Le chemin de Damas


La prière en esprit


L'esprit des profondeurs

5 - La prière en esprit

e « Chema » (Ecoute) 1  est l'une des prières que l'on disait au Temple. Les Memoria de Marc y font référence en le plaçant sur les lèvres de Jésus (Mc. XII, 29).
Dans la « Bénédiction du lever du soleil », Yhwh est appelé : « Notre Seigneur, roi du siècle. » Le siècle s'inscrit dans le renouvellement des jours ou la création quotidienne. L'orant appelle la gloire de Sion, dans la lumière du « siècle à venir ». L’espérance de Paul n’attend rien du « siècle » (1 Co. I, 20 ; II, 6-8 ; III, 18), serait-il à venir ! L’apôtre considère toujours négativement « cet âge-ci » (Rm. XII, 2) ; « ce mauvais âge présent » (Ga. I, 4) ; « le dieu de cet âge-ci » (2 Co. IV, 4).
Dans la « Bénédiction de la Torah », les orants s'adressent à Dieu « le Père ». Paul leur dénie la filiation (Rm. VIII, 14-15). Ils témoignent leur amour pour la Torah. Paul ne connaît d’amour qu'en l'esprit (Ga. V, 22) : l’esprit du Christ (Rm. VIII, 35 ; 2 Co. V, 14), l’esprit de Dieu (Rm. VIII, 39 ; 2 Co. XIII, 11 et 13), l’esprit des hommes (Rm. V, 5). Les orants s'affirment comme peuple de Dieu. Paul leur refuse l’élection (Rm. IX, 24-25).
Dans la « Bénédiction de la Rédemption », Yhwh des armées est proclamé comme celui qui rachète toujours Israël de l'esclavage. Pour Paul, Dieu rachète les hommes de l'esclavage en ôtant de leur cœur l'esprit de la Torah (Rm. VIII, 15).

Rédigée à la première personne du pluriel, la « Tefillah » (La prière) ou « Amidah » (La prière debout) était la prière que tout Israël disait au Temple. Il semble que les Memoria de Marc y fassent référence : « Et quand vous êtes debout pour prier, si vous avez quelque chose contre quelqu'un, remettez, pour que votre père qui est dans les cieux vous remette aussi vos fautes. » (Mc. XI, 25). Ce verset apparaît en effet comme une glose de la sixième bénédiction : « Pardonne-nous, notre Père, car nous avons péché contre toi, efface et enlève nos iniquités de devant tes yeux, car nombreuses sont tes miséricordes. Béni sois-tu Yhwh, qui abondamment pardonne. » (Tefillah 6).
La prière fut corrigée à Yavneh, du temps de Gamaliel II (96-115), où l'on ajouta la douzième bénédiction (« Birkat ha-minim ») qui eut pour effet d'exclure définitivement les Nazaréens de la récitation commune : « Que pour les apostats il n'y ait pas d'espérance, et le royaume d'orgueil, promptement déracine-le en nos jours ; et les Nazaréens et hérétiques, qu'en un instant ils périssent, qu'ils soient effacés du livre des vivants et qu'avec les justes ils ne soient pas écrits. Béni sois-tu, Yhwh, qui ploies les orgueilleux ! » (Tefillah 12).
La « Tefillah » débute par trois louanges envers Yhwh. Elle s'achève par trois actions de grâce. Le cœur de la prière est en forme de requête pour les enfants d'Israël. La quatrième bénédiction (« Daat » ou « Binah ») reconnaît le don de la connaissance fait par Yhwh et de la compréhension des lois de la création par la Torah. La cinquième (« Techouvah ») appelle Yhwh à inciter au repentir. La sixième (« Selihah ») implore le pardon divin. La septième (« Geoulah ») supplie Yhwh de racheter Israël des chaînes de l'ennemi. La huitième (« Refouah ») implore Yhwh de guérir les malades. La neuvième (« Birkat ha-chanim ») consiste en rogations. La dixième (« Qibbouts galouyot ») demande à Yhwh de rassembler le peuple d'Israël. La onzième (« Hachavat ha-michpat » ou « Din ») demande à Yhwh de restaurer la justice traditionnelle. La treizième (« Al ha-tsaddiqim ») appelle Yhwh à récompenser les justes. La quatorzième (« Binyan Yerouchalayim » et « Machiah » ou « Malkhout bet David ») appelle Yhwh à la miséricorde pour Jérusalem et à la délivrance messianique. La quinzième bénédiction (« Qabbalat tefillah ») implore l'écoute de Yhwh pour toutes les requêtes qui lui sont adressées. De même, l'on retrouve dans les Memoria de Matthieu : « Tout ce que vous demandez avec foi en priant, vous le recevrez. » (Mt. XXI, 22).

