ne peux le trouver qu’en me désincarnant, en me libérant de la part de souffrance que j’inflige aux autres, en me retirant humblement au dernier rang de la violence du monde. La méditation silencieuse (la coupure des sens) me mène le plus loin possible jusqu’aux abords du bien. « La lumière » est alors la vision des purs intelligibles et vous avez raison de dire qu’elle ne peut être atteinte que par la pureté de l’âme (l’âme vierge de sensations).

Nous devons sortir des normes morales. En notre monde, la dualité vraie n’exprime pas la contrariété du bien et du mal, mais l’opposition de la non-violence (le pur amour) et de la violence.

J’espère vous avoir donné une piste de réflexion et ne peux que vous conseiller la lecture du Manifeste. Elle devrait répondre à votre attente.


Bien cordialement,
Yves.
Lettre de William Verrier
et réponse de Yves Maris

(Novembre 2007)

Bonsoir M. Maris,

Je suis heureux de reprendre contact avec vous ce soir. Encore une fois, longue vie à votre site et félicitations pour tout ce qu'il nous offre et nous apporte. Cette petite missive, juste par besoin de conseils, de sagesse... Il y a peu, j'oeuvrais à devenir un peu plus cathare chaque jour ou, plutôt, je combattais ! Rempli d'assurance, je réussissais à me vaincre. Puis, le doute. Celui qui vous nettoie le tréfonds de l'âme, celui qui vous bouleverse, celui qui vous anéantit... A ce doute c'est alliée la peur. Une peur presque superstitieuse, qui s'immisce et qui me ferait croire que de vivre "mon" catharisme me porterait malheur, à moi-même, ainsi qu'à ma famille, ma femme, mes filles adorées. La peur que d'accuser la vie entraîne fatalement que cette dernière se détourne. Et, pourtant, ce même catharisme me tourmente au plus profond de mon être, en me montrant la révolte que mon âme doit suivre : celle de la vérité. Mais voilà ! Je suis faible et je ne sais plus. J'ai beau chercher à nouveau l'étincelle de l'entendement du bien, rien ! A nouveau l'alcool, la vie facile, les projets matérialistes qui font avancer si peu de temps et qui n'éliminent pas le noir décor de cette vie...


Merci de votre écoute.
Cordialement,
William

verrier.william@wanadoo.fr

William,

Merci de votre message au coeur d'une angoisse.
Je vois que vous allez trop vite, au risque de tomber comme un coureur fourbu. Chacun va à son rythme sur le chemin cathare, qui s'allonge, de toute façon, le temps de la vie. Nul n'est juge ni des autres, ni de soi-même. Certes, nous mesurons nos paroles et nos actes... et chacun purifie le discernement de sa conscience. Nous ne portons pas la faute de l'homme animal que nous sommes en venant au monde, mais il est de notre responsabilité de convertir nos vies en une création nouvelle, non plus passionnelle, mais aimante et spirituelle.
Ne faites violence, ni à vous-même, ni aux autres, ni, a fortiori, à ceux qui vous entourent. L'amour que l'on peut donner est d'abord en soi-même. Il n'y a pas d'interdit, mais une quête sans fin du pur amour (la non-violence) et de la vérité. Cherchez le bonheur dans le détachement du monde, peu à peu, sans contraintes impossibles, sans rien oublier de vos devoirs envers votre famille, de ce que vous devez à votre compagne et à vos filles. Vos responsabilités dans le monde constituent un empêchement, maintenant. Elles ne doivent cependant rien enlever à l'idée de liberté et à votre intention de convertir votre vie. Soyez pour vous-même un athlète de l'esprit et un entraîneur secret pour les autres. Les grandes décisions mûrissent lentement et, un jour, le temps vient où elles s'imposent.
Je ne vois pas qu'elle pourrait être la place du doute. De quoi pourrions-nous douter quand, comme le dit Socrate, nous ignorons tout de l'essentiel ? Pourtant, le questionnement sans fin ne doit pas nous empêcher d'aller vers l'accomplissement de nos vies, c'est-à-dire vers l'élévation de notre humanité. Embrassez avec amour ceux qui vous entourent.


Avec ma très cordiale amitié,
Yves.
Lettre de David Eliahou Cordova
et réponse de Yves Maris

(Novembre 2007)

Bonjour Monsieur Maris,

Je vous fais parvenir une invitation pour notre Assemblée générale de samedi prochain. Nous y allons traiter quelques points importants sur le futur de notre projet, qui commence à s'approcher de sa réalisation, si Dieu le veut.

J'ai vu un article dans La Dépêche sur votre dernier livre... J'espère qu'il éclairera d'une belle lumière le sentier des cherchants qui se sentent en résonance avec la spiritualité cathare. C'est un juif qui formule ce souhait pour vous et pour tous ceux qui sont en quête de la Lumière et la Vérité.


Avec un cordial Shalom,
David Eliahou Cordova

davidcordova2004@yahoo.fr

Cher ami,

Je vous remercie bien de votre aimable invitation.

Vous savez que mon cheminement cathare ne peut s'inscrire dans un cadre "réglementaire".

Néanmoins, j'aurai beaucoup de plaisir à venir partager le moment de vos agapes.


Très cordialement,
Yves Maris.
Lettre de Marcel Perrier, évêque de Pamiers
et réponse de Yves Maris

(Octobre 2007)

Cher Monsieur Yves Maris,

J’ai bien reçu votre livre « La Résurgence cathare – Le Manifeste » et je vous en remercie cordialement.

Trop occupé depuis bien des semaines, je n’ai pas encore lu tout le livre.

C’est vraiment, dans le ton, un manifeste, tout l’exposé est clair, concis, bien écrit. Le chapitre sur « La société du Diable » est particulièrement virulent !

Les cathares ont des convictions fortes. Je ne les partage pas toutes, mais le dialogue est tellement important.


Marcel Perrier
Evêque de Pamiers


Monseigneur,

Je vous remercie à mon tour pour votre aimable carte.

