Le roman pseudo-clémentin


Les reconnaissances - chapitre_5

IV - Les reconnaissances


Chapitre 5

Sur l’ignorance

e chapitre V des Reconnaissances est parallèle aux chapitres X et XI des Homélies. Nous ne reprenons qu’un bref passage sur l’ignorance.
Pierre revient sur l’enseignement de l’homme créé à l’image de Dieu. La guérison des maladies attestait l’inauguration du règne aux temps de Jésus. Pierre fait la part des hommes qui souffrent et celle de ceux qui guérissent. L’incroyance est la cause de la souffrance et la foi celle de la guérison. L’explication est la suivante : « L’incroyance, en refusant de croire au jugement à venir de Dieu, donne licence au péché, et le péché à son tour expose l’homme aux souffrances. La foi, quant à elle, croyant qu’il y aura un jugement de Dieu, contient l’homme loin du péché. » (Rec V, 3, 2.) L’homme de foi évite les maladies par une vie ascétique, des repas frugaux et végétariens, tandis que le païen fait bombance, se gorge de vin et se repaît de chair animale. La foi n’aide pas seulement le croyant à mener une vie saine, elle lui donne la faculté de guérir les autres : « Ceux qui ne pèchent pas non seulement sont affranchis des démons et des souffrances, mais encore peuvent chasser les démons et les souffrances des autres hommes. » (Ibid. 3, 3.) Pierre infère de ces faits « que l’origine du mal tout entier réside dans l’ignorance, et que c’est elle la mère de tous les maux » (Ibid. 4, 1). Il pourfend l’ignorance pour conclure sur une sentence platonicienne très inattendue : « Il n’y a rien de plus grave que de croire qu’on sait ce qu’on ignore, et de défendre pour vrai ce qui est faux. » (Ibid. 4, 3.) Tandis que Socrate fonde sa propre sagesse sur la connaissance de sa propre ignorance, Pierre se range avec ceux « qui savent » positivement, par opposition à ceux qui croient savoir. Mais les notions de vrai et de faux qu’il défend ne ressortent pas d’une logique à valeur universelle et ne se justifient que dans la sphère théologique en laquelle il se tient.

L’ignorance consiste à ne pas reconnaître le bien, c’est-à-dire ce qui est avantageux. L’intérêt de tout homme consiste à faire disparaître le désavantage que représente l’ignorance. Si la connaissance de la vérité ne peut être donnée que par le vrai Prophète, il reste que tout homme dispose du libre arbitre et que chacun peut choisir de ne pas entendre la parole qui guérit. La foi n’est liée à aucune force naturelle qui l’imposerait à l’homme. Mais le châtiment guette celui qui ayant reçu l’enseignement de vérité continuerait à gaspiller son existence « dans les chimères de ses erreurs » (Ibid. 7, 2). A l’inverse une récompense se prépare pour celui qui se lance dans la quête de la vérité et « règle désormais sa conduite en fonction de toutes les bonnes œuvres » (Ibid. 7, 4). Il se réjouit des trésors de sagesse qu’il découvre, « il a hâte d’arriver, le cœur pur et la conscience limpide, au monde à venir, où lui sera possible même de voir Dieu, roi de l’univers. » (Ibid. 7, 5).


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Yves Maris, philosophe cathare
Yves MARIS
8 mai 1950 - 29 juillet 2009
Biographie


RESURGENCE CATHARE


Le Manifeste
Ouvrage présenté et recommandé
aux auditeurs de France Culture
par Michel Cazenave, producteur de
l'émission «Les Vivants et les Dieux»

Ouvrage sélectionné par la bibliothèque
de l'Université de Navarre (Espagne)
LE MANIFESTE CATHARE - Publications de Yves Maris



THESE DE DOCTORAT


En quête de Paul
L’affrontement de deux conceptions opposées
du monde au moment de l’émergence de
l’idée chrétienne fondatrice de la culture
et de la pensée occidentale, tel est l’objet
de cette quête

En Quête de Paul - Thèse de doctorat de Yves Maris





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