Philosophie cathare


Natalis Solis Invicti


Natalis Solis Invicti

Yves Maris, le 23/12/2002

la fin du IIe siècle, dans l’Empire romain, l’on inaugura le jour anniversaire du soleil. Il se trouva naturellement fixé le 25 décembre, lorsque s’ouvre la phase ascendante du cycle héliaque. Le solstice d’hiver marquait la victoire de la lumière sur les ténèbres. C’était le jour de Mithra, le dieu de l’aurore né de la pierre comme le feu jaillit du silex. L’empereur Commode se fit initier aux mystères mithriastes. Liées à la religion des Mages, les liturgies trouvaient en Zoroastre leur inspirateur. Celui-ci consacra, disait-on, la première grotte cultuelle en l’honneur de Mithra (Porphyre, De antro Nympharum, 6).

Le mithraïsme greco-romain se posait en concurrent du christianisme. Tertullien alla jusqu’à donner les mithraïstes en exemple aux chrétiens. Lorsque l’empereur Aurélien chercha à réunifier la conscience religieuse de l’Empire autour du culte du Sol inuictus, il s’en fallut de peu que le mithraïsme ne devint la religion officielle. Renan dira à ce propos : « Si le christianisme eût été arrêté dans sa croissance par quelque maladie mortelle, le monde eût été mithriaste. »

A la fin du IVe siècle, dans la continuité du concile de Nicée, qui proclama la divinité de Jésus Christ, et conformément au syncrétisme politique de l’empereur Constantin, l’Eglise dominatrice institua la fête de la Nativité du Sauveur le 25 décembre : « Dans les ténèbres se lève la lumière. » (Ps. CXII, 4) Jésus devait donc naître dans une grotte, au cœur de la nuit. A l’image de Mithra, il vainquait l’obscurité et portait la lumière qui renouvelle la vie. Le Christ apparut comme « la lumière des nations » (Is. XLIX, 6).

Les évangiles de l’enfance commencèrent à être écrits, aussi merveilleux les uns que les autres. « Et Joseph dit à Marie de descendre de sa monture et d’entrer dans une caverne souterraine où la lumière n’avait jamais pénétré et où il n’y avait jamais eu de jour, car les ténèbres y avaient constamment demeuré. A L’entrée de Marie, toute la caverne resplendit d’une splendeur aussi éclatante que si le soleil y était. » ( Evangile de la Nativité I, 13)

Si l’on en croit l’Evangile de Mathieu, Jésus vit le jour sous le règne du roi de Judée Hérode le Grand (Mt. II, 1), qui mourut en l’an 4 (av J.C.). Selon l’Evangile de Luc, Jésus naquit peu de temps après l’édit de recensement de César Auguste, sous le gouvernorat de Quirinius (Luc II, 2). Par ailleurs, l’épigraphie nous indique un recensement en l’an 8 (av J.C.), sous le règne d’Hérode le Grand. Mais Quirinius n’était pas encore gouverneur de Syrie. S’il y eut bien un recensement sous Quirinius, en l’an 6 (ap J.C.), il semble que Luc ait fait une confusion et que Jésus naquît l’an 8 ou 7 (av J.C.) (voir Jn. VIII, 57) ; probablement au printemps, lorsque les bergers vivent aux champs (Luc II, 8) ; peut-être au moment de la Pâque, quand les pèlerins emplissent les auberges (Luc II, 7).

Nous avons fêté l’an 2007 ou 2008 ap J.C. en grande pompe, en croyant fêter l’an 2000. Mais que fête-t-on chaque année à Noël ? Quel mythe célèbre-t-on encore ?

La foule court et se bouscule sur les trottoirs. Les parkings débordent en des rondes enfumées. Les chalands font la queue pour un papier doré. Une frénésie de consommation s’abat sur chacun. Les bouchers découpent des animaux gras suppliciés, sacrifiés à la boulimie d’un jour. A l’angle des rues, les pauvres jouent de l’accordéon en attendant l’aumône.

La fête ne trouve sa raison qu’en elle-même. Noël est une fête triste parce que l’on ne fête rien. La réunion familiale, perpétuant quelque idéologie pharisienne, a perdu ses convictions. L’on fait croire aux enfants que le Père descend pour parcourir la terre en cette nuit de Noël. Le reste des croyants se fige dans l’église, pour écouter un prélat répéter qu’en cette nuit-là le Fils de Dieu naquit d’une vierge et fut déposé dans une mangeoire. Il n’y a plus personne pour attendre le soleil quand vient l’aurore ; sauf quelques pauvres errants qui passent la nuit sur les bancs publics et que le jour éveille.

Puisque Noël n’a pas de fondement réel en rapport à Jésus le Nazaréen ; puisque le 25 décembre fut choisi afin de mieux supplanter le culte de Mithra, en empruntant à sa liturgie, il nous appartient de donner au solstice d’hiver une signification nouvelle, véritablement universelle. Fête cosmique, le solstice apparaît comme un moment privilégié pour observer l’univers étoilé, la diversité des cieux et le soleil qui remonte à l’horizon.

Qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Où allons-nous ? Le questionnement gnostique revêt une actualité particulière. Le 25 décembre pourrait devenir, pour notre monde moderne, la fête de la connaissance et de la simplicité vraie. Les mythes d’autrefois sont devenus des théories scientifiques, le fabuleux se perçoit dans les éprouvettes, sur les écrans d’ordinateurs ou sur les images des télescopes orbitaux.

Il était certes plus facile d’instituer une fête de la musique au solstice d’été, libre de passions et de croyances. Dans une société déchristianisée, Noël devient pourtant une fête à reprendre et à réinventer. Il faut la revêtir d’une qualité universelle que seule la connaissance ou la gnose contemporaine peut lui donner. Nous découvrirons les vertus salvatrices de la science et de la conscience réunies. L’épistémologie, c’est aussi l’esprit qui scrute les sciences et se cherche.


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Yves Maris, philosophe cathare
Yves MARIS
8 mai 1950 - 29 juillet 2009
Biographie


RESURGENCE CATHARE


Le Manifeste
Ouvrage présenté et recommandé
aux auditeurs de France Culture
par Michel Cazenave, producteur de
l'émission «Les Vivants et les Dieux»

Ouvrage sélectionné par la bibliothèque
de l'Université de Navarre (Espagne)
LE MANIFESTE CATHARE - Publications de Yves Maris



THESE DE DOCTORAT


En quête de Paul
L’affrontement de deux conceptions opposées
du monde au moment de l’émergence de
l’idée chrétienne fondatrice de la culture
et de la pensée occidentale, tel est l’objet
de cette quête

En Quête de Paul - Thèse de doctorat de Yves Maris





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