Le chemin de Damas


Romains, XIII, 1-7

La dualité en l'homme

8 - Romains, XIII, 1-7

ue toute âme se soumette aux pouvoirs établis car il n'est de pouvoir que de Dieu et ceux qui existent sont imposés par Dieu, si bien que celui qui s'oppose au pouvoir s'oppose à la disposition de Dieu et les opposants seront condamnés. Car les chefs ne sont pas à craindre quand on agit bien mais quand on agit mal. » (Rm. XIII, 1-3)

La lecture de ces versets nous laisse pantois, mais plus encore l'idée que l'on ait pu si allègrement attribuer ceux-ci (avec grand soulagement sans doute) à la sagesse de l'apôtre. Qui sont ces « pouvoirs établis » auxquels le bon « Saint-Paul » demanderait tout à coup aux convertis de bien vouloir se soumettre ? Les « chefs abolis de ce siècle » ? (1 Co. II, 6). Eux qui n'ont aucune connaissance de cette « mystérieuse sagesse de Dieu » qui les condamne irrémédiablement ? (Ibid. 7). Bien sûr, ce sont eux ! Ceux-là même, dont Paul nous dit que s'ils avaient connu cette sagesse divine (Romains et Judéens) « ils n'auraient pas crucifié le Seigneur de gloire » (Ibid. 8). Pourquoi donc faudrait-il leur obéir et manquer à la foi ?

Si l'on suit bien le raisonnement (Rm. XIII, 1-2), l'on doit comprendre que le Sanhédrin élu de Dieu n'accomplit qu’œuvre divine en condamnant Jésus, suivant le pouvoir qui depuis le ciel lui aurait était justement confié ; que le Préfet de Rome n'en fut que la main providentielle ; que le soldat romain qui eût mal planté son clou eût été coupable, devant Dieu et l'Empereur, d'une illégitime compassion, sinon d’une grave rébellion ! Non, Paul n'appelle pas à l'obéissance envers des pouvoirs qui n'ont point de sagesse et jamais n'y atteindront ; car tout pouvoir sera aboli (1 Co. XV, 24) et « le temps se fait court » (1 Co. VII, 29 ; XV, 51).

Paul est révolté face « aux pouvoirs établis ». Il refuse toute « justice légale » (Php. III, 6-7). Pourchassé en Arabie, menacé en Judée, emprisonné en Grèce, enchaîné jusqu'à Rome, l'apôtre se montre « serviteur de Dieu par beaucoup de résistance, par des afflictions, des nécessités, des angoisses, des plaies, des emprisonnements » (2 Co. VI, 4-5). Des uns et des autres, il reçoit très légalement les jets de pierre (2 Co. XI, 25), les coups de trique (Ibid. 25) et les trente-neuf coups de fouet (Ibid. 24). Paul sert « le Dieu de la résistance » (Rm. XV, 5 ; V, 3 ; XII, 12) (2 Co. I, 6), non point le Dieu qui fonde les pouvoirs du siècle.

Les Actes de Paul relatent un interrogatoire de l'apôtre par le gouverneur d'Ephèse en ces termes : « Il interrogea Paul : "Pourquoi exposes-tu et enseignes-tu des doctrines que les rois ont condamnées et que le monde a rejetées ?" » (Ac. Paul IX, 12). Comment obéir aux rois, sinon en rangeant les doctrines ? La conversion est une rupture absolue d'avec la légalité. Jamais plus Paul ne servira les rois ou les grands prêtres (Php. III, 7). Il n'y a plus de pacte entre lui et Satan. Qui peut donc vouloir nous faire croire, encore et toujours, que l'apôtre en appelle à la soumission aux pouvoirs établis ?

L'idée majeure qui fonde la Communauté des Saints est que la création en ses contrastes relève totalement de l’œuvre divine. Dieu a assurément « créé les (deux) esprits de lumière et de ténèbres » (Règle III, 25). La perversion se trouve « dans la main de l'Ange des ténèbres. » (Ibid. 21) : « Bélial (et non Dieu) suscita Jannès et son frère, en son astuce. » (Damas V, 18-19). L'on sait que la création de l'adversité et l'usage que Dieu en fait ne relève que d’impénétrables mystères.