Prières et requêtes collectionnées dans le système de l'Alliance, appellent les hommes au repentir, et le Seigneur de la Torah à la miséricorde (Mt. VI, 12). Elles se trouvent invalidées par l'abrogation paulinienne de la Torah :

« De même l’esprit aussi vient en aide à notre faiblesse car nous ne savons pas prier comme il faut ; mais lui, l’esprit, sollicite pour nous par des gémissements indicibles, et celui qui scrute les cœurs sait à quoi tend l’esprit et qu’il sollicite selon Dieu pour les Saints. » (Rm. VIII, 26-27).

La dialectique du péché de l'homme et du pardon de Dieu n’est pas affirmée dans la pensée paulinienne. L'homme qui adhère à l'idée de l'abrogation de la Torah, ne peut plus être trouvé pécheur (selon les termes de l'Alliance) (Ga. II, 17) (Rm. V, 8). Il n’est plus asservi (Rm. VI, 6, 20). Il est mort au péché (Ibid. VI, 2). Il ne participe plus du jeu cruel de la faute et de la miséricorde, mais de l'effacement de la légalité, une fois pour toutes.
Le concept paulinien de la grâce est en effet incompatible avec le système de causalité qui relie le péché au repentir et au pardon (Ibid. III, 24). La prière ne doit requérir ni l'indulgence, ni la miséricorde. Celles-ci ne contribuent qu'à valider l’esclavage et à sauvegarder la croyance erronée qu'il n'est point de salut en dehors de la loi. L’apôtre ne requiert que l'esprit de vie. Son idéal ne correspond plus aux pétitions formulées par les grandes prières d'Israël. Jamais il n'appelle son Dieu à l'installer dans le monde. La prière paulinienne n'espère nullement la bénédiction des jours. Elle ne peut solliciter que la résistance à l'affliction (Rm. V, 3 ; VIII, 35 ; XII, 12 ; 2 Co. VI, 4), qui sanctifie le « hors-la-loi ».
Parmi les adversaires (évangéliques) de l'apôtre, nombreux sont ceux qui pratiquent les prières communes de la tradition orale. Les Memoria de Matthieu ne semblent attendre des convertis qu'un changement d'attitude morale dans l’oraison (Mt. VI, 5-6). Cet attachement au monde, qui perdure chez les fidèles de Jésus Christ, Paul l'appelle « faiblesse » (Rm. XIV, 1).

