Le chemin de Damas


La chute d'Adam


La légalité est un principe satanique

01 - La chute d'adam

t comme par un seul homme le péché est entré dans le monde et, par le péché, la mort, et qu'ainsi la mort a passé à tous les hommes, du fait que tous ont péché... » (Rm. V, 12)

La première proposition enseigne que le péché et la mort sont entrés dans le monde du fait d’Adam. L'on attend, d’une seconde proposition, l’annonce que la grâce de l'esprit et la vie éternelle sont apportées par le Christ (Rm. V, 15) (1 Co. XV, 12). Mais l'apôtre s'interrompt. L'articulation entre la « loi du péché » (Rm. VII, 23), la Torah et la mort demande à être précisée. Il achève de dire que tous les hommes pèchent et meurent à la suite d'Adam. Il se rend compte de la difficulté. Chacun croit en effet (et la Tradition enseigne) que la mort de chacun est la conséquence immédiate de ses propres péchés (voir T.B. Chabbat 55b). Si l’incarnation d’Adam fonde la nécessité de la mort, comment peut-on soutenir encore que la mort résulte du péché de chacun ? Paul répond que le péché est attaché au corps autant que la mort elle-même. L’on peut mourir d’avoir péché, mais l’on peut également mourir sans péché, par la seule faute d’Adam. Tel est l’enseignement de Jésus. L’apôtre bute sur la question induite : comment le péché, peut-il se trouver dans un monde (le monde de la chute) qui ignore (encore) la Torah ? Ne vient-il pas d'affirmer que la transgression est inéluctablement liée à la loi ? (Rm. IV, 15).

Le péché ne revêtait point son aspect juridique avant que la Torah ne fût proclamée (Rm. V, 13). L'on sait par ailleurs que la loi de Moïse a la particularité de trouver sa propre vigueur dans le péché de l'homme (Rm. VII, 8) (1 Co. XV, 56). La loi favorise la convoitise en donnant le prétexte du droit. Elle institue le pouvoir de convoiter. L'on peut raisonnablement inférer que sans le péché il n'y a point de Torah, autant que sans la Torah il n'y a point de péché (légal) (Rm. IV, 15 ; VII, 8). La loi extérieure apparaît en effet comme « le service de la mort » (2 Co. III, 7), et donc du péché, puisque de celui-ci la mort est la conséquence. La Torah constitue l'architecture légale d'un monde qu'il faut rendre au néant ! Elle maintient les hommes dans l'esclavage du péché. Elle les laisse dans l'ignorance de leur origine céleste, les leurre par une vaine espérance terrestre (Rm. VIII, 20).

L'idée paulinienne que la Torah reste sans effet pour éliminer le mal se retrouve dans le dialogue avec l'ange au Quatrième Livre d'Esdras (que l'on date habituellement de la fin du 1er siècle). L'auteur rapporte les faits : « Et tu lui donnas un seul commandement (à Adam). Mais il le négligea et tu établis aussitôt la mort pour lui et ses descendants [Rm. V, 12]. » (4 Esd. III, 7). Après le rappel de l'épisode de Noé et celui d'Abraham, « Salathiel qu'on appelle aussi Esdras » (Ibid. 1) poursuit : « Puis, lorsque tu fis sortir sa postérité d'Egypte, tu la conduisis sur le mont Sinaï (...) pour donner la loi à la race de Jacob et les commandements à la postérité d'Israël. Mais tu n'ôtas pas d'eux le cœur mauvais pour que la loi portât du fruit en eux [Rm. VI, 21 et VII, 5]. Car c'est le cœur mauvais qu'il portait qui fit désobéir Adam le premier : il fut vaincu et toute sa descendance avec lui. Cette plaie s'est perpétuée : la loi rencontre la racine du mal dans le cœur du peuple. Ainsi disparut le bien et demeura le mal. » (Ibid. 17-22)

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Salathiel conclut sa thèse en disant que seul l'homme, en son individualité, peut répondre à la volonté divine, certainement pas le peuple qui ne peut connaître que la seule loi (positive) : « Sans doute trouveras-tu des hommes de renom qui ont gardé tes commandements [Rm. I, 30], mais des peuples, tu n'en trouveras pas. » (Ibid. 36). En sa désespérance, il ajoute : « Il eût mieux valu que la terre ne produisit pas Adam, ou que, l'ayant déjà produit, elle l'empêchât de pécher (...) O toi, Adam, qu'as-tu fait ? » (4 Esd. VII, 118). Mais « l'ange répondit : "C'est la loi du combat que doit soutenir l'homme, né sur la terre" (...) C'est cette voie dont Moïse a parlé de son vivant, lorsqu'il a dit au peuple : "Choisis la vie, afin que tu vives." » (Ibid. 127-129).