Il n’en demeure pas moins que la Communauté exilée et persécutée n'appelle à aucune obéissance ; sinon à la guerre, envers le roi ou l'empereur. Jusqu'au jour venu où le Messie viendra inaugurer le règne de Dieu : « Mépris pour les rois. » (Guerre XII, 7). Rien ne nous permet de penser que Paul renverse sur ce point l'enseignement essénien. Il ne peut que le radicaliser, puisqu'il ne reconnaît pas les lois qui font les rois. Rien n'échappe au Créateur : « Du Dieu des connaissances (provient) tout ce qui est et sera ; et, avant que (les êtres) ne fussent, il a établi tout leur plan, et, lorsqu'ils sont, c'est d'après leurs statuts, conformément à son plan glorieux, qu'ils accomplissent leur tâche, sans y rien changer. » (Règle III, 15-16). L'on retrouve effectivement l'idée « qu'il n'est de pouvoir que de Dieu » (Rm. XIII, 1) ; l'adversité, dont ces pouvoirs témoignent, devrait-elle trouver son origine en « une source de ténèbre » (Règle III, 19). Les Proverbes affirment déjà la maîtrise de Yhwh : « Par moi les rois règnent et les magistrats décrètent la justice. Par moi les princes gouvernent, ainsi que les nobles et tous les juges de la terre. » (Pr. VIII, 15-16).

Le Livre d'Isaïe enseigne que le Seigneur-Yhwh fit appel au roi des Assyriens Sennachérib pour châtier son peuple (Is. V, 26). Selon Jérémie, il fit appel au roi des Chaldéens Nabuchodonosor (Jr. XXI, 4). Il suscita Cyrus, le roi des Perses pour témoigner sa miséricorde et racheter son peuple (Is. XLV, 28-XLV, 1). Yhwh donne son sens à l'histoire en manipulant les pouvoirs qu'il a établis. De la même façon il y met le point final : « Bélial sera lâché contre Israël, ainsi que Dieu l'a dit par l'intermédiaire du prophète Isaïe (Is. XXIV, 17). » (Damas, IV, 13) ; « Il les visitera pour l'extermination par l'intermédiaire de Bélial. » (Ibid. VIII, 2). L'Empereur de Rome engagera la fin de l'histoire, le « Jour de la gran[de] bataille » (Guerre XIII, 14). Certes, « il est au service de la colère de Dieu. » (Rm. XIII, 4) (Ps. Sal. II, 22-25) et Bélial frappe lorsque Dieu en décide, « si on agit mal » (Rm. XIII, 4). Mais l'on remarque l'éloignement de Paul qui, contrairement au Maître de Justice, n'a jamais reconnu le châtiment de Dieu pour la faute (Rm. IV, 15) en tous les coups qu'il prit dans sa longue pérégrination d'apôtre du Christ.

Il faut se soumettre, nous dit-on, « à cause de la colère » (Rm. XIII, 5). Ce qui peut vouloir dire que les pouvoirs établis mettent Paul aux fers, parce qu'il a péché contre la loi (de Dieu) et que sa condamnation n'est que le juste châtiment de ses paroles ou de ses faits. Les magistrats de l'Empire peuvent ignorer qu'ils sont manipulés par le dieu des Hébreux. Nous devons cependant reconnaître que la loi de Dieu se confond alors avec la loi de l'Empire qui condamne l'apôtre ; sauf à dire que les Romains ne punissent pas pour ce qu'ils croient. Ne pas se soumettre à Rome constitue une aggravation du cas, un refus de la punition céleste ! La question est plus claire lorsque se sont les Hébreux qui châtient Paul, car en ce cas, il n'y a point de doute que leur loi, la Torah, coïncide avec la loi de Dieu. Nous voyons que nous sommes à l'inverse de la pensée de Paul.

L'on peut également voir dans le conseil, une argumentation d'ordre collectif : si vous ne vous soumettez pas, vous aurez la guerre ; c'est-à-dire, « la colère ». Votre intérêt est de composer et de vous tenir tranquilles. Or, Paul ne cherche jamais à éviter « le Jour de colère », qu'il appelle au contraire de ses vœux (Rm. II, 5), autant sans doute qu'il attend d'être débarrassé de son propre corps (Rm. VII, 24). L'on ne demande pas d'obéir aux rois lorsque l'on se tourne vers l'espérance de la fin des temps et que l'on est de surcroît persuadé qu'elle est imminente. L'obéissance est politique, la désobéissance, apocalyptique.