Peut-être doit-on rechercher dans les actions de grâce que pratiquent les Saints, un enseignement que Paul ne donne pas dans sa Lettre aux Romains. En prenant la précaution de lire le concept de vérité en un sens paulinien, nous pouvons citer : « Je te rends grâces, ô mon Dieu ! Car tu as agi merveilleusement à l'égard de la poussière (1 Co. XV, 9-10) et, dans la créature d'argile, tu as manifesté ta puissance grandement, immensément ! Et moi, que suis-je, que tu m'[aies instruit] de ton secret de vérité et que tu m'aies donné l'intelligence de tes oeuvres merveilleuses ? (Rm. XVI, 25). » (Hy. XI, 3-4).
Les Hymnes sont tous introduits par des mots identiques : « Je te rends grâces, ô Seigneur » (seul l'Hymne S remplace « ô Seigneur » par « ô mon Dieu »). Le second verset donne toujours la cause de la grâce rendue. L'on peut voir, qu'après avoir produit ses références, l'apôtre introduit également la Lettre aux Romains par une action de grâces : « Et d'abord, je rends grâces à mon Dieu, par Jésus Christ. » (Rm. I, 8). De la même façon que l'auteur des Hymnes, il en explique la raison. Elle est, dans la lettre, la foi de la communauté romaine. De même, l'introduction de la correspondance aux Corinthiens : « Je rends grâces continuellement à Dieu à votre sujet. » (1 Co. I, 4). La même occurrence se retrouve : « Béni soit le Dieu et père de notre seigneur Jésus Christ ! » (2 Co. I, 3). Les causes sont les suivantes : là, l'enrichissement de la communauté « en toute parole et en toute science » (1. Co. I, 5) ; ici, la consolation prodiguée (2 Co. I, 4). La Lettre aux Philippiens s'introduit à l'identique (Php. I, 3), la cause résidant en l'affection de l'apôtre envers la communauté. La formulation semblable de l'action de grâce ne se retrouve pas dans la Lettre aux Galates, mais l'habituelle bénédiction de la communauté n'est pas oubliée : « A vous grâce et paix de Dieu notre père et du seigneur Jésus Christ. » (Ga. I, 3) (Rm. I, 7 ; 1 Co. I, 3 ; 2 Co. I, 2 ; Php. I, 2).
Le voisinage (contradictoire) de la pensée de Paul et de l'idéologie de la Communauté des Saints a déjà été suffisamment montré pour que nous ne soyons pas étonnés de cette concordance. Le point majeur que nous croyons devoir souligner réside en l'attachement de l'apôtre à identifier Dieu, ce que l'auteur du recueil des Hymnes n'a aucune raison de faire. Nous trouvons ainsi : « mon » Dieu (Rm. I, 8) ; « le dieu » et père de « notre » seigneur Jésus Christ (2 Co. I, 3) ; ainsi que, pour chacune des lettres, l'authentification de Dieu par Jésus Christ. Indubitablement, Paul est amené à particulariser son dieu afin de donner une lecture claire du schisme qu'il accentue à l'endroit de la Communauté des Saints. L'on comprend en effet que son évangile se trouve en concurrence avec un autre « évangile » (2 Co. 4) (Ga. I, 6-7) (Hy. XVIII, 14).

Sans doute peut-on se faire une idée, de ce que l'apôtre peut attendre de la prière des convertis, en relisant la « Prière de Lévi » (sous réserve d'une correction des concepts en un sens paulinien), qui s'inscrit dans la continuité de cette vieille tradition essénienne :



« Seigneur, tu connais tous les cœurs, et tous les calculs des pensées, toi seul tu les comprends.

« Et maintenant, mes enfants sont avec moi, donne-moi toutes les voies de vérité.

« Eloigne de moi, Seigneur, l'esprit d'injustice et des mauvaises pensées, et la luxure et l'orgueil, détourne-les de moi.

« Que l'Esprit Saint me soit montré, ô Maître, et donne-moi le conseil, la sagesse, la connaissance et la force, pour faire ce qui te plaît et trouver grâce devant toi, et louer les paroles que tu m'adresses, Seigneur.

« Qu'aucun satan n'ait le pouvoir de m'égarer loin de ta voie.

« Aie pitié de moi et fais-moi approcher pour être ton serviteur et bien m'acquitter de ton service.

« Que le rempart de ta paix m'entoure, et que la protection de ta puissance me protège de tout mal. »

[...] (Test. Lévi II, 3e-l).

Les mélanges et les arrangements pauliniens ne nous empêchent nullement de rechercher également dans la prière des Saints la source de la difficulté des convertis à prier « comme il faut » (Rm. VIII, 26 26). Observons particulièrement la célébration des temps sacrés par la Communauté, conformément au « Décret du temps » (Règle IX, 14) :

