Yves Maris


Paradigme-sphinge: entre croyance et raison

En quête de vérité
Le bon équilibre entre croyance et raison

En quête de vérité, le bon équilibre entre croyance et raison

Ce texte n'a pas été écrit par un membre du coven, ni même par un sorcier ou païen. L'auteur est un chrétien, un hérétique, un cathare d'aujourd'hui. Cela pourra en étonner quelques-uns (en choquer si ça se trouve !), mais il semble que les chrétiens qui font la quête désintéressée du savoir soient bien meilleurs à ceux, païens, sorciers ou autres, qui veulent absolument que le monde corresponde à ce qu'ils se figurent. Chacun prêche pour son église (ou communauté, ou ce que vous voulez) mais faute de Vérité, il y a certaines grandes vérités. Notamment dans les démarches entreprises pour appréhender le monde, les choses, les connaissances. Il ne s'agit donc pas de s'occuper de la croyance de l'auteur, mais d'observer sa démarche, sa méthode, son idéal de rapport à la quête et au savoir.

En tant qu'humains en quête d'équilibre et non pas en tant que communauté dianique, nous sommes solidaires de sa démarche que nous appuyons et dont l'esprit correspond à notre démarche propre. Notre esprit de tolérance ne saurait s'arrêter au fait que ses croyances diffèrent des nôtres, et la sagesse de son discours nous conforte dans l'idée que la richesse se rencontre dans toutes les religions.


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« Pour nous, la vérité est d'un ordre différent. Elle ne procède d'aucune loi. La réalité des faits et la logique du discours fondent le vrai. Toute marche authentique franchit des degrés de vérité relative jusqu'à la connaissance scientifique que nous nommons la gnose. Il nous est commode, dans le parler courant, d'accorder la vérité à des propositions que les sciences déclarent fausses. Nous disons, par exemple, que le soleil se lève à l'Orient et se couche à l'Occident. Cet usage vient d'une époque où l'on ignorait tout du système solaire. Mais, dans le domaine de la conscience et de l'esprit, le langage de l'erreur ne convient pas. Il nous attache à des archaïsmes religieux, à des croyances ou à des opinions qui ont pour qualité première de ne pas avoir à être démontrées. Alors qu'il ne se trouve personne pour croire encore que le soleil tourne autour de la terre, il y a toujours des gens pour penser que Dieu écrivit de son doigt les tables de la loi ou que la raison du peuple fonde le droit.

Les sciences expliquent les relations astrales et les forces atomiques. Par une incessante recherche, elles accroissent le champ de notre réalité. Mais il est peu probable qu'elles parviennent à prouver l'existence ou l'inexistence de Dieu. C'est la raison pour laquelle les vieilles religions gardent des adeptes. Elles édifient des systèmes de pensée qui déterminent les notions d'erreur et de vérité à l'intérieur de leurs sphères idéologiques. Les mythes constituent des modèles à partir desquels le vrai et le faux sont établis. Les jugements sont relatifs à la doctrine. Certes, les sciences offrent également des systèmes relatifs. Les théories scientifiques ne sont pas vraies dans l'absolu. Elles se trouvent souvent relativisées, parfois écartées, complétées par de nouvelles théories, au fur et à mesure que les modèles s'affinent. Mais il s'agit ici d'un processus de connaissance universelle partagé par l'ensemble de l'humanité. Parce qu'elle repose sur l'assentiment de tous, l'universalité est le seul critère de vérité dont nous disposons. Cette affirmation ne saurait être contredite par ceux qui limitent leurs jugements à un système de pensée particulier et qui, par conséquent, se soustraient à la démonstration universelle. Quelles que soient leurs propres prétentions à l'universel, les théologies spéculatives proposent un discours circulaire propre à la révélation. Il ne s'inscrit pas dans le questionnement sans fin qui détermine la recherche de la connaissance et le développement des sciences.

La vérité est étroitement liée à l'amour. C'est en explorant la vérité que nous le trouvons. C'est en cherchant l'amour que nous la découvrons. Qui mettrait en doute la puissance de la vérité ? Or, croire en elle, c'est aussi croire en l'amour pur. La vérité est simplement ce qui existe, ce qui revêt une réalité. L'exactitude est donc une pratique de chaque instant. La vérité est la méthode qui conduit à l'amour et l'amour est celle qui conduit à la vérité. La fin et les moyens sont interchangeables.