L'on doit également se soumettre, nous dit-on, « à cause de la conscience » (Rm. XIII, 5). Cela signifie que celui qui ne se soumet pas est gagné par un sentiment de mauvaise conscience, c'est-à-dire par le remords. Il faudrait donc penser que Paul ne se rend de bonne grâce à ses geôliers ou à ses tortionnaires qu'à cause de la transgression d'une loi dont il proclame l'abrogation ; afin d'éviter d'avoir mauvaise conscience en regard d'une autre loi qui ne relève point du droit des hommes (1 Co. II, 15) ! Le raisonnement devient trop absurde. Au demeurant, l'apôtre fuit le danger de l'autorité chaque fois qu'il le sent trop pressant : il échappe aux mains du roi Arétas (2 Co. XI, 33) ; il réchappe de la lapidation par les Hébreux (Ibid. 25), certainement pas des mains du dieu qu'il proclame. Paul ne reconnaît point la justice des hommes (1 Co. IV, 3) ; car « l'homme spirituel juge tout et n'est jugé par personne » (1 Co. II, 15).

Il semble plutôt que l'interpolation des versets 1-7 du chapitre XIII répond au problème posé par le paulinisme rebelle à un christianisme qui cherche à s'installer dans le siècle. L'on ne demande l'obéissance aux rois que lorsque l'on a cessé d'espérer l'imminence de la fin des temps. D'une « active résistance » face à l'ordre établi (2 Co. I, 7), l'on revient au paiement de l'impôt, aux relations financières, à la crainte de l'autorité et aux honneurs rendus (Rm. XIII, 7). Probablement faut-il voir dans la communauté pétrinienne et romaine l'origine de ce qu'il faut bien considérer comme une falsification perverse de la pensée de l'apôtre.

Citons la Première Epître de Pierre : « Soumettez-vous, à cause du Seigneur, à toutes les institutions humaines que ce soit le roi comme souverain ou les gouverneurs comme envoyés par lui pour châtier les malfaiteurs et louer les bienfaisants » (1 P. II, 13-14) ; « Honorez le roi. » (Ibid. 17). Quel roi ? est-on tenté de lui demander. L'Epître de Clément de Rome nous donne peut-être la réponse : « A ceux qui nous gouvernent et nous dirigent sur la terre (...) C'est toi, Seigneur, qui leur as donné le pouvoir d'exercer leur autorité, par ta force magnifique et ineffable, afin que sachant que c'est de toi qu'ils ont reçu leur gloire et l'honneur où nous les voyons, nous leur soyons soumis, bien loin de nous opposer à ta volonté. » (1 Clm. LXI, 1).

L’Epître à Tite, dont nous verrons que l’objet est de normaliser la pensée de Paul, surenchérit : « Rappelle-leur de se soumettre aux principautés et aux pouvoirs, et d'obéir, d'être prêts à toutes les bonnes oeuvres. » (Ti. III, 1). La contradiction avec la pensée de l’apôtre est ici d'autant plus flagrante que l'on revient aux bonnes œuvres selon le droit pour justifier l'homme.

Paul proclame une autre « volonté de Dieu » (Rm. XII, 2) (Mt. X, 17-18) : « Ne vous conformez pas à cet âge-ci » (Rm. XII, 2). Il enseigne : « [Jésus Christ] s'est donné pour nos péchés afin de nous arracher à ce mauvais âge présent selon la volonté de notre Dieu et Père. » (Ga. I, 4). Non, la meilleure façon d'échapper au monde n'est point de se soumettre aux pouvoirs qui l'édifient ! « Le langage de la croix » (1 Co. I, 18) ne se parle bien que dans la tradition paulinienne.