La semaine dernière, j’ai regardé avec bonheur les quatre épisodes de la vie de Karol Wojtyla, sur la chaîne Arte, mais aussi avec tristesse, car l’on ne voudrait pas que de tels hommes et de telles femmes (je pense à mère Térésa) disparaissent. Le film nous a montré une vie de sainteté édifiante que j’imagine fidèle à la réalité. Le sentiment de compassion et l’esprit de non-violence étaient présents à chaque instant de vie.

Pourtant, la question du mal, je veux dire de la souffrance, n’a jamais été posée, sinon, si je me souviens bien, lorsque la sœur de l’entourage du pape eut une phrase pour dire que la douleur aidait à la rédemption. Si la question (suggérée dans chaque scène) n’a pas été clairement posée, il me semble que cela vient de ce que la théologie classique ne donne pas de réponse satisfaisante, sachant que la modernité n’accepte pas les postulats ou les actes de foi qui heurtent la raison.

Le mal est dans la nature et les animaux ont mal comme les hommes. Pas un seul animal n’a été vu tout au long des cinq heures de biographie, ni même un arbre, si bien que l’excès de souffrance ne semblait avoir d’autre cause que l’homme, à la fois victime et agresseur (supposé libre de ses choix). Si l’on ne voit que l’homme, la question semble effectivement plus facile à résoudre. Mais l’homme est un animal (certes, sans la grâce du Christ et la perfection spirituelle qu’elle exige). Je veux dire que ses pulsions sont dans la nature de tous les êtres, dans tous les règnes, et les rares humains qui touchent à la perfection n’y changent rien.

La question du mal, intrinsèquement lié à la vie, ne peut recevoir réponse sans regarder en face ce principe transcendant que l’on appelle « la volonté de vivre » et qui n’a rien d’heureux, sauf à se dissimuler les faits en se chauffant les pieds au coin du feu.

Peut-être me ferez-vous le plaisir de vous annoncer à Roquefixade et viendrez-vous partager une aimable « dispute » privée. Je vous y invite cordialement.

Je vous prie de croire, Monseigneur, à ma très haute et très respectueuse considération.


Yves Maris
Billet de Pierre, de Helsbeca (Belgique)

(Octobre 2007)

Cher ami Yves,

Quelques mots qui me tiennent à cœur.

Puissions-nous, en gravissant les sentiers qui nous conduiront aux châteaux « cathares », ces citadelles de l’hérésie, puissions-nous nous souvenir que les cathares furent victimes de l’intolérance et que cette même intolérance justifie encore aujourd’hui de nombreuses exactions ; puissions-nous nous souvenir qu’on est toujours l’hérétique de quelqu’un et puissiez-vous affirmer avec moi, tous ensemble, que nous sommes tous des fils de cathares.

C’est lors d’une visite en Ariège, rencontrant moult personnes intéressées par le catharisme, que j’ai franchi le Rubicon me menant sur le chemin des cathares oubliés.


Amistat.

ptilleux@skynet.be
Lettre de Maurice, de Zaventem (Belgique)

(Octobre 2007)

Cher Mr. Maris,

En son temps, quel n’a pas du être l’effort fourni par Jésus, l’homme, pour apporter son message aux gens. Pour la plupart du temps à pied, au mieux assis sur dos d’âne, marchant pendant des heures de village en village, il trouvait encore l’énergie pour parler des heures entières. Offrant aux gens un soutien, une porte d’issue, un chemin à suivre pour ne pas se perdre dans la jungle parfois infernale de ce monde. Comme nous, 2000 années plus loin en 2007, cherchons encore et toujours. Aux temps actuels la technologie de la communication a acquis une dimension mondiale et, quand bien utilisée, représente un médium excellent pour transmettre les idées, les pensées. Plus besoin d’aller à pied ou à dos d’âne pour transmettre un message. Je me demande parfois ce que ferait Jésus s’il revenait parmi nous ici et maintenant ? Peut-être qu’il agirait exactement comme nous actuellement et avec les mêmes moyens de bord de notre ère. C’est dans le même contexte d’esprit que j’ai salué la réception de votre livre hier. La communication entre les humains c’est un des plus beaux aspects de notre existence en tant qu’être conscients dans ce monde parfois (très) cruel. Nous pouvons en discuter, en disputer, en parler entre nous à une échelle mondiale maintenant et essayer de comprendre. Merci encore, Mr. Maris, pour l’envoi rapide de votre livre et recevez ma sincère appréciation pour ce bel ouvrage spirituel.


Maurice

cavok@pandora.be
Lettre de Lucia, de Valencia (Espagne)

(Octobre 2007)

Estimado Yves:

Sí, gracias. Indudablemente, me es más fácil escribir en castellano. Entiendo bien el francés, pero me cuesta un poco hablarlo.

Haré caso de tus sugerencias respecto al orden de lectura.

En cuanto a mí, puedo decirte que el catarismo supuso un auténtico descubrimiento hace unos años. Compré un libro de René Nelli. En ese momento yo no estaba interesada en particular por los cátaros, sino por la historia medieval en general (estoy terminando el doctorado en Historia, con una tesis sobre el pensamiento de los judeo-conversos castellanos del siglo XV). A partir de entonces, leí muchos libros sobre el catarismo, y encontré en él muchas respuestas. Me interesó desde el punto de vista histórico, pero aún más desde el punto de vista religioso.

Yo, de algún modo, nunca había dejado de creer en Dios, pero llevaba mucho tiempo ´peleada` con Dios; nunca me satisfizo la respuesta católica al problema de la justificación de la existencia del mal en el mundo. No te peleas con alguien en cuya existencia no crees, así que supongo que nunca dejé de creer en Dios, pero eso no hacía sino aumentar la amargura. Ya sabes, las preguntas aquellas de Voltaire ante el terremoto de Lisboa.