Nul ne prétend jamais faire le mal sciemment. Le mensonge à soi-même et aux autres cherche à apaiser les consciences. Le plus méchant des hommes assure qu'il fait le bien ou qu'il rend justice. L'authenticité est la qualité de celui qui traque le mensonge en lui-même. Il n'est pas dupe de l'égarement du monde. Il le dévoile. Pour découvrir la vérité, nous devons atteindre un haut degré d'humilité et d'éveil de notre conscience. Nous devons connaître la science des choses et la logique du raisonnement. Une parole est fausse parce qu'elle ne correspond pas à la connaissance que l'humanité possède en partage. Une parole est erronée parce qu'elle s'inscrit dans un raisonnement faux. La vérité, ce n'est pas ce que nous croyons vrai. C'est ce qui est fondé par les sciences et le principe de non-contradiction. Le doute est au service de la rigueur. Il y a des choses que nous avons le droit de dire, d'autres que nous n'avons pas le droit de dire. Ai-je le savoir requis pour affirmer que telle chose est vraie ? Suis-je fondé à prononcer tel jugement ? Ne donné-je pas valeur universelle à une opinion personnelle ? Voilà les questions que nous devons toujours nous poser avant de parler. Pour pénétrer au cœur de la vérité, nous devons nous résoudre à une grande modestie. Qui parvient à la connaissance de la réalité du monde connaît enfin son ignorance !

Nous cheminons vers la vérité absolue par l'attention que nous portons à l'exactitude de nos propos. Nous sommes des chercheurs au quotidien. Il n'y a qu'une méthode pour approcher la vérité : ne jamais mentir ! Cela n'est pas aussi aisé que nous pourrions le croire. Le mensonge involontaire se cache dans nos paroles. Il s'appelle préjugé, spéculation, opinion reçue, contrevérité ... Celui qui découvre la vérité et accepte de s'y soumettre devient parfait. Il témoigne que l'esprit ne peut mentir. Il comprend que la vérité est liée à l'amour puisque le mensonge le contrarie. Celui-ci vient par intérêt. Il cherche le gain au détriment d'autrui. Il sert la haine et la violence. Il fait procès. Il nie la liberté. Certes, nous sommes imparfaits et nous ne connaîtrons finalement jamais la vérité. Mais nous avons déjà une connaissance suffisante pour éclairer nos pas.

Nous apprenons à découvrir la vérité dans les regards humains et les visages francs. Nous saisissons que l'authentique est aussi beauté et concordance. Si nos yeux sont sensibles, nous comprenons l'art véridique. Si nos oreilles sont fines, nous touchons aux secrets de l'harmonie musicale. Il n'y a pas de beauté en dehors du vrai. Et pourtant, la vérité peut se manifester à travers des formes apparemment dénuées de toute finesse. [...]

Un mensonge ne devient jamais une vérité parce que tout le monde y croit. Inversement, une vérité ne peut être un égarement parce que chacun en doute. Ce n'est pas du fait qu'un texte est ancien qu'il est vrai. Une idée n'est pas sans valeur parce qu'elle est nouvelle. L'esprit critique n'abdique pas face à la tradition. Il rejette toute religion étrangère à l'impératif du vrai. L'homme authentique n'agit pas toujours selon les us et coutumes. Il est capable de rupture. Mais la violence manifeste l'opposition. Là où elle se déploie réside le mensonge. Quant à nous, nous sommes des passionnés de l'amour et de la vérité ! »

(La Résurgence Cathare, Le Manifeste, Yves Maris, pp. 18-21, 2007)


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Yves Maris, philosophe cathare
Yves MARIS
8 mai 1950 - 29 juillet 2009
Biographie


RESURGENCE CATHARE


Le Manifeste
Ouvrage présenté et recommandé
aux auditeurs de France Culture
par Michel Cazenave, producteur de
l'émission «Les Vivants et les Dieux»

Ouvrage sélectionné par la bibliothèque
de l'Université de Navarre (Espagne)
LE MANIFESTE CATHARE - Publications de Yves Maris



THESE DE DOCTORAT


En quête de Paul
L’affrontement de deux conceptions opposées
du monde au moment de l’émergence de
l’idée chrétienne fondatrice de la culture
et de la pensée occidentale, tel est l’objet
de cette quête

En Quête de Paul - Thèse de doctorat de Yves Maris





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