Philosophie cathare


L’or noir

L'or noir

Yves Maris, le 17/02/2003

a guerre d’Irak aura-t-elle lieu ? Tout porte à croire que le président des Etats-Unis prépare l’invasion de l’Irak. L’objectif avoué est d’établir un protectorat américain à Bagdad. Lorsqu’une nation possède la force et qu’elle cherche la guerre, elle la trouve toujours. La guerre d’Irak aura donc lieu ! Voilà longtemps que les Etats-Unis veulent renverser l’irréligieux et l’irrévérencieux Saddam Hussein. L’occasion est donnée par l’acte terroriste, opportunément terrible, du 11 septembre 2001.

La raison affichée de l’expansion de l’Empire américain est d’éviter que l’Irak ne dispose d’armes extrêmes. Mais il est évident que les Etats-Unis cherchent à coloniser ce territoire affaibli, afin de mettre la main sur sa production pétrolière et de s’assurer du bon acheminement de l’or noir à travers une région hostile. Qui peut encore ignorer la vacuité des arguments avancés ? S’il reste une pointe de christianisme chez les intégristes qui détiennent le pouvoir impérial, il ne transparaît que dans ce besoin pressant de vouloir se justifier à tout prix. Ils fondent leur logique sur un dualisme vulgaire « du bien contre le mal » qui n’est certainement pas le nôtre.

En s’emparant de la deuxième réserve mondiale de pétrole, l’Empire détiendrait les clés du marché pétrolier. Un doublement de la production du brut irakien aurait pour conséquence immédiate de faire chuter les prix et de favoriser la croissance de la société matérialiste américaine. L’OPEP se trouverait déstabilisée, l’Iran en premier lieu. Car, désigné comme partie de « l’axe du mal », l’Iran n’est pas à l’abri d’une déstabilisation et d’une ingérence américaine.

L’Arabie saoudite, de plus en plus perçue comme le sanctuaire de l’islamisme fondamentaliste, perdrait son hégémonie sur le marché pétrolier. Déjà vassalisé, miné de l’intérieur, le royaume sunnite pourrait être amputé de la province pétrolière de Hassa, érigée en émirat chiite indépendant. Les opérations militaires dirigées contre les Talibans en Afghanistan, ont autorisé le déploiement de l’armée impériale dans la région d’Asie centrale et du Caucase. On peut penser que, l’Empire américain cherche, par-là, à contrôler également les vastes réserves énergétiques de la mes Caspienne.

Dans cette redistribution des cartes du Proche-orient, Israël et la Palestine pourraient enfin se voir imposer la paix, à l’avantage du premier. Le lobby juif n’est pas le moindre à inciter à une guerre religieuse opposant le judéo-christianisme à l’islam.

Selon un rapport du vice-président, la dépendance des Etats-Unis envers les pays producteurs de pétrole devrait passer de 52 % à 60 % d’ici vingt ans. Compte tenu de prévisions de consommation en forte augmentation, les Etats-Unis devront importer, en 2020, 60 % de pétrole de plus qu’aujourd’hui. Dans cette perspective, les Américains doivent « persuader » les pays du Golfe, qui détiennent les deux tiers des réserves mondiales, d’accroître leur production et leur vente aux Etats-Unis. Une telle décision appelle le concours des entreprises américaines, afin de moderniser et d'amplifier les infrastructures d’extraction.

On ne voit pas que les Etats-Unis envisagent de remettre en question le modèle matérialiste de leur société ni son expansion dans le monde. C’est bien là que se fonde la nécessité de la guerre ! En effet, si pour les Américains, il s’agit d’abord d’assurer leur approvisionnement en pétrole, ils entendent aussi affirmer leur hégémonie et imposer leur manière de vivre. Pour les opposants de l’intérieur et de l’extérieur, il s’agit au contraire, de refuser le déploiement d’une idéologie universaliste, essentiellement porteuse de la valeur financière, au détriment de valeurs plus fondamentalement humaines.