Bien, yo encontré en el catarismo una respuesta satisfactoria a esas preguntas. Así pues, para mí el catarismo no es sólo un capítulo cerrado de la historia, sino una religión viva. Es mi religión. Una religión que no puedo compartir con nadie, pero que me devolvió la paz. Me reconcilió con Dios.

A veces, en alguna conversación, explico algún aspecto de la visión cátara del mundo, y, al menos en ocasiones, esa interpretación encuentra buena acogida, lo cual me alegra.

Creo, claro está, que, al tratarse de una teología que durante siglos no ha evolucionado, tiene aspectos que permanecen en un estadio primitivo que no se corresponde con la realidad actual. Pero, en lo esencial, me parece que sigue siendo válida.

Lamento que en los últimos años se haya convertido en una moda y haya sido objeto de todo tipo de travestismos. Las novelas pseudo-históricas, que tanto proliferan últimamente, usan y abusan del catarismo, y aparecen cátaros por todas partes, en un totum revolutum junto con templarios, griales, Marías Magdalenas, etc., etc.

Bueno, digamos que yo sigo creyendo que el catarismo es una religión viva A PESAR DE esa moda, que espero acabe pasando.

Por eso, me han despertado interés tus publicaciones sobre el catarismo en la actualidad. Me pareció que ¡por fin! encontraba una aproximación al catarismo actual que no estaba viciada por planteamientos estrictamente comerciales o por tergiversaciones que convierten a los cátaros en una especie de hippies avant-la-lettre, defensores del amor libre y la vida anárquica.

En fin, ahora no puedo extenderme mucho, porque estoy a punto de salir de viaje. Estaré un par de días fuera. Me gustaría que pudiéramos seguir hablando de esto.


Con afecto,
Lucía

belibaste@terra.es
Billet de Daniel, de Tournai (Belgique)

(Octobre 2007)

Cher ami,

Un très grand merci ! J'ai bien reçu Le Manifeste et la superbe dédicace.
Je suis ravi, et encore merci, et bravo, quel beau travail !


Daniel Taelman

daniel.taelman@gmail.com
Lettre de Florant Mercadier
et réponse de Yves Maris

(Octobre 2007)

Bonjour,

Passionné moi-même par l'histoire de Montségur, je suis tombé sur votre essai, Le Symbole de Montségur. Concernant les voyelles du Cant del Boièr (que je chante moi-même dans mon groupe), je vous transmets une théorie qui traine dans le milieu occitan depuis quelques temps déjà (sans doute l'avez-vous déjà, mais sait-on jamais) : ce serait l'abréviation de la phrase latine Austri Est Imperare Orbi Universo (dont le traduction, si je ne m'abuse, est : le Sud règnera sur le monde entier).

Quelques questions, cela dit :

  • Vous présentez Lo Cant del Boèir comme un chant cathare. Même si j'adhère à cette supposition, avez-vous des sources et des éléments qui confirmeraient cela ?
  • Que pensez-vous du cas Pierre-Roger de Mirepoix ? J'avoue que c'est ma petite marotte depuis pas mal d'années. Sa personalité, comme ses choix, m'ont toujours semblé pour le moins... ambiguës.
  • A ma connaissance, Pierre-Roger de Mirepoix n'a pas lui-même été interrogé par l'Inquisition (je n'en ai tout au moins pas trouvé d'éléments dans le fond Donat). Vous-même, avez-vous quelque chose à ce sujet ?
Amicalement,
Florant "Sarg" Mercadier

audreywinter@free.fr

Florant,

Merci de votre message.

Le chant des voyelles, comme interprétation des orbes célestes, est une base de la mystique orientale et méditerranéenne. On ne peut pas comparer un tel sens avec un vulgaire acronyme facile à composer.

"Lo Cant del Boièr" est un chant à clé. Pour en avoir déchiffré le langage crypté, il y a de nombreuses années, je crois effectivement que le chant est en réelle résonance avec les cathares de Montségur. Je voudrais bien publier l'exégèse du texte et en dévoiler le sens. Mais cela ne me semble pas possible tant que le mouvement cathare d'aujourd'hui n'est pas suffisamment puissant pour en assumer le dévoilement. Car il ne s'agit pas, à la fin, de quelque mystère éthéré, mais d'une réalité qu'il faudrait pouvoir sauvegarder...

Je ne peux répondre à vos questions sur Pierre-Roger de Mirepoix pour ne rien connaître d'autre que ce que les historiens ont rapporté. S'il ne comparut pas devant l'inquisition, je pense que cela faisait simplement parti des conditions de la reddition.


Bien cordialement,
Yves.
Lettre de Maurice, de Zaventem (Belgique)

(Octobre 2007)

Bonjour M. Maris,

C’est en 1998, lors d’un séjour en Ariège, que nous avons, mon épouse et moi, fait la connaissance de l’histoire du catharisme. C’était le 14 Juillet ; nous avons passé une après-midi au pied du Château de Roquefixade à la terrasse du Gîte d’Etape où je m’étais approfondi dans la lecture d’un volume de Roquebert titré « L’Epopée Cathare ». J’apprenais ainsi la triste histoire de Corba de Péreille, l’épouse de Ramon de Péreille, et de leur fille Esclarmonde brûlées ensemble sur le bûcher de Montségur, le 16 Mars 1244, avec les 205 autres Parfaits. Cette épopée m’avait fortement impressionné et c’est ainsi que, en même temps que la littérature sur le sujet, j’ai trouvé votre site web sur l’Internet. Je suis toujours avide de lire votre « Lettre de Roquefixade » et dans la dernière (N°10 du 26/9) je fus fort intéressé par votre dernier livre « Résurgence Cathare – Le Manifeste ». Vous pouvez donc m’envoyer...


Merci d’avance pour votre réponse.

cavok@pandora.be
Lettre de Jean-Pierre, de Raissac

(Octobre 2007)

Bonjour Yves,

De retour de voyage, je me suis plongé sur www.chemins-cathares.eu pour suivre l'histoire de notre route au travers des contacts que le site engendre.
Vu la richesse des textes publiés, il serait intéressant de pouvoir les télécharger en PDF pour les analyser plus facilement sur papier.
La semaine prochaine, je passerai à Roquefixade pour me procurer notre "Manifeste".