Sur un ton polémique, l'on peut lire différemment dans l'Apocalypse Syriaque de Baruch (écrit contemporain de 4 Esd.) que la Torah a donné au peuple hébreu le choix de faire le bien : « Il est donc juste que périssent ceux qui n'ont pas aimé la loi, et que le supplice du jugement saisisse ceux qui ne se sont pas soumis à ta domination. Si en effet, Adam a péché le premier et a amené la mort sur tous ceux qui n'existaient pas en son temps [Rm. V, 12], cependant, parmi ceux qui sont nés de lui, chacun a préparé pour lui-même le supplice à venir, ou bien choisi pour lui-même les gloires futures. » (2 Ba. 14-15).

Délions les termes de Rm. V, 12 afin de mieux comprendre le sens de la pensée paulinienne. « Un seul homme » : il s'agit d'Adam (Gn. II, 7). « Une âme-vivante » (mais mortelle) par opposition à « un esprit qui fait vivre » (éternellement) (1 Co. XV, 45). Adam est essentiellement l'homme psychique (terrestre) à l'instant ou, par lui, « le péché [entre] dans le monde » (Rm. V, 12). Il s'oppose indubitablement à l'homme spirituel (céleste) (1 Co. XV, 45). Le lieu « monde » se déploie avec « le premier homme, Adam » (Ibid. 45) et se clôt avec « le dernier Adam » (le Christ) (Ibid. 45). « Le péché est entré dans le monde » avec l'homme naturel (psychique) (Rm. VII, 17, 20, 23). Adam emporte le péché en sa chute. Parce que le péché est en lui, il est dès lors, lui-même, dans le monde.

La matérialisation de la création s’exprime par le terme « destructible » (1 Co. XV, 53). La concrétion suit l’événement fabuleux que constitue la désobéissance à la loi de Dieu (la loi de l'esprit). La création entière s’épaissit. Elle se trouve soudainement soumise aux même conditions terrestres que l'Adam incarné (Rm. VIII, 20). Elle l’accompagne comme l’environnement naturel de l’abîme. Les conséquences de la chute dépassent la génération d'Adam, elles revêtent une amplitude cosmique imagée par le « réalisme » hébreu : « Que le sol soit maudit à cause de toi, qu'il produise des épines et des ronces. » (Jub. III, 25) ; « [Le jour où Adam quitta le jardin d'Eden], se ferma la bouche de tous les animaux sauvages et domestiques, des oiseaux, de tout ce qui marche et de tout ce qui rampe (...) (Dieu) expulsa du jardin d'Eden tous les êtres de chair qui s'y trouvaient ; tous les êtres de chair furent disséminés dans les lieux qui avaient été créés pour chacun d'eux, selon leur espèce et leur nature. » (Ibid. 28-29). L'on sait alors que, par la faute des anges, « la terre entière a été dévastée par les oeuvres apprises d'Azaël. » (1 Hén. X, 8) ; « Et la terre crie à cause de la calamité survenue dans le monde. » (Hy. III, 32-33). « La création a été soumise. » (Rm. VIII, 20).

Lorsque Paul s'interrompt à la fin de Rm. V, 12, il vient de dire que « la mort a passé à tous les hommes ». Par l'acte de chair et la génération des corps, le péché et la mort se sont épanouis. Tous les hommes viennent au monde revêtus de ce même « corps du péché » (Rm. VI, 6) ou « corps de cette mort » (Ibid. VII, 24). Voilà l’héritage d'Adam ! « Tous [les hommes] ont péché » (Rm. V, 12), parce que le péché est dans leur nature terrestre. C'est en changeant de nature, en retrouvant leurs corps célestes, que les hommes ne pécheront plus et vaincront la mort (1 Co. XV, 54). Relevons l'illustration de l'Ascension d'Isaïe : « Lorsque de la chair étrangère, par l'ange de l'esprit tu monteras ici, alors, tu recevras le vêtement que tu verras -et tu verras également d'autres vêtements comptés, déposés-, et alors tu seras égal aux anges qui sont au septième ciel. » (Asc. Is. VIII, 14-15) (Mt. XXII, 30).