« Avec le temps je chanterai le Décret : au commencement de l'empire de la lumière, lors du circuit de celle-ci, et quand elle disparaît vers la demeure qui lui est assignée ; au commencement des veilles des ténèbres, lorsqu'il ouvre leur réservoir et qu'il les place en haut, et, dans leur circuit, lorsqu'elles disparaissent devant la lumière ; quand apparaissent les luminaires sortant du domaine de sainteté, (et) lorsqu'ils disparaissent vers la demeure de gloire ; à l'entrée des saisons, (qui échoit) en des jours de néoménie, le circuit des saisons étant en harmonie avec les liens qui unissent les néoménies l'une à l'autre, vu que les lunaisons se renouvellent et croissent selon la suprême sainteté du signe n 2  , selon la clé de ses grâces éternelles, selon les débuts des saisons en tout temps à venir ; au commencement des mois, selon les saisons dont ils dépendent ; et (aux) jours de sainteté, à leur date déterminée par référence aux saisons dont ils dépendent. Par l'offrande des lèvres je le bénirai selon le Décret gravé à jamais : au début des années et dans le circuit des saisons annuelles, tandis que s'accomplit le Décret assignant à celles-ci une date déterminée, au jour régulier de chacune d'elles, l'une par rapport à l'autre, la saison de la moisson par rapport à l'été et la saison des semailles par rapport à la saison de la germination ; (aux) fêtes d'années selon les semaines d'années ; et au début des semaines de semaines d'années, au moment de l'affranchissement. Et, pendant toute mon existence, le Décret gravé sera sur ma langue comme un fruit de louange et l'offrande de mes lèvres. » (Règle X, 1-8).
« Jadis, alors que vous ne connaissiez pas Dieu, vous étiez asservis à des dieux qui naturellement n'en sont pas ; mais maintenant que vous avez connu Dieu ou plutôt que vous avez été connus de lui, comment retournez-vous encore à ces faibles et pauvres éléments auxquels vous voulez recommencer à vous asservir ? Vous épiez jours, mois, saisons, années. » (Ga. IV, 8-10).

Il nous semble suffisamment clair que la réplique de l'apôtre vise l'enseignement essénien (Jub. II, 9). Les Nazaréens le conservent dans leur propre évangile (Ga. IV, 17), pour la seule raison qu'ils ne se sont jamais départis de la tradition de la Communauté des Saints, à l'exception majeure de la reconnaissance de Jésus comme Messie-Roi d'Israël. Les Goyim se convertissent mal en revenant aux mirages du monde.
Paul rompt avec l'idéologie de la loi qui s'empare du temps, le mesure et le compte, comme elle acquiert l'espace et le borne. Elle retient l'homme dans l'asservissement du ciel et de la terre. Le droit établit en effet un contrôle des justiciables par les marques du temps. Il vérifie que chacun, à l'heure légale et solennelle, se trouve bien en le lieu déterminé pour y faire valoir sa présence devant le Seigneur de la loi. La liberté paulinienne ne s'accommode d'aucune règle qui entrave la libre détermination de l'homme spirituel. Il n'est de rapport à Dieu que par l'esprit. Nul ne saurait surveiller la liberté de l'autre. En outre, l'observation des astres, pour aligner l'emploi du temps des hommes, participe à l'idéologie de la loi naturelle. Celle-ci veut que Dieu ait créé le monde par la Torah et que tout écart avec la juste pratique de la loi vienne perturber la création entière, contre la volonté du Créateur.

En « l'esprit de vie » (Rm. VIII, 2), le converti place son espérance. Il le perçoit comme la puissance de vie éternelle. La recherche de la pureté du souffle divin constitue l’œuvre de sa vie nouvelle. Il lui appartient de personnaliser et d'actualiser cet esprit en lui donnant vie. L'homme psychique ne sait requérir en ses prières que la satisfaction de sa « convoitise » (Ibid. VII, 7) (Mt. VI, 7), active jusque dans la pratique de la Torah (Ibid. 8). Ses requêtes, liées au monde destructible, sont vaines au regard du vrai Dieu. Par exemple : « en tout temps et accomplissez la justice et le droit devant lui pour qu'il prenne plaisir en vous, qu'il vous accorde sa grâce, qu'il fasse descendre sur vous la pluie matin et soir, qu'il bénisse tous vos travaux accomplis par vous sur la terre, qu'il bénisse ton pain et ton eau, qu'il bénisse les rejetons issus de toi et ceux de la terre, tes troupeaux de bœufs et tes troupeaux de moutons. » (Jub. XX, 9). En retour de sa fidélité et de ses prières vers Yhwh (Dt. XI, 26-28 ; XXVIII, 1-2), l'Hébreu attend la bénédiction et le bien être. La fécondité constitue le premier effet de cette bénédiction divine (Gn. I, 28 ; IX, 1 ; XVII, 16). Celle-ci implique également la fertilité de la terre (Is. XLIV, 3-4 ; Za. VIII, 12 ; Ml. III, 10).
La Règle de la Communauté, enseigne que la bénédiction revêt aussi un aspect spirituel (Règle I, 2-4). En 1 Hénoch, « L'esprit de vie » est source de la sagesse des habitants de la hauteur céleste (1 Hén. LXI, 7). Pour Paul, le terme « vie » n'est jamais pris que dans un sens désincarné (Rm. VIII, 13). L'homme spirituel ne peut prier qu'en esprit. Il n'attend nulle bénédiction en son lieu de chute. Il ne peut espérer qu'une plus grande perfection de sa spiritualité et des fruits qu'elle donne (Ga. V, 22). Or, quand l'esprit parle à l'esprit, il ne communique rien, il ne demande mie. Il se reconnaît en sa propre unité (Rm. VIII, 26). C'est pourquoi, Paul n'a d'autre prière à enseigner que l'imitation de l'homme parfait, qui fait vivre l'esprit du Christ et le réalise en ses actes (Rm. XIV, 8).