L'évocation de notre choix philosophique suscite la curiosité et l'étonnement de beaucoup des personnes rencontrées qui, après une conversation "explicative", comprennent mieux ce que représente le catharisme au XXIème siècle.


Amicalement,

peychou@gmail.com
Lettre de A. C.
et réponse de Yves Maris

(Octobre 2007)

Cher Yves,

En effet, vous n'aviez pas répondu à ma lettre du 1er août et, à mon tour, je réponds tardivement, suite à de nombreuses occupations. Parmi elles, ma soutenance qui s'est très bien passée et qui m'a permis d'obtenir un résultat parmi les meilleurs. Tout ce travail a donc trouvé récompense et j'espère qu'il pourra être utile à d'autres à l'avenir.

Je lis toujours avec intérêt les différentes Lettres de Roquefixade ainsi que les nouveautés. Or, une chose m'a frappée en lisant le dernier rêve que vous avez publié dans La clé des Songes, « Le lutin ». On peut aisément le mettre en relation, par exemple, avec le rêve « Asexué » et « Primitif ». Il me semble que c'est une dichotomie entre le matériel et le spirituel qui pointe là ; mais plus encore, si l’on considère que les rêves sont le reflet imagé de l'inconscient. Je m'interroge : avez-vous des doutes sur la voie que vous vous êtes choisie et pour laquelle vous vous investissez tant ? Douter est particulièrement humain, et l’on voit jusque dans les Evangiles que Jésus doute. Mais hors réflexion à caractère religieux, cette séparation du corps et de l'esprit qui apparaît dans ces rêves, me semble prendre une place d'alerte. Comme une voix intérieure qui guiderait vers ce qu'il y a de mieux, de plus sain et de préférable : la voie « naturelle », celle qui voit dans la vie, la génération, le charnel et le matériel, un bien et non un mal. Car ces rêves ne présentent pas cette double nature comme fondamentalement mauvaise ; il y a cette ambivalence troublante.

Ce qui m'a amenée à réfléchir sur le fait que nous sommes finalement laissés à nous-mêmes pour reconnaître la véritable nature de ce monde ; relève-t-il du Bien ? Est-il émanation du Mal ? In fine, nous élaborons des convictions fondées sur l'intellect, le ressenti, le spirituel ; mais comment savoir quel est le bon chemin ? Car, lorsqu'on regarde au-dehors, dans la nature, il semble bien qu'elle soit pleine de beauté. La vie est souffrance, mais elle est aussi joie et plaisirs. Et si ces plaisirs étaient bénéfiques, aussi longtemps que chacun en fait un usage bon et équilibré ? Voilà, en tous cas, les réflexions qui me sont venues, suite à la lecture de vos rêves. J'ai été d'autant plus frappée par le rêve du dévot de Dionysos qu'une partie de mon mémoire traitait des fidèles de ce dieu ancien. C'était un dieu qui figurait aussi une passion ; mais alors que les orphiques allaient dans un sens assez proche du dualisme cathare, le culte premier à Dionysos, antérieur à l'orphisme, mettait l'accent sur la transcendance de la souffrance et de la mort pour atteindre un état de bonheur perpétuel, autant sur terre qu'au-delà de la mort, et basé sur la sacralité des dons de la terre, en expérimentant et reconnaissant la présence du dieu en soi. Je serais heureuse d'avoir votre avis sur tout ceci.

Finalement, tout ceci rejoint mes propres questionnements : j'ai l'absolue conviction que la divinité réside bien dans l'homme, mais au-delà de cela, qu'en est-il ? Là-dessus, je ne pourrais pas m'exprimer réellement. J'ai la sensation que le monde, dans le sens de la nature, est profondément bon et empreint du même divin qui vit en nous, à d'autres échelles. Mais une autre « sensation » coexiste encore, difficilement exprimable, et qui fait que je reste invariablement liée au catharisme. Je ne saurais expliquer tout cela qui se situe hors de l'intelligible. La seule chose qui apparaît clairement est cette présence divine en l'être humain et la conviction d'un véritable Amour. J'espère que le temps me permettra de faire avancer peu à peu mon positionnement et de savoir où je me situe réellement.

J'ai vu que vous proposiez des retraites philosophiques à présent ; j'espère vraiment venir, c'est une très bonne idée. Peut être, après cette année-ci, quand, je l'espère, j'aurai obtenu, sinon l'agrégation, au moins le Capes d'histoire-géographie. De même, je me réjouis de la lecture de votre Manifeste qui ne tardera sûrement plus à arriver à présent.


Sincèrement,
A.


Chère A.,

Je suis heureux de votre diplôme brillamment obtenu et vous en félicite. Je ne doute pas que la suite de vos études connaisse d'identiques succès.

Vous vous doutez que l'ouverture d'une rubrique telle que « La clé des songes » n'était pas évidente. J'ai pensé que le site pouvait parfois présenter des difficultés de compréhension pour qui ne serait pas initié à la critique des textes ou qui, simplement, manquerait de solides bases bibliques. La retranscription des rêves propose une lecture plus aisée, récréative, même si la compréhension de la symbolique onirique n'est jamais évidente. C'est aussi une manière de se dévoiler à soi-même et aux autres. La question de l’authenticité du chercheur, de l'écrivain, du découvreur, rejoint celle de sa légitimité et peut toujours être posée. La clé des songes est une façon d'y répondre. Lorsque l'on décrypte la symbolique, que l’on pénètre le sens du rêve, l’on accède aux profondeurs de la pensée. Les rêves ne trompent pas, au contraire du discours qui a pour objet le sujet qui le prononce.

