Le chemin de Damas


L'esprit dévoile le mensonge de la Torah


L'esprit des profondeurs

14 - L'esprit dévoile le mensonge de la Torah

aul dévoile la preuve du mensonge de Moïse (2 Co. III, 13). Il reprend la tradition de l'Exode, selon laquelle le guide s'entretenait d'abord avec Yhwh ; puis il transmettait la Torah aux fils d'Israël, en prenant la précaution de se voiler le visage : « Puis Moïse cessa de parler avec eux et il mit un voile sur son visage. Lors donc que Moïse entrait devant Yhwh pour parler avec lui, il enlevait le voile jusqu'à ce qu'il sortît, puis il sortait et disait aux fils d'Israël ce dont il avait reçu l'ordre. Or les fils d'Israël voyaient que la peau du visage de Moïse rayonnait. Alors Moïse ramenait le voile sur son visage jusqu'à ce qu'il rentrât pour parler avec lui. » (Ex. XXXIV, 33-35).

Ce récit est repris de façon différente par le Livre des Antiquités bibliques : « Et Moïse descendit. Comme il était inondé d'une lumière invisible, lorsqu'il descendit au lieu où il y a la lumière du soleil et de la lune, la lumière de son visage l'emportait sur la splendeur du soleil et de la lune, mais il ne le savait pas lui-même. Et il advint lorsqu'il descendit vers les fils d'Israël, qu'en le voyant, ils ne le reconnurent pas. C'est seulement quand il eut parlé qu'ils le reconnurent (voir Jn. XX, 15-16) (...) Il advint ensuite, quand Moïse sut que son visage était devenu très glorieux, qu'il se fit un voile dont il couvrait son visage. » (Ant. Bib XII, 1).

Selon l'interprétation paulinienne, qui outrage le texte de référence, Moïse dissimulait la nature de la lumière qui l'éclairait, de façon à laisser accroire à son principe éternel, autant qu'à son origine divine (2 Co. III, 13). Si Moïse a menti sur la présence de Dieu, sur la qualité de la lumière visible par tous, il a aussi menti sur les fondements de la loi ! A tel point, que le voile du mensonge induit toujours en erreur ceux qui observent la Torah et gardent leur fidélité à « l'ancienne Alliance » (Ibid. 14).

La lumière n'est pas en elle-même une preuve de la présence divine, puisque « Satan lui-même se déguise en ange de lumière » (Ibid. XI, 14) : « Lorsque les anges de Dieu montèrent adorer, Satan survint sous l'apparence d'un ange, et chantant Dieu comme les anges. Je (Eve) me penchai par-dessus le mur et le vis semblable à un ange. » (Vie Adam XVII, 1-2).

La rupture est nette avec « la Règle de doctrine » (Rm. VI, 17) ou « [la Règ]le de la Communauté » des Saints. Celle-ci enseigne que « [Dieu] a prescrit par l'intermédiaire de Moïse (...) ce qui est bon et droit devant lui » (Règle I, 2-3). Elle s'adresse à l'homme éclairé, afin qu'il instruise les Saints de la voie qui conduit vers Dieu (voir Jub. Prol. I, 1). La conversion dans la communauté passe par « un serment d'obligation, à se convertir à la loi de Moïse, selon tout ce qu'il a prescrit, de tout son cœur et de toute son âme. » (Ibid. V, 8 ; VIII, 15-16) (Damas XIV, 8-10). Pour Paul, Dieu n'est pas le principe fondateur de cette loi. Il insiste en disant : « ils lisent Moïse » (2 Co. III, 15) et non Dieu (Ant. Bib XXV, 11) (voir Ex. XXIV, 12bc). Les Hébreux ne méconnaissent pas le texte. Ils ne l'interprètent pas mal. Leur lecture est enténébrée, parce qu'ils ignorent l'origine et la valeur de l'écrit, à cause du voile que le législateur a volontairement étendu sur son œuvre, afin d'en dissimuler le véritable principe. Moïse ne cachait pas un mystère. Il cachait la sombre vérité des fondements de la Torah.

Le Christ relève le voile qui dissimule le mensonge dans l'ombre. Il éclaire la connaissance d'une vraie lumière (2 Co. III, 16). La pensée est abrutie par l'idéologie ou le sacré du texte. Réduit à des automatismes, l'homme se méprend sur sa liberté. Il ignore son inconscience, son absence de jugement ou de sens critique. Le Christ paulinien brise une nouvelle fois les tables de pierre, non point par dépit, comme le fit Moïse. Celui-ci jugea, en effet, que le peuple insoumis ne méritait pas un tel don ; mais il répéta l’œuvre fondatrice après le temps de la colère (voir Ex. XXXIV, 1 et Dt. X, 1-2). Le Christ brise définitivement « le service de la mort » (2 Co. III, 7) !


cathares, philosphie cathare, catharisme

Yves Maris, philosophe cathare
Yves MARIS
8 mai 1950 - 29 juillet 2009
Biographie


RESURGENCE CATHARE


Le Manifeste
Ouvrage présenté et recommandé
aux auditeurs de France Culture
par Michel Cazenave, producteur de
l'émission «Les Vivants et les Dieux»

Ouvrage sélectionné par la bibliothèque
de l'Université de Navarre (Espagne)
LE MANIFESTE CATHARE - Publications de Yves Maris



THESE DE DOCTORAT


En quête de Paul
L’affrontement de deux conceptions opposées
du monde au moment de l’émergence de
l’idée chrétienne fondatrice de la culture
et de la pensée occidentale, tel est l’objet
de cette quête

En Quête de Paul - Thèse de doctorat de Yves Maris





Cathares, catharisme, philosophie cathare