Laissons place au reniement de Képhas rapporté par les Memoria de Matthieu (Mt. XXVI, 69-75). En sus du discrédit qu'il jette sur la personne du disciple, il donne une indication forte : Képhas nie en effet qu'il était « avec Jésus le Nazaréen » (Ibid. 71). Il prononce même sa condamnation (Ibid. 74) ! Il s'écarte du rebelle afin d'affirmer sa propre soumission à l'ordre établi ! L'auteur ajoute le repentir (Ibid. 75) ; mais pouvons-nous le considérer comme sincère dès lors que le disciple demeure en son reniement ? La tradition matthéenne pardonne. Nous repérons la justification de ce pardon dans la Tossefta : « Rabbi Yosé : si quelqu'un pêche une, deux, trois fois, on lui pardonne ; mais pas s'il pêche quatre fois suivant Ex. XXXIV, 7 et Am. II, 1.» (Tf. Yoma V, 13). Néanmoins, les Memoria rapportent clairement : « Quiconque donc m'avouera devant les hommes, je l'avouerai moi aussi devant mon père qui est dans les cieux ; mais celui qui me renie devant les hommes, je le renierai moi aussi devant mon père qui est dans les cieux. » (Mt. X, 32-33).

Relevons que le statut de « Nazaréen » signe la rébellion. C’est ainsi que dans les Actes des Apôtres, l’orateur Tertullus accuse Paul devant le procurateur Félix, d’être « le chef de la secte des Nazaréens » (Ac. XXIV, 5). Cette accusation (selon les Actes) ne nous semble pas justifiée. Elle contribue à normaliser la relation entre Paul et Képhas.

Nous savons que les pauvres de la Communauté « [donne]nt la propriété de toute la [fortu]ne [qu'ils possèdent] » (Com. Ps. XXXVII, III, 10). Lorsque l'auteur des Memoria de Matthieu fait répondre à Jésus de rendre « à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » (Mt. XXII, 21), à la suite de l'interrogation au sujet du paiement de l'impôt, cela ne peut vouloir signifier qu'il faille payer l'impôt ; mais au contraire, que le Nazaréen n'a point d'impôt à payer parce qu'il n'a pas un sou vaillant. Si tel n'est point encore le cas, qu'il rende sa monnaie à César (pour l'image) ; sinon qu'il s'en défasse et la cède par charité : « Si tu veux être parfait, va-t'en, vends tes biens et donnes-en le prix aux pauvres. » (Mt. XIX, 21). Comment payer l'impôt lorsque l'on « ne [possède] ni or ni argent ni monnaie, dans [sa] ceinture » (Mt. X, 9) ? Pas davantage, pour Paul en ses pérégrinations, la question de l'impôt (Rm. XIII, 7) ne se pose (2 Co. XI, 27). Ses pensées sont loin du trésor public !

La Règle de la communauté enseigne aux membres de l'Alliance de ne rien accepter de la main des impies, « absolument rien, sans en payer le prix » (Règle V, 16-17). L'objet de l'interdiction réside dans la volonté de séparer la communauté de toute « oeuvre de vanité » (Ibid. 18-19), c'est-à-dire des affaires du monde. La liberté consiste toujours à payer comptant. Paul prolonge cet enseignement : « Ne devez rien à personne » (Rm. XIII, 8). C'est en effet à partir du verset 8 que nous retrouvons la logique de la pensée de l'apôtre (reprise de Rm. XII, 21 après le passage interpolé). Lorsque l'on écrit que toute facture comme tout impôt se paye (Rm. XIII, 7), l'on entre dans le commerce, l'établissement et la gestion du budget de l'Empire qui ne constituent nullement un souci apostolique, mais semblent bien représenter un intérêt pour les chefs de la communauté romaine, en vue de la normalisation de la voie.

Lorsque Paul désigne « les exploiteurs, les rapaces » (1 Co. V, 10 et VI, 10) (Com. Ha. XII, 10), disant que l'on ne peut éviter de les fréquenter, sauf à se retirer totalement du monde et, par conséquent, à ignorer la mission d'évangélisation qui est donnée à tout converti, il exprime un jugement, tant sur les pouvoirs politiques que sur les pouvoirs économiques, nécessairement liés, sur les marchands, les entrepreneurs, les publicains. L'on a peine à penser que les plus grands peuvent échapper à un jugement aussi vif, lorsque l'on sait que pour Paul la convoitise constitue le principe du mal et de l'incarnation (Rm. VI, 12 ; XIII, 14). Elle mène le monde (Ga. V, 16-17). Les affaires sont le lieu où se produisent et s'échangent les objets de toutes les convoitises. Paul se défend quant à lui de n'avoir jamais exploité personne (2 Co. VII, 2 ; XII, 17-18). Pour qui donc est-il demandé de témoigner honneur et crainte respectueuse (Rm . XIII, 7), sinon pour « les chefs abolis de ce siècle » ? (1 Co. II, 6). N'est-ce pas parce qu'ils sont exploiteurs et rapaces, accrochés à leur nature psychique, qu'ils sont rendus à leur néant ?