Le songe intitulé « Le lutin » peut effectivement être mis en relation avec « Asexué ». Le « Primitif » est très différent dans le sentiment et, je crois, dans la signification. J’y ai perçu quelque chose qui touche à ce mystère que l’on nomme « réincarnation ». Le lutin et Asexué n’opposent pas, comme vous le dites, le matériel et le spirituel, mais la sensualité et la tempérance ou le plaisir érotique et la chasteté. Néanmoins, je ne ressens aucunement cette contradiction dans ma pensée éveillée, qui ne connaît pas d’objection à mêler l’austérité à l’érotisme dans une perspective épicurienne (au sens philosophique). Je ne me sens pas tenu par une morale dont personne n’authentifiera jamais les fondements. Je crois, par contre, que la violence est le signe de l’erreur. Comme certains gnostiques qui pratiquaient la purification de leurs âmes par des rituels extravagants, je crois qu’une âme ouverte a, par définition, éliminé les barrières. Cela ne va pas sans blasphème et sans désobéissance. « Tout m’est permis, mais tout n’est pas utile. Tout m’est permis, mais rien n’aura pouvoir sur moi. » (1 Co VI, 12), dit l’apôtre. Il ajoute : « Tout est permis, mais tout n’édifie pas. » (1 Co X, 23) Seule, notre propre conscience, éclairée par l’esprit, discerne la valeur de chacun de nos actes et leur succession ordonnée vers l’initiation parfaite.

Vous avez dû maintenant recevoir mon ouvrage intitulé « Le Manifeste ». Je l’ai écrit avec une pensée affirmée et vous y trouverez réponses à vos questions sur la nature du mal et du bien ; je veux dire : la violence naturelle et la conversion non-violente. Je ne peux pas avoir de doute, dès lors que « je ne crois pas » à l’existence de Dieu (Dieu n’a pas de réalité dans le monde). Je ne peux pas avoir non plus de doute sur l'œuvre du Diable, puisque j’observe la souffrance et la misère du monde. Dieu m’est inconnu comme il l’était à Socrate. Mais je souffre de son absence et cette souffrance me tend vers le dépassement de mon être et la quête de l’esprit. Je ne doute pas que le bon chemin soit celui de la vérité (au sens scientifique et philosophique du terme) et du pur amour (la non-violence qui est aussi simplicité, c’est-à-dire perfection). Ce chemin se déroule nécessairement dans le monde de notre incarnation, tout au long de nos vies, des représentations sensibles aux réalités premières. Le bout du chemin est bien sûr au-delà…

C’est en faisant vivre en nous-mêmes cet esprit qui n’est pas du monde, que nous donnons vie aux cathares de toujours.


Avec ma cordiale amitié,
Yves.
Lettre de Monique Segala
et réponse de Yves Maris

(Septembre 2007)

"Votre site est super ! Simplicité graphique... ça change des autres sites. J'aime beaucoup le style épuré. Depuis que je l'ai reçu (par e.mail) je n'en décolle pas... J'avais adhéré au Club Cathare (est-ce ainsi que vous avez eu mon adresse e.mail ? ).
J'ai une question à vous poser : je suppose que vous connaissez "La Bible dévoilée" d'I. Finkelstein et N.A. Silberman ; ne pensez-vous pas que cela remette en cause bien des écrits, pensées, révélations ?
L'archéologie enlève toute crédibilité aux Ecrits... Ma soeur, prof. d'histoire en lycée, a fait sa maîtrise à Toulouse et moi j'ai été dégoûtée de faire psychologie !...
Mais j'arrête là et ne veux ni vous ennuyer ni vous faire perdre votre temps. Si je pouvais j'irais chez vous. Je vous commande "Le Manifeste". Toutes mes amitiés et bravo pour votre travail."


Mjaysegal@aol.com

Monique,

Merci de votre gentil message.

Vous trouverez plusieurs lectures critiques de la Vieille Bible sur le site. Elle s'inscrivent dans la ligne de vos références. Outre La Bible dévoilée (Paris 2002, pour la traduction française), Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman ont publié dernièrement Les rois sacrés de la Bible (Paris 2006). Ce sont d'excellentes lectures. Un cathare en quête de vérité ne peut pas les ignorer.
J'ai effectivement retrouvé votre adresse dans le club cathare. Il n'a malheureusement plus d'activité et je me suis dit qu'il serait peut-être dommage que vous ignoriez l'existence de chemins-cathares.eu... J'ai pris la liberté de vous adresser la dernière Lettre de Roquefixade. Je crois que j'ai bien fait... Au fond, que signifie "si je pouvais" ?


Au plaisir de vous rencontre bientôt,

Bien à vous,
Yves.
Lettre de Guy-Christian Esclamadon
et réponse de Yves Maris

(Septembre 2007)

"Connaissez-vous l'oeuvre philosophique de Raymond Abellio et, si oui, qu'en pensez-vous (globalement, bien entendu) ?
Merci de bien vouloir me répondre, si vos occupations le permettent."

Salutations distinguées,


G. Ch. E.
guy-christian.esclamadon@wanadoo.fr

Cher Ami,

J'ai lu attentivement "La structure absolue" de Raymond Abellio, il y a une vingtaine d'années, et parcouru plus rapidement le "Manifeste de la gnose". Ces lectures sont un peu loin pour que je vous en dise quelque chose de précis. Je pense être venu à R. Abellio après avoir lu l'oeuvre de Raymond Ruyer ("La gnose de Princeton"...). Ce sont (encore) des lectures indispensables pour comprendre la modernité de la pensée gnostique. J'ai également lu les entretiens avec M.-T. de Brosses, intitulés : "De la politique à la gnose". Dans ce dernier recueil, j'ai relevé que R. Abellio disait : "Ma mère était sans le savoir très mystique, une sorte de cathare descendue des hautes terres d'Ariège dont elle était originaire."... Je ne peux que vous encourager à entendre une si brillante pensée.


Heureux d'avoir eu de vos nouvelles.