Le rapprochement antinomique d'Adam et du Christ attribue à ces deux personnages mythiques une même universalité dans leur rôle d'initiateur. « Comme par un seul homme le péché est entré dans le monde et, par le péché, la mort » (Rm. V, 12), « à plus forte raison la grâce de Dieu et le don ont-ils, par la grâce d'un seul homme, Jésus Christ, abondé sur beaucoup » (Ibid. 15). Adam est l'initiateur du monde terrestre (Ibid. 12). Il représente déjà « l'empreinte de celui qui devait venir » racheter les hommes de l'esclavage du péché et de la mort (Ibid. 14). La fin de l’aventure terrestre est inscrite dans son commencement. La dimension universelle de l'éon est donnée, Jésus Christ est à la fois le dernier homme terrestre (1 Co. XV, 45) et le premier homme céleste de la « création nouvelle » (2 Co. V, 17).

Nous sommes ici dans la plus parfaite contradiction avec l'enseignement des Esséniens. Ceux-ci revendiquent la génération d'Adam et son rétablissement dans la domination de la terre : « Les convertis du désert, qui vivront mille générations dans la droiture, et à eux appartiendra tout l'héritage d'Adam, ainsi qu'à leur postérité à jamais. » (Com. Ps. XXXVII, III, 1-2). Pour eux, en effet, l'homme terrestre est fils de Dieu à part entière. Le paradis lui reviendra, une fois la création rétablie en sa pure nature divine. Le « péché primitif (originel) » (Hy. IX, 13) d'Adam ne relève que de l’ingénuité. Ne connaissant pas le mal, Adam ignorait les conséquences de son choix. Il savait pourtant qu'il désobéissait. Suivant la tradition de la chute des anges, ceux-ci étaient au contraire avertis de leurs actes et de « la chose » (1 Hén. VI, 3-4).

Paul évoque les « corps célestes » en contraste avec les « corps terrestres » (1 Co. XV, 40), le « corps spirituel » en opposition avec le « corps animal » (Ibid. 44). Bien qu’il ne nous dise rien de l'homme céleste, nous comprenons toutefois qu’il fut une créature spirituelle avant la chute. Le Roman de Joseph et Aséneth donne à voir un homme venant du ciel (Jos. As. XIII, 4), que l'on peut reconnaître comme l'archange Michel (Ibid. 7). Les anges semblent des hommes célestes. Ainsi, Jean le Baptiste peut-il être assimilé à un ange (Mt. XI, 10) ; également, le fils de l'homme viendra avec ses anges (Mt. XVI, 27). Il semble que l'on trouve en Matthieu l'idée de l'ange tutélaire : « Leurs anges (de ces petits-là) dans les cieux regardent sans cesse la face de mon père. » (Mt. XVIII, 10). Cette idée est forte dans le Roman de Joseph et Aséneth : « [Aséneth] leva les yeux et voici qu'elle vit : un homme en tous points semblable à Joseph quant à la robe, à la couronne et au sceptre royal. Cependant, son visage était comme l'éclair, ses yeux comme l'éclat du soleil, les cheveux de sa tête comme une flamme ardente, et ses mains et ses pieds comme du fer en fusion. » (Jos. As. XIV, 8-9). « [A la résurrection], on est comme des anges dans le ciel », enseignent les Memoria de Matthieu (Mt. XXII, 30). Notons enfin l'expression « Hommes célestes » dans le Testament d'Abraham (Test. Abr. V, 4).