« Celui qui scrute les cœurs » (Rm. VIII, 27) forme une expression reprise de Jérémie. Le prophète est menacé par ses coreligionnaires d'Anatoth qui ne veulent rien entendre du châtiment divin que constituera pour eux l'invasion des Chaldéens. Jérémie aura sa revanche (Jr. XI, 20) : « Moi, Yhwh, je scrute le cœur, je sonde les reins, pour rétribuer l'homme selon ses voies, suivant le fruit de ses actions. » (Ibid. XVII, 9-10). Le prophète annonce le malheur de la captivité à Babylone. Il est battu et mis aux fers par le commissaire en chef du Temple. Il annonce sa revanche sur tous ses persécuteurs, parce que Yhwh voit dans le cœur de l'homme (Ibid. XX, 11b). Paul, qui affronte la prédication des Hébreux, donne une référence que chacun de ses lecteurs peut connaître (Test. Jud. XX, 3-5). Si Dieu pénètre la pensée (le cœur) des hommes, a fortiori connaît-il l'esprit en l'homme qui est aussi son propre esprit (Rm. VIII, 9). Il est donc stupide de vouloir faire connaître à Dieu quelque requête de l'esprit.
Il reste intéressant de noter l'usage que fait Paul de l'Ecriture. En effet, pour le prophète Jérémie, Yhwh voit et juge les pensées des hommes conformément à leur droiture et à leur alignement sur les principes de la Torah. Paul ignore cette référence à la loi qui constitue la source des oracles et de la sagesse de Jérémie. Comme loi constituante, la Torah prépare divinement le peuple à la guerre. Paul retourne seulement l'argument adéquat selon l'usage des prophéties que la polémique appelle, faisant fi du sens obvie du texte.

1 J. Bonsirven donne une traduction du « Chema », expurgée de ce qui semble devoir être considéré comme des additions au noyau primitif : « Textes rabbiniques des deux premiers siècles chrétiens, pour servir à l’intelligence du Nouveau Testament » (Pontifico Istituto Biblico, Roma 1955)

2 « Noun » (n) correspond au chiffre 50, particulièrement remarquable et sacré dans la tradition hébraïque (voir Philon : La vie contemplative, 65). Ce chiffre se retrouve dans la structure du calendrier essénien qui divise l'année en quatre saisons de trois mois, tandis que la tradition hébraïque ne connaît que deux saisons.


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Yves Maris, philosophe cathare
Yves MARIS
8 mai 1950 - 29 juillet 2009
Biographie


RESURGENCE CATHARE


Le Manifeste
Ouvrage présenté et recommandé
aux auditeurs de France Culture
par Michel Cazenave, producteur de
l'émission «Les Vivants et les Dieux»

Ouvrage sélectionné par la bibliothèque
de l'Université de Navarre (Espagne)
LE MANIFESTE CATHARE - Publications de Yves Maris



THESE DE DOCTORAT


En quête de Paul
L’affrontement de deux conceptions opposées
du monde au moment de l’émergence de
l’idée chrétienne fondatrice de la culture
et de la pensée occidentale, tel est l’objet
de cette quête

En Quête de Paul - Thèse de doctorat de Yves Maris





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