Bien à vous,
Yves
Lettre de Maria, de Tauranga (NZ)

(Août 2007)

Dear Yves,

Greetings from New Zeland. Here is the book I promised to send you (The Field). I hope that your english is good enough to read it ant that you may find some interest.
It is my pleasure to say that I have been returning to vegetarian since meeting you. I was touched by our meeting and think of you at Roquefixade often. It was an honour to meet you.

Much love and light,


Maria Drum
99a Princess Rd
Bellevue
Tauranga - NZ

Lettre de Joan de Poncernaut

(Août 2007)

M. Maris de Roquefixade,

Je suis croyant cathare depuis 25 années et j'ai récemment appris votre existence par le biais de www.cathares.org. Je suis handicapé, en fauteuil roulant électrique, atteint d'une myopathie évolutive qui touche les membres inférieurs et supérieurs et je suis en fauteuil depuis 10 ans. Mais la vie reste très belle, je ne baisse jamais les bras et j'ai une grande joie de vivre ; j'ai une immense foi en Dieu, le dieu "Bon".

Je voudrais, par la présente lettre, vous commander vos trois livres et le DVD de la 2e Dispute de Roquefixade.


Soyez assuré, M. Maris, de toute mon amitié.

Jean-Marc Foulon de Poncernaut
Bois La Garenne
32450 Saramon

Lettre de A.

(Juillet 2007)

Cher Yves,

Voilà un petit moment maintenant que je vous ai écrit, et je peux vous assurer que je n'ai pas perdu le fil des nouveautés du Site, ni des lettres mensuelles de Roquefixade. J'ai longtemps espéré pouvoir me libérer pour cette date, et venir assister à la "Dispute" du 4 août. Oui, j'aurais vraiment voulu me joindre à l'assemblée, parmi le "camp cathare", puisque vous dites, dans votre dernière Lettre de Roquefixade, que chaque confession épaulera son représentant.

Soyez assuré que, ce jour-là, mes pensées seront tournées vers vous et que je vous souhaite un bel échange. Peut-être cette opportunité se représentera-t-elle à l'avenir, et pourrais-je alors venir y assister moi-même. J'espère que vous donnerez un compte-rendu de cet après-midi, afin que moi et d'autres lecteurs, qui n'auront pas eu la chance d'y assister, puissions en avoir un écho.

Dans une autre Lettre, vous parliez d'un nouveau livre. Je pense qu'il sera aussi possible de le commander auprès de vous. Pourriez-vous me dire ce qu'il en est, et quand pensez-vous qu'il sera possible d'en faire la commande ?


Mes amitiés spirituelles,
A.

Lettre de Tristan, de Toulouse

(Juillet 2007)

Je suis Tristan, de Toulouse, un grand admiratif de la pensée cathare.

Je viens de finir un livre intitulé "Cathares", d'Anne Brenon. Un livre fort instructif. Plus j'avance dans ces lectures et plus elles me séduisent. Je n'ai que 23 ans et je fus un piètre chrétien ! Pourtant, ces bon hommes et ces bonnes femmes me donnent vraiment confiance. Leurs paroles sont pour moi limpides et claires. Je continue donc à m'instruire sur eux et leur culture, leur philosophie qui, de plus en plus, guide mes pas et mes choix.
Je suis aussi un très grand amoureux de l'Occitanie qui est pour moi une dynamique. J'organise, dès que je peux, des sorties vers Montségur où je me sens plus proche d'eux, de leurs souffrances, de leurs combats.

Merci de continuer à faire vivre cette philosophie et cette religion, pour ceux qui, comme moi, la recherchent.


Bonne continuation,
Tristan

public@public.net
Letter from Bert ESSER and Maria DRUM (NZ)

(Juillet 2007)

Dear Yves,

I am Bert who visited you with Maria a couple of weeks ago. We are back home from our wonderful trip through France and Italy.

May I call you friend, since what I took with me after the nice visit is a strong bond of friendship, probably from the past.

It feels as if we know each other for a long time, and of course our bond is through the Cathars, I am sure. The time when we stayed at your loverly place was too short to get to know each other, but it was most pleasant also for Maria. She sends you her love. It was a privilege to meet you, also because we were looking for old traces or signs of that 14th century life of the blessed people, and to meet you was a gift from heaven. Thank you for the nice evening we could spend with you, and the splendid stay at your place.

I am intending to send this week my little book to you "world history for regression therapists" in which you will find a chapter on the Cathars, but there will be nothing new to you in it.

Actually I would like to buy your first book. French is not that easy to understand, but my knowledge is enough to understand your subject. Tell me please how much I owe you and I will send the money from my Dutch account in Amsterdam. With you good luck in writing the second book. Once more: thanks for our stay at your place, it was really a privilege.


May God bless you, and give you what you need for your important investigations and studies on those noble people from the past.
Bert Esser and Maria Drum

bert.esser@xtra.co.nz
Lettre de Lise BOUCHARD

(Juillet 2007)

Monsieur,

Je viens de découvrir votre site en cherchant des informations sur le valentinisme.

J'y ai découvert des textes fort intéressants. Et je tiens à vous remercier de votre généreux partage. Médiéviste de formation, je veux toujours en savoir davantage sur les cathares et la gnose. Vos textes pertinents me sont très précieux. Comment vous en remercier ?


Bonne fin de journée et bonne continuité dans votre quête de la Vérité.
Lise BOUCHARD

bouber@sympatico.ca
Lettre de Josiane SYREN

(Juillet 2007)

Bonjour,

Votre site est un rêve et je ne peux qu'espérer... Auriez-vous encore deux chambres entre le 9 et le 17 août, même si ce ne sont que quelques jours ?

Nous sommes deux couples. Merci pour votre réponse.


Bonne soirée,
Josiane SYREN

jo.syren@dna.fr
Lettre de David Eliahou CORDOVA

(Juillet 2007)

Cher Monsieur,

Je viens d'ouvrir mon courrier... tout de suite j'ai envoyé votre "Lettre" à 24 ami(e)s pour qu'ils soient informés de la prochaine Dispute de Roquefixade.