La liberté évangélique se définit clairement comme la libération de l'esclavage et de la crainte (Rm. VIII, 15) ; or, la colère de Dieu, ce sont toujours les rois de l'empire de Bélial qui l'expriment. Le converti ne se libère pas de l'angoisse de la Torah et de sa malédiction (Ga. III, 10) pour se ranger sous la crainte de nouveaux maîtres et de nouvelles lois. Il crie sa liberté en regardant le ciel.

Sans doute n'avons-nous pas la preuve matérielle indiscutable que le passage considéré est interpolé et l'on ne s'engagera pas ici dans une critique littéraire approfondie. Néanmoins, la pensée de Paul, telle qu'il la dévoile en ses lettres ou en ses actes, nous apparaît toujours contradictoire avec Rm. XIII, 1-7. Accepter pour authentique ce passage reviendrait à nier tout le reste :

« Nous parlons d'une mystérieuse sagesse de Dieu, celle qui a été cachée et qu'avant les siècles Dieu a prédestinée à notre gloire, celle qu'aucun des chefs de ce siècle n'a connue, car s'ils l'avaient connue, ils n'auraient pas crucifié le Seigneur de gloire. » (1 Co. II, 7-8)

« Car les chefs ne sont pas à craindre quand on agit bien mais quand on agit mal. Veux-tu ne pas craindre le pouvoir ? agis bien et il te louera, car il est au service de Dieu pour ton bien. Si tu agis mal crains-le, car ce n'est pas pour rien qu'il porte le sabre, il est au service de la colère de Dieu pour châtier si on agît mal. » (Rm. XIII, 3-4)

Au regard des « pouvoirs établis » (Ibid. 1), Paul cherche toujours à agir aussi « mal » que le Christ lui-même agit. Pas plus que ce dernier, il ne craint les chefs, les prêtres, et les rois. Il ne tremble point devant « le sabre », ou bien la croix, car « mourir est un gain » (Php. I, 21). Le faussaire de la Première Epître à Timothée ne convaincra pas les pauliniens, qui les exhorte ainsi : « Qu'on fasse demandes, prières, sollicitations et actions de grâces, pour (...) les rois et tous ceux qui ont quelque supériorité, pour que nous menions une vie calme et paisible, en toute piété et gravité. » (1 Ti. II, 1-2). L'évangile de Paul est ailleurs : « Au contraire, en tout, nous nous montrons serviteurs de Dieu par beaucoup de résistance, par des afflictions, des nécessités, des angoisses, des plaies, des emprisonnements, des troubles... » (2 Co. VI, 4-5). Le service de Dieu dessert les puissants et les rois. L'auteur de l'Epître ne convaincra pas davantage les Nazaréens : « Prenez garde aux hommes ; ils vous livreront aux sanhédrins, ils vous fouetteront dans leurs synagogues [2 Co. XI, 24] ; et à cause de moi, vous serez amenés devant des gouverneurs et des rois, en témoignage devant eux et les nations [Php. I, 12-14] (...) Et vous serez détestés de tous à cause de moi. Mais celui qui résistera jusqu'à la fin sera sauvé [Rm. V, 3]. Quand ils vous poursuivent dans telle ville, fuyez dans une autre [2 Co. XI, 33]. » (Mt. X, 17-23).


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Yves Maris, philosophe cathare
Yves MARIS
8 mai 1950 - 29 juillet 2009
Biographie


RESURGENCE CATHARE


Le Manifeste
Ouvrage présenté et recommandé
aux auditeurs de France Culture
par Michel Cazenave, producteur de
l'émission «Les Vivants et les Dieux»

Ouvrage sélectionné par la bibliothèque
de l'Université de Navarre (Espagne)
LE MANIFESTE CATHARE - Publications de Yves Maris



THESE DE DOCTORAT


En quête de Paul
L’affrontement de deux conceptions opposées
du monde au moment de l’émergence de
l’idée chrétienne fondatrice de la culture
et de la pensée occidentale, tel est l’objet
de cette quête

En Quête de Paul - Thèse de doctorat de Yves Maris





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