La bonne stratégie consiste donc, pour les Américains, à rechercher la diversité géographique de leur approvisionnement. Les entreprises américaines du secteur énergétique constituent des points de fixation, dans l’organisation libérale de l’Empire, pour soutirer l’or noir de la mer Caspienne (Azerbaïdjan et Kazakhstan), de l’Afrique subsaharienne (Angola, Nigeria) et de l’Amérique latine (Colombie, Mexique, Venezuela). L’on voit aisément la conjonction des stratégies énergétique et militaire, en considérant que l’ensemble des régions concernées par la production et la vente du pétrole sont politiquement fragiles et entretiennent un sentiment de révolte contre l’Empire.

Face à l’opinion publique, la guerre contre le terrorisme répond à l’opportunité, pour les Etats-Unis, de se déclarer en légitime défense. En ayant touché au cœur de l’Empire, les terroristes lui ont donné, malgré eux, les arguments rhétoriques pour justifier son expansion vers le Golfe et vers la mer Caspienne.

En autorisant les Etats-Unis à installer leurs bases militaires en Arabie saoudites, pour atteindre l’Irak après l’invasion du Koweït en 1990, le roi Fahd a fait le choix de placer son royaume sous la protection de l’Empire américain, tandis que les islamistes fondamentalistes, conduits par Oussama Ben Laden, cherchent à renverser son régime monarchique. Dans cette perspective, la guerre en Afghanistan a trouvé sa justification dans la nécessité de détruire le centre opérationnel du réseau Al-Quaida. Cette stratégie de vassalisation se retrouve dans la région de la mer Caspienne. L’Empire avance sans bruit en Ouzbékistan, au Kirghizstan, au Kazakhstan.

La monnaie de César a bien sûr deux côtés. La guerre contre l’Irak démontre la volonté de l’Empire de s’assurer de nouvelles ressources pétrolières, tout en cherchant à réduire la terreur de l’islamisme. Pour prendre une leçon de l’histoire, rappelons que Rome finit par faire rendre gorge aux fondamentalistes juifs. Jérusalem fut rasée en l’an 70 et les derniers « terroristes » se donnèrent la mort à Massada quelques années plus tard. L’Empire romain vainqueur ne disparut que bien plus tard et mourut finalement de vieillesse.

La date du 11 septembre 2001 marque, sinon la naissance de l’Empire américain, tout au moins le moment où il s’autorise à se déclarer comme tel. Dès lors, les états se rangent par rapport à lui, selon qu’ils adhèrent ou se soumettent, selon qu’ils s’opposent ou se révoltent. L’action, en effet, n’appartient jamais qu’à l’Empire. La puissance le légitime. Il prétend à l’universalité de la loi qu’il édicte. Il se charge de la faire respecter par tous. L’ONU perd naturellement sa propre légitimité et la force du droit. Le monde se divise entre l’Empire et « l’axe du mal » ; car si l’Empire a des adversaires, il n’a point d’alliés, mais seulement des vassaux.

Le président annonce que les Etats-Unis cherchent à acquérir définitivement le monopole de la puissance militaire. Il s’agit maintenant d’assurer la longue domination de l’Empire sur le monde. Les Etats-Unis protégeront leur nation par un bouclier anti-missile. Leurs légions en marche devront être aptes à porter très loin et très rapidement la puissance américaine, pour tenir les limes et briser les révoltes. Elles seront systématiquement dotées des matériels et des armes les plus sophistiqués. Les forces navales seront capables de porter le feu loin à l’intérieur des terres. Les forces aériennes seront dotées de terribles moyens de précision. Un empire, c’est d’abord une armée invaincue.

Rome a connu une égale puissance relative. Pourtant, l’idéologie qu’elle combattait en Judée a finalement fini par l’envahir et a probablement contribué à sa perte.


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Yves Maris, philosophe cathare
Yves MARIS
8 mai 1950 - 29 juillet 2009
Biographie


RESURGENCE CATHARE


Le Manifeste
Ouvrage présenté et recommandé
aux auditeurs de France Culture
par Michel Cazenave, producteur de
l'émission «Les Vivants et les Dieux»

Ouvrage sélectionné par la bibliothèque
de l'Université de Navarre (Espagne)
LE MANIFESTE CATHARE - Publications de Yves Maris



THESE DE DOCTORAT


En quête de Paul
L’affrontement de deux conceptions opposées
du monde au moment de l’émergence de
l’idée chrétienne fondatrice de la culture
et de la pensée occidentale, tel est l’objet
de cette quête

En Quête de Paul - Thèse de doctorat de Yves Maris





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