Notre Association "Le Laurier Cathare" a élaboré un calendrier d'activités pour l'été, avec des conférences et circuits dans les châteaux cathares. Ainsi, samedi 18 août, le matin, nous comptons visiter le château de Roquefixade et nous aimerions, si c'est possible, avoir une rencontre avec vous. Je vous prie de me le faire savoir pour que nous puissions le mettre sur l'affiche, si vous êtes d'accord pour une conversation avec les visiteurs du château.

Elle devrait avoir lieu vers 11h00 ou 11h30, après la visite. Après, nous comptons manger au gîte de Roquefixade.


Très amicalement,
David Eliahou CORDOVA

davidcordova2004@Yahoo.fr
Lettre de Sébastien

(Juillet 2007)

Bien cher vous,

Dans la page web 02_03_raison_jean_baptiste.php, vous faites une citation de l'évangile de Jean (I, 29-34) : « Le lendemain Jésus regarde venir Jésus et il dit : [...] » (au milieu de la page environ).

C'est rigolo ce lapsus conflicto-citatoire, vous ne trouvez-pas ? À votre avis, combien d'année de psychanalyse faut-il pour résoudre ce genre de truc ? Aucune ? Juste un coup de gomme HTMLisante ? Mince alors ! J'y crois pas ! Pour un truc aussi sérieux que la rivalité Johanno-Christique, c'est presque décevant de simplicité.

Allez, votre site Web est une oasis de repos pour le grand angoissé de lumière que je suis. Et dans cette période où le soleil brille de tous ses feux, je me demande encore s'il est bien raisonnable de vous faire remarquer d'aussi petites choses avec autant d'arrogance...

Merci donc, dans tous les cas, de vos publications qui m'éclairent de bien des choses dans ces domaines encore pour moi bien (trop) inconnus.


Bien à vous,
Sébastien

smcj@hydraule.org
Lettre de Marie-Pierre, de Serviès (Tarn)

(Juin 2007)

Bonjour,

En recherche spirituelle depuis ma naissance, me semble-t-il, j'ai trouvé le site www.chemins-cathares.eu avec le sentiment d'atteindre enfin un but. J'ai alors pris contact avec Ruben Sartori par courriel, qui me conseille de prendre contact avec vous.

Perdue dans la confusion du monde et de mes diverses recherches, je ne sais plus où est le vrai et le faux, y compris dans la Bible.
J'ai lu quelques textes sur le catharisme, sur le net, qui expliquent encore autre chose que ce que j'ai déjà entendu et qui résonne en moi comme vérité, en accord avec ce que je pense et ressents depuis toujours.

Aujourd'hui, je voudrais que l'on m'explique, à travers les textes, ce qui se passe ici bas. Comment y faire face et poursuivre mon chemin spirituel correctement, dans la plus grande pureté que je serai capable de donner.

Faute de savoir, isolée, malmenée par le monde, je suis consciente que j'ai arrêté de ramer, et ce courriel envoyé à Ruben était vraiment mon dernier effort de lutte. Je cherche à comprendre et aussi à retrouver les miens. J'ai toujours senti qu'ils existaient, mais, dans l'obscurité, pas facile de les voir. Peut-être les ai-je cotoyés ou croisés sans les reconnaître...

Je serai présente lors de la conférence à Arzens le 05 juin, et, peut-être, accompagnée d'une amie spirituelle en recherche. Voilà, si vous pouvez me donner quelques conseils, m'aiguiller, ce serait avec grande joie.


Toutes mes pensées de coeur,
Marie-Pierre

marie-pierre.ferre@orange.fr
Lettre de Jean-Pierre, de Raissac

(Mai 2007)

Cher ami,

Nous nous sommes rencontrés le 3 décembre 2006 aux Forges de Pyrène. Nous avons entamé une conversation ; après la lecture du "Journal d'une initiée", j'aimerais la poursuivre. Ce livre fut pour moi une immense surprise et une grande joie car il retrace le chemin de ma propre quête menée depuis mon enfance. Je sais maintenant que je partage l'Esprit des premiers Chrétiens et que je puis, modestement mais fièrement, affirmer mon Catharisme dans ma vie quotidienne.

Jésus disait : « Que celui qui cherche soit toujours en quête jusqu'à ce qu'il trouve et, quand il aura trouvé, il sera dans le trouble, ayant été troublé, il s'émerveillera, il régnera sur Tout. » (Evangile de Thomas, logion 2)

« La conviction remplace la croyance. » (Précepte 19 - Journal d'une initiée)


A très bientôt, je l'espère.
Amicalement,
Jean Pierre, de Raissac

cancel.jean-pierre@wanadoo.fr
Lettre de Evelyne, de Castres

(Mai 2007)

Car Ives,

"Causa promesa, causa deguda", vaquí doncas la revirada de las paginas del vòstre siti. Vos devi dire que soi pas segura del sens de "il n'annonce pas la régénération de la chair, mais le rebut" : ai pas preses de risques e ai daissat lo meteis mot en occitan -qu'existís-, mas vos caldrà, un jorn, m'assabentar de çò que volètz dire.

Ai agachat, dos còps, lo DVD - probable que l'agacharai encara un còp de mai quand aurai léser - ; soi pivelada pels mots que vos servissètz e per las idèas que desvolopatz, son coma lo resson de quicòm que me sembla d'aver conegut de tostemps, levat que, per ieu, son de sentiments, de sensacions, de conviccions prigondas, que se pòdon pas aisidament revirar amb de mots- se lo poèma vos agradèt , aquò vòl dire que capitèri a far passar quicòm, e me fa plaser d'aver pas patit per pas res...

Un jorn, benlèu, - me fisi de la providéncia... -, vos presentarai un amic meu, filosòf coma vosaus - levat qu'el faguèt sa tèsi sus Bernanos e Sous le soleil de Satan -, es un catolic acarnassit, un teologian de tria e... un occitanista tanben. Ensajèri maites còps de far una bèrca dins sa coirassa, de fendasclar sas certituds, d'introduire lo dobte, mas ailàs, la batalha es pas a armas egalas ! Un jorn, doncas, aimariái que poguèssetz lo rencontrar e confrontar vòstres vejaires.

Vaquí ! Aquel mot serà l'escasença per vos de tornar far un pauc d'occitan abans d'anar prene de corses a Lavelanet ... En esperar lo plaser de vos tornar veire - benlèu a Masamet lo dotze de mai-, vos mandi mas amistats,


Evelyne, de Castres

ehoules@aol.com

Sòmi e eròis
A tu, lo cèl que las croses esquiçan al dessús de las glèisas,
Las naus ufanosas plantadas coma espinas dins la carn de ma tèrra,
E lo resson dels àngels a jamai presonièrs dins lo còr de la pèira ;
A tu, las certituds suavas dels veirials, los noms de sants de mos vilatges,
Lo perdon de l’istòria e l’alba bleuja dels venceires.
A ieu la paur pels camins, la nuèit ont cor la salvatgina,
Los planhs e los laments, los òsses que cruisson,
Lo còs espaventat, la foira de l’engèrd e la carn que grasilha ;
A ieu los martirs dels uèlhs cècs, dels membres supliciats,
De la lenga trencada, de la fe immolada.
A tu la candor del Domenge, sas mans jamai solhadas de fotre ni de sang,
Lo vèrb clavat dins la carcér dels mots, la paraula venguda dògma, l’espasa de justicia,
Las trèvas escalpradas a la proa de las catedralas,
Gardianas inutilas d’un vaissel de guèrra ensorrat.
Per ieu lo fèrre rosent de l’ira, lo dobte que rosega lo desvelh sens relambi,
Los vials tòrts e estreits de la quista d’aquels qu’agèron pas lors noms dedins los libres,
Dels eròis anonims qu’escriguèron lor vida en actes e paraulas -
Los doces, los umiles, los enterrats vius e mòrts desenterrats,
Per tu, mon doble, mon aimat, mon asirat, mon fraire,
L’autra mitat desconsolada de nòstra istòria, la plaga d’ont encara nòstra sang raja.
S’acaba pas jamai lo temps de la memòria, sota-tèrra camina
E sord coma una font de la glèva mairala ;
Uèit sègles an passats coma una alada dins l’etèrn,
Quantes encara aurem a esperar lo perdon per nòstras erràncias ?
Aicí sèm, de cada costat de la dralha :
Quand t’apèli, m’ausisses pas jamai, de tant qu’es fòrt encara lo tron de l’anatèma,
E se me porgisses la man, la paur anciana de l’arpada m’engarda de la prene.
Quora vendrà lo jorn que Ramon, Arnaud, Uc, Corba, Blanca, Esclarmonda,
Vos desrevelharetz d’aquela nuèit trevada de cachavièlhas e de rancòrs ?
E tu, quora caminaràs amb per sol menaire ton còr apasimat,
desliurat enfin de ta preson de mots, del vestit estequit per d’autres faiçonat ?
Quant de temps nos caldrà per escafar los eròis tristes del passat ?
Avèm que tròp patit, avèm plan pro pagat lo nòstre eissorbament
E si Dieu existís – bast’existiga : un pauc del teu,
Un pauc del meu, fòrça mai grand que las gàbias ont foguèt embarrat,
Que nos torne jónher, dos dins un – un buf e una carn, un vèrb, un esperit –
Que sèm las doas mitats d’un pòble escartairat ;
Qu’amb el s’acabe lo temps aule, que torne viure lo vièlh sòmi
D’un pòble sens cadenas, d’una fe sens castig ,d’una lenga d’amor.


Evelyne, de Castres

ehoules@aol.com
Lettre de Muntsa, de Barcelona

(Mai 2007)

Hola amics!

Em dic Muntsa i visc a Barcelona. He anat a passar la Pasqua a Montsegur, com l'oreneta retorna al seu cau quan el temps arriba.

Allà he tingut la gran sort i per casualitat -que ja no hi crec- d'anar a parar a Roquefixade, on he visitat el seu castell i conegut l'Yves Maris, qui a través d'una interessant conversa m'ha endinsat en el significat càtar d'alguns símbols molt importants per a mi.

En Yves va proposar de pujar al castell de Montsegur la nit del 2 d'abril, Lluna Plena de Pasqua. A l'ascensió ens van acompanyar l'Alícia i en Nic d'Anglaterra. Allà dalt, gairabé en contacte amb el cel, la neu cobria indrets del castell. La Pau i la Puresa eren manifestes. La Lluna es va deixar veure uns moments a través dels núvols, suficient per a omplir els nostres cors de joia i misteri.

La nit em va portar a la memòria una altra nit, a l'agost 2004 al camping Le Moulin prop del Pech de Bugarach, també de lluna plena, on es va anunciar el naixement proper del Mesies davant de més de cent persones reunides per l'Espèrit. Al dia següent un doble arc de Sant Martí va il.luminar la vall i un àguila va restar quieta a sota, amb les ales esteses.


Una abraçada,
Muntsa

muntsapel@hotmail.com

cathares, philosphie cathare, catharisme

Yves Maris, philosophe cathare
Yves MARIS
8 mai 1950 - 29 juillet 2009
Biographie


RESURGENCE CATHARE


Le Manifeste
Ouvrage présenté et recommandé
aux auditeurs de France Culture
par Michel Cazenave, producteur de
l'émission «Les Vivants et les Dieux»

Ouvrage sélectionné par la bibliothèque
de l'Université de Navarre (Espagne)
LE MANIFESTE CATHARE - Publications de Yves Maris



THESE DE DOCTORAT


En quête de Paul
L’affrontement de deux conceptions opposées
du monde au moment de l’émergence de
l’idée chrétienne fondatrice de la culture
et de la pensée occidentale, tel est l’objet
de cette quête

En Quête de Paul - Thèse de doctorat de Yves Maris





Cathares, catharisme, philosophie cathare