L'Adam que Paul met en scène est (déjà) l'homme terrestre de la Genèse (1 Co. XV, 47) : « une âme-vivante » (Ibid. 45) soumise au péché et à la mort. Néanmoins, cette mort, qui se perpétue par sa descendance comme l'effet de la désobéissance (Rm. V, 19), ne peut ressortir pour chacun de l'ordre de la sanction. Ce serait trop inconséquent de la part de Dieu. La mort relève logiquement de la génération : « La mort a pourtant régné depuis Adam jusqu'à Moïse, et sur des gens qui n'avaient pas péché d'une transgression pareille à celle d'Adam. » (Ibid. 14). La désobéissance d'Adam dépasse celle que peut connaître l'homme vulgaire. Elle ruine la création (céleste). Dans la génération qui prolonge la faute d’Adam, les hommes sont privés de la liberté d'agir (Rm. VII, 17). Ils portent naturellement en leurs corps la « loi du péché » (Ibid. 23). Ils sont devenus esclaves par nature.

L'on perçoit deux moments dans l'éon ancien. D'abord, celui du temps du péché qui « ne compte pas » (Ibid. 13), qui suit la transgression et précède la Torah. En lui se trouvent toujours les Goyim. Ensuite, le temps de l'injustice, où le péché revêt un aspect judiciaire, qui va de la constitution de la Torah jusqu'à son abrogation

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L'affirmation du paradoxe supplée à l'absence de logique : « A partir d'un seul le jugement aboutit à la condamnation, tandis qu'à partir de beaucoup de fautes le don aboutit à la justification. » (Ibid. 16). L'obéissance de Jésus annule la désobéissance d'Adam. Paul précise que « la loi était intervenue pour que la faute abonde » (Ibid. 20) et il ajoute : « Mais où le péché abondait, la grâce a surabondé. » (Ibid. 20). Comment imaginer que la Torah n'ait eu d'autre but que de faire abonder la faute, que de multiplier la désobéissance ? Paul dit en effet, soit que Dieu a donné la Torah dans l'attente qu'elle soit transgressée, ce qui semble pour le moins une façon peu divine de voir les choses, soit que Dieu a laissé faire le don de la Torah par les anges (Ga. III, 19), afin de se réserver d'en tirer lui-même les conséquences. Cette seconde alternative doit raisonnablement être retenue. Il est cependant logique de penser qu'il n'était pas davantage dans la capacité de Dieu d'empêcher la désobéissance d'Adam que d'éviter que la Torah ne fût donnée aux Hébreux. Il est en effet des puissances qui s'opposent à la puissance de Dieu (Rm. VIII, 38) (1 Co. XV, 24, 56) et, par conséquent, qui ne sont point de lui.

La doctrine de la Communauté des Saints nous aide une nouvelle fois à mieux comprendre la logique de l'apôtre. Elle enseigne que Dieu choisit lui-même de créer deux esprits opposés afin de faire connaître le bien et le mal à sa créature humaine. Mais également dans le but surprenant d'avoir à châtier les impies le Jour du Jugement et de la Visite (Règle IV, 26). La raison divine se cache en « ses mystères d'intelligence » (Ibid. 18) :

« Et le Prince de lumière [Règle III, 20 et Damas V, 18], tu l'as commis jadis pour nous porter secours ; et dans [son lot sont tous les anges de justi]ce, et tous les esprits de vérité sont dans son empire. Et toi, tu as créé Bélial pour la Fosse [pour les impies : Règle IX, 16, 22 ; X, 19] , l'Ange d'hostilité et de reniement, [avec] son [plan] et avec son dessein, pour qu'on commit des impiétés et pour qu'on commit des fautes. » (Guerre XIII, 10-11)

Dieu a donc organisé la dualité des esprits, afin que les hommes se divisent entre ceux qui marchent « dans les décrets des ténèbres » et ceux qui se placent « dans le lot de vérité » (Ibid. 12). De sorte que le Jour de la Grande Bataille, les uns soient exterminés, les autres, sauvés. Cette difficulté logique trouve sans doute son explication dans le fait que le Seigneur connaît aussi bien les effets que les causes, dans le même instant où il crée le monde (Jub. I, 26-28 ; XXXII, 21). Il n'y a point nécessairement un sens dans la pensée de Dieu. La prérogative du Seigneur est bien d'agir sans raison. Aux hommes de foi d'en déchiffrer les mystères !

Pour nous y employer, prenons à titre d'exemple la séduction d'Israël par les Madianites (Jub. XXXV-XXXVI) : 1) Dieu veut éprouver la fidélité d'Israël ; 2) Le peuple tombe dans le piège et se laisse séduire par les dieux des Madianites ; 3) La main de Dieu manipule les Madianites afin qu'ils réduisent Israël en esclavage au titre de châtiment divin ; 4) Le peuple en appelle à la miséricorde de Dieu qui confirme l'Alliance ; 5) Dieu tire vengeance des Madianites. Il a donc fallu que la faute abonde pour que vienne la grâce divine. Si nous extrapolons l'exemple pour suivre l'idée de Paul, nous voyons que le Seigneur a laissé Israël s'égarer dans le service de la Torah. De même qu'Israël a trouvé son sauveur en Gédéon, Dieu envoie son fils ; non point pour exterminer les Madianites, mais pour abroger la Torah comme cause de l'égarement. Si Dieu est la cause de l'esprit du mal, parce qu'il en est le créateur (Règle III, 18-19), alors, il faut effectivement comprendre qu'il manipule tout son monde. La raison manipulatrice semble toutefois moins nette dans la pensée de l'apôtre.

Nous retrouvons en Paul cette idée d'une intention primordiale qui pousse l’homme à la faute. Mais l'apôtre ne dit pas que Dieu a créé « lui-même » l'esprit de perversion, « pour qu'on commit des fautes » (Guerre XIII, 11), tel que nous l'enseigne le Règlement de la Guerre. Il est fondamental que pour Paul, l'esprit des ténèbres s'objective dans la loi, pour qu'à cause de celle-ci, « la faute abonde » (Rm. V, 20). La chute d'Adam et l'institution de la loi constituent la part ténébreuse de la dualité paulinienne ; l'élévation du Christ, la part lumineuse. La dualité absolue de l'évangile oppose une nature terrestre, qui ne vient pas de Dieu (sauf qu'elle résulte de la désobéissance), à une nature céleste, dont le monde n'est que la négation. La dualité relative des Esséniens met en présence les deux esprits du bien et du mal qui trouvent en Dieu leur principe, sans que nul n'en connaisse véritablement la raison ou la part du mystère.

Le discours de l'apôtre, qui cherche à dévoiler la stratégie divine (2 Co. IV, 2-3), gagnerait infiniment en clarté s'il allait jusqu'au bout de sa logique et affirmait nettement ce qu'il sous-entend tout au long de ses argumentations : la Torah n'est pas de Dieu ! Ce serait, certes, affirmer que l'incarnation d'Adam et l'institution de la loi ne procèdent pas de la volonté divine. Mais Paul ne peut affronter les Hébreux fidèles de Jésus Christ aussi violemment. Il emploie alors toutes les ressources de la persuasion rhétorique en choisissant ses mots (1 Co. III, 1) et en veillant à ne faire trébucher aucun adhérent sur la voie de la connaissance et de l'esprit de Dieu (Rm. XIV, 13) (1 Co. VIII, 13). La faute d'Adam a brouillé les esprits, produisant un système légal de transgression-condamnation qui se développe et s'entretient lui-même en dehors de la vérité de Dieu, tel une excroissance parasite matérialisée, surgissant comme une peste dans la création céleste. Ce que la Torah ne peut accomplir, c'est-à-dire, le renvoi à la justice de Dieu qu'Adam transgressa à son heure, Jésus Christ le réalise (Rm. III, 21). Il ouvre la perspective nouvelle d'un retour à la réalité de Dieu et à l'attachement à la loi de l'esprit.


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Yves Maris, philosophe cathare
Yves MARIS
8 mai 1950 - 29 juillet 2009
Biographie


RESURGENCE CATHARE


Le Manifeste
Ouvrage présenté et recommandé
aux auditeurs de France Culture
par Michel Cazenave, producteur de
l'émission «Les Vivants et les Dieux»

Ouvrage sélectionné par la bibliothèque
de l'Université de Navarre (Espagne)
LE MANIFESTE CATHARE - Publications de Yves Maris



THESE DE DOCTORAT


En quête de Paul
L’affrontement de deux conceptions opposées
du monde au moment de l’émergence de
l’idée chrétienne fondatrice de la culture
et de la pensée occidentale, tel est l’objet
de cette quête

En Quête de Paul - Thèse de doctorat de Yves